Une double affaire de violences et d’outrage à gendarmes a été jugée jeudi dernier au Palais de Justice.

Le 5 mars 2016, des riverains appellent la gendarmerie après avoir entendu un coup de feu rue des Écoles, à Grand-Case. En arrivant, les six militaires – dont quatre gendarmes du peloton d’intervention de la garde républicaine – sont les témoins d’une rixe impliquant une vingtaine d’hommes. Alors qu’ils essaient de séparer les protagonistes, un individu particulièrement violent décoche un coup de poing à l’un des gendarmes, puis un autre coup à un deuxième qui s’interpose. Une grenade de désencerclement est finalement utilisée pour mettre un terme à la bagarre. J.J., né à Sint Maarten il y a 25 ans, est alors mis en garde à vue, puis déféré en Guadeloupe où le juge le place sous contrôle judiciaire puis le renvoie à Saint-Martin, où il a été jugé jeudi dernier.

SON PASSIF NE PLAIDE PAS EN SA FAVEUR
À la barre, J.J. ne reconnaît pas les faits. Il était bien là, oui, mais il a couru vers sa voiture lorsqu’il a vu les gendarmes arriver et ce sont eux qui l’ont agressé. « Vous avez été pris à partie,» ironise le président Égron-Reverseau, « Vous avez porté plainte? Vous êtes allé à l’hôpital? ». Le passif de J.J. ne plaide pas en sa faveur. Il a été condamné pour violences en novembre 2015 et jugé également jeudi dernier pour avoir insulté et fait un bras d’honneur à des gendarmes, boulevard de Grand-Case, alors qu’il roulait sans casque sur son scooter et qu’il a accéléré au lieu de leur obéir en s’arrêtant. « Je ne les ai pas vus » affirme-t-il en expliquant qu’il allait précisément chercher son casque à ce moment-là. « Vous êtes sérieux? Trois gendarmes dans cette rue étroite? » raille le juge. Mais l’un des gendarmes l’a reconnu et il reçoit bientôt une convocation, qu’il refuse de signer. Sa mère l’ayant persuadé qu’il valait mieux pour lui coopérer, il a finalement été entendu.
Le procureur Ohayon évoque des faits graves et demande une peine de six mois de prison ferme afin que J.J. comprenne que l’on ne peut en aucun cas outrager ou frapper les gendarmes, « qui font un travail difficile dans un contexte de délinquance délicat et méritent le respect ». L’avocate du prévenu met en avant le fait que les témoignages des militaires diffèrent les uns des autres et que cela sème le doute sur la réalité des faits : « On ne peut pas fonder sa conviction sur le témoignage des victimes, même si ce sont des gendarmes ». Elle produit également deux témoignages de deux conseillers du quartier, qui attestent que les militaires ont été les premiers à porter des coups. Elle demande la relaxe pour les faits de 2016 et l’application bienveillante de la loi pour les faits de 2014, son client n’ayant réellement pas vu les gendarmes. Le jugement sera rendu le 15 septembre 2016.
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Obligations paternelles
Divorcé depuis 2008, un père de famille a été jugé jeudi dernier pour abandon de famille parce qu’il n’a pas payé de pension alimentaire entre octobre 2012 et août 2014.
Amer, il explique au président du tribunal qu’il a perdu le contact du jour au lendemain avec ses deux filles qui habitent en métropole avec leur mère et demande pourquoi il devrait payer alors qu’il n’a plus de relations avec elles. « Parce que vous êtes leur père, » rétorque le juge. Sa situation financière, plutôt florissante au moment du divorce, s’est dégradée depuis. Il a fait faillite, a dû vendre son appartement et reconnaît à présent qu’il aurait dû aller voir le juge aux affaires familiales pour revoir le montant de la pension avant qu’il ne soit trop tard. « Il n’appartient pas à un parent de se faire son propre juge pour savoir s’il doit payer ou pas une pension » confirme le procureur. « Je suis atterré, après le mal que je me suis donné pour que mes filles aient une bonne éducation, de voir que j’ai été mis dans le camp des ennemis. Il ne me reste plus que des obligations, » a-t-il constaté avec regret. Le jugement sera rendu le 15 septembre.
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Hostilités au Tantra puis aux urgences
Deux petits groupes, l’un de deux demi-frères et l’autre de trois copains, se retrouvent aux urgences de l’hôpital dans la nuit du 26 novembre 2015.
Ils se sont battus juste avant, en sortant du Tantra, et reprennent les hostilités à l’hôpital, jusqu’à l’arrivée des gendarmes. Les deux frères ont reconnu avoir porté des coups de machette, mais assurent qu’il s’agissait de légitime défense. Et l’on a retrouvé une chaîne en or volée par l’un des trois amis dans la poche d’un autre, déjà condamné dans une affaire de stupéfiants et pour conduite sans permis. « Difficile de juger et de faire émerger la vérité sur des faits qui se sont passés à Sint Maarten » regrette le procureur, avant de demander une peine de six mois de prison ferme pour le voleur, trois mois ferme ou 120 heures de travail d’intérêt général pour le receleur et six mois avec sursis pour les demi-frères. Le jugement sera rendu le 15 septembre.
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Insulter les gendarmes, ça coûte cher
Déjà condamné en juin 2013 à 6 mois de prison avec sursis pour violences avec arme, un conducteur de scooter a écopé jeudi de 4 mois de prison ferme.
Il devra également verser 350 euros de dommages et intérêts à chacun des 3 gendarmes qu’il a insultés et menacés de mort. Les faits se sont déroulés à Concordia, au cours d’une patrouille le 12 mai. Les militaires font signe de s’arrêter à un individu qui roule sans casque. Il les ignore, les traite au passage de « fucking gendarmes » puis va à la confrontation en les narguant devant la gendarmerie, où il mime un revolver avec sa main et confirme son intention: « je peux te tuer, te mettre une balle dans la tête ». Mais il est identifié et est interpellé deux semaines plus tard. Il était absent à l’audience et a tout contesté lors de son audition, sauf un doigt d’honneur.
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Vol de nourriture: relaxe pour les deux employés
Les deux employées d’un hôtel jugées le 2 juin pour vol de nourriture – et licenciées pour cette raison – ont été relaxées, le tribunal ayant jugé qu’il y avait place pour le doute.
Leur avocate avait demandé la relaxe, « parce que leur chef avait largement menti, qu’il s’était également servi dans la chambre froide, et que s’il avait dit la vérité il aurait été licencié lui aussi ».
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