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Mardi matin la gendarmerie a mis la main sur l’homme le plus recherché de Saint-Martin pendant 48 heures. Les nombreux témoignages et la vidéo-surveillance ont eu raison de lui.

Triste épilogue dans l’affaire qui secoue Saint-Martin depuis samedi dernier. Le bourreau de la jeune touriste belge, homme de 21 ans originaire de Saint-Martin et sans emploi, a finalement été appréhendé mardi à 8h35 sur une plage de la Baie Nettlé. Il a été déferré jeudi au pôle d’instruction de Pointe-à-Pitre pour y être mis en examen, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour le chef de meurtre concomitant au crime de viol avec arme, selon l’annonce faite mercredi après-midi par le procureur de Basse-Terre Samuel Finielz, qui tenait une nouvelle visio-conférence dans l’enceinte du Palais de Justice, en présence du capitaine de gendarmerie Emmanuel Maignan.
 
L’arrestation rapide du meurtrier de Wendy Montulet, dont le corps avait été découvert le lendemain de sa disparition, dimanche 10 juillet, dans un bosquet longeant la route de la Baie Nettlé, a été rendue possible grâce à « deux facteurs déterminants » rappelle le procureur : les appels à témoin largement relayés, qui ont permis à la gendarmerie de récolter de nombreux éléments et surtout, 1 terra de bandes vidéo. M. Finielz mentionne en outre « trois témoins importants, qui ont indiqué être passés sur la Baie Nettlé samedi matin ». Ces personnes ont rapporté avoir aperçu « un individu sortant d’un bosquet où l’on a retrouvé le corps, l’air hagard, en sueur, avec un comportement particulièrement suspect ». Des descriptions corroborées par d’autres témoignages, permettant de retrouver cet homme.
 
TRAHI PAR SES CHEVEUX ET SES VÊTEMENTS
Mardi matin, les enquêteurs de la Brigade de Recherches, nantis d’éléments pour le moins précis, procèdent à une enquête de voisinage sur la Baie Nettlé. Ils repèrent sur la plage la présence d’un individu correspondant aux descriptions. « Il portait les mêmes vêtements, la même coupe de cheveux » énumère le procureur. En l’occurrence une chevelure facilement reconnaissable, « qui tire vers le roux et a marqué les témoins ». L’homme n’était pas en possession de papiers d’identité. Il a d’abord été invité à suivre les gendarmes. Suite à son refus, « il a été immédiatement placé en garde à vue pour homicide volontaire » confie M. Finielz.
Les investigations techniques, menées à l’aide des produits chimiques traditionnellement employés par la gendarmerie, ont permis de déterminer que ses chaussures et son t-shirt portaient des traces de sang qui persistaient malgré un lavage. En outre, l’homme avait des traces de blessures s’apparentant à des griffures. Wendy aurait donc tout fait pour se défendre…
 
BOUSCULÉE, FRAPPÉE AVEC DU VERRE, VIOLÉE
« Il a été entendu à trois reprises » détaille le procureur. Le suspect a d’abord contesté les faits, non sans prétendre pratiquer régulièrement son jogging sur cette portion de route entre la Baie Nettlé et les Terres Basses notamment le samedi 9 juillet. Deux nouvelles auditions ont eu lieu mardi soir et mercredi matin, au terme desquelles il affirme avoir croisé sa victime et l’avoir violemment bousculée dans le bosquet où son corps a été retrouvé. Il s’est saisi d’un morceau de verre « qu’il dit avoir trouvé sur place » et lui a porté à plusieurs reprises des coups avec l’objet. Le procureur précise également que cet individu a « admis des violences sexuelles ».
 
PAS D’EMPATHIE, PAS DE REGRETS
Sur la santé mentale du meurtrier présumé, le procureur fait état de « propos confus » mais d’un homme qui répond « de manière intelligible ». « Il n’y a pas encore d’éléments permettant de dire qu’on a affaire à quelqu’un qui souffre [mentalement] ». En revanche, selon les témoignages recueillis, il aurait eu un comportement « pas sécurisant vis-à-vis des personnes croisées ». L’homme n’aurait en outre fourni aucune explication quant à son geste criminel. Il n’a manifesté ni regrets, ni signes d’empathie vis-à-vis de la victime. Par ailleurs, il n’était visiblement pas sous l’emprise de stupéfiants.
 
PAS DE PASSIF… DU MOINS EN FRANCE
Ce n’est pas son ADN qui aurait pu confondre le tueur, car il ne dispose d’aucun antécédent judiciaire. « L’ADN masculin qui aurait été retrouvé par l’institut médico-légal de Bordeaux, s’il avait été comparé avec la base de données du fichier national des empreinte génétiques, n’aurait fourni aucun résultat » confirme le procureur. L’homme n’était pas fiché en France, car il n’a jamais été impliqué dans aucune procédure de police ou de gendarmerie. Dans cette affaire, les techniques d’enquête traditionnelles auront donc été déterminantes. En l’occurrence les appels à témoins, la participation de la population de Saint-Martin et le flair des gendarmes.
 
L’autopsie du corps de la jeune victime a été réalisée jeudi par deux médecins légistes venus de Guadeloupe. Le corps va être restitué à sa famille et rapatrié en Belgique cette fin de semaine. Le meurtrier présumé de Wendy sera jugé par la justice française.
 
 
Un impact international…
 
Verra t-on encore des touristes belges sur notre île ? Leurs médias étaient en tous cas bien présents mercredi lors de la conférence de presse tenue par le procureur de Basse-Terre pour faire état des avancées décisives dans l’affaire Wendy. Malheureuse coïncidence, Saint-Martin vient de vivre trois affaires criminelles en une dizaine de jours, trois morts violentes qui ont largement été évoquées devant cette presse belge venue couvrir le meurtre de leur compatriote. Quelle piètre image notre territoire donnera t-il à la Belgique ? Celui d’un Far West où la vie humaine n’a pas de prix. Saint-Martin ne va plus les faire rêver du tout. Et qu’on ne dise pas qu’il s’agit d’une coïncidence : ces derniers jours sont symptomatiques d’une réalité malheureusement souvent vite oubliée dès qu’il s’agit de vendre une image de marque à l’eau turquoise. L’impact de ces affaires ne peut qu’être retentissant.
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