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Mercredi dernier l’Agence régionale de santé investissait le kiosque de Marigot pour encourager la population à lutter contre la propagation du virus.

T-shirts à message, flyers, bonbonnes garnies de poissons larvivores, moustiquaires : l’équipe de la délégation locale de l’Agence régionale de santé (ARS) est descendue « dans la rue » pour frapper un nouveau coup dans la lutte contre le Zika. « Saint-Martin est officiellement passé en épidémie le 16 juin » rappelait le directeur de l’ARS Pascal Godefroy, convenant que l’opération doit désormais se répéter en d’autres lieux.
 
L’occasion aussi, de marteler que le Zika implique une vigilance accrue pour les femmes enceintes puisque le virus amène un risque de malformation cérébrale pour le fœtus des futures mamans infectées. Les cas de microcéphalie se sont multipliés au Brésil ; et dans les territoires français de la zone Antilles-Guyane, deux cas de malformations fœtales sont déjà répertoriés. « C’est surtout important de faire de la prévention » témoigne Delphine Derrien, sage-femme à la PMI qui distribue régulièrement des moustiquaires et des préservatifs aux femmes enceintes. Car le Zika peut aussi se transmettre sexuellement… « Il y a un risque et à chacune de le gérer, on ne peut pas interdire un projet de maternité » nuance la jeune femme.
 
1 ÉCHO PAR MOIS
« L’important, c’est le suivi de la femme enceinte » insiste M. Godefroy. Conformément au vœu de la ministre de la Santé Marisol Touraine, toutes les femmes enceintes résidant dans une zone française à Zika bénéficient d’un suivi échographique renforcé, soit un examen tous les mois. « Cela m’a d’emblée été proposé » confirme cette jeune femme enceinte de près de trois mois et qui a déjà fait deux échos. Ce suivi doit permettre d’alerter les équipes médicales dès le moindre signe de malformation fœtale. En cas de signe avéré, le dossier est transmis au CPDP (Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal) de Guadeloupe. Une interruption volontaire de grossesse peut alors être proposée.
 
UN RISQUE QUI RESTE FAIBLE
En mars dernier, l’Institut Pasteur révélait que le risque de microcéphalie chez le fœtus était de l’ordre de 1% lorsque la contamination par le Zika de la femme enceinte intervenait dans les trois premiers mois de sa grossesse. « Ce risque (de 1%) semble faible, comparé à ceux d’anomalies congénitales que présentent d’autres infections virales » signalait l’étude publiée le 15 mars dans la revue médicale The Lancet. Les trois premiers mois de la grossesse restent néanmoins la période la plus critique vis-à-vis du risque de microcéphalie, même si ce dernier continue d’exister durant les 6 derniers mois.
 
 
L’ARS débarque chez vous
 
Les pulvérisations insecticides, que l’on a pu connaître par le passé, ont été considérablement réduites ces dernières années car non seulement le moustique a développé des résistances mais aussi pour des raisons écologiques. Désormais, la stratégie de l’Agence régionale de santé consiste à se rendre sur les foyers épidémiques. « Dans le cadre de la lutte anti-vectorielle, on traite de façon massive à domicile, sur la base des signalements de cas remontés par la veille sanitaire » détaille le directeur de l’ARS Pascal Godefroy.
 
Si vous avez mené des examens médicaux confirmant que vous êtes porteurs du Zika, il est donc probable de voir débarquer l’équipe de la lutte anti-vectorielle, chapeautée par Stanley Hanson : « on fait la maison et une douzaine d’habitations dans le voisinage proche. On fait de la pédagogie auprès de la population, des pulvérisations intra-domicile et une inspection des citernes ». Les citernes représentent 20% des gîtes larvaires alors qu’il est facile d’y plonger les petits poissons friands de larves de moustique, les guppies, que l’ARS distribue gratuitement.
 
PREMIER CAS DE ZIKA À SABA
Le premier cas a été signalé sur l’île voisine la semaine dernière. Il s’agit d’une femme revenant d’un séjour dans une île où le Zikavirus est présent. Pour éviter toute propagation, elle a été immédiatement briefée sur les moyens de se protéger contre les piqûres de moustique afin de ne pas le transmettre aux insectes, eux-mêmes ensuite vecteurs de la maladie. Selon les autorités de Saba, le nombre de moustiques est en ce moment peu important sur l’île.
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