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Lundi matin, Guillaume Arnell a annoncé le démarrage des travaux de la mission de consolidation du plan d’adressage de la Collectivité de Saint-Martin.

La réunion s’est tenue dans les locaux du pôle de développement durable en présence de Rosette Parotte, chef du service recensement de la population, adressage et informations cadastrales, et du géomaticien Louis Musquet, du cabinet guadeloupéen Urbis. « Depuis un certain temps, nous [la Collectivité] travaillons sur l’optimisation de l’adressage sur Saint-Martin, a déclaré le 1er vice-président de la COM. C’est permettre aux administrations de facilement trouver un administré et que l’ensemble de nos voies puisse avoir un nom, que les numéros soient conformes, et qu’on ne retrouve pas les dispositifs actuels où on nomme nos rues à partir d’une figure emblématique de Saint-Martin. »
 
Guillaume Arnell cite l’exemple de Gumbs. « Il y a parfois 3 ou 4 impasses Antoine Gumbs. C’est compliqué pour la Poste, c’est compliqué pour les administrations, déplore l’édile. Donc on a fait une évaluation exhaustive de ce qui est déjà sur le territoire pour faire de Saint-Martin un territoire où il est facile de trouver les uns et les autres, que ce soit pour les secours, pour les administrations ou lorsque vous commandez des choses. L’idée, c’est d’offrir à tout public toutes les possibilités de la modernité, de telle façon qu’il n’y ait pas de différence entre ce territoire et un autre. »
 
CONSTITUER UNE BASE DE DONNÉES
Les travaux débuteront en août pour une durée estimée entre 2 et 3 mois, et se dérouleront en 2 phases distinctes. La première consistera à détecter les voies et les nombreux doublons, ainsi qu’à géolocaliser les nouveaux bâtiments construits depuis 2012. L’ouverture au domaine public de certaines voies privées sera également étudiée.
La deuxième phase de la mission de consolidation du plan d’adressage consistera elle à transformer l’adressage en base de données SIG (système d’information géographique) pour quelle puisse être exploitable aussi bien par la COM que par les concessionnaires, voire l’IGN (institut géographique national) et le SNA (service national des adresses)… Ou même utilisée par les entreprises comme Google.
 
LUTTER CONTRE LES FAUSSES ADRESSES
Le géomaticien Louis Musquet explique qu’une équipe d’enquêteurs va être dépêchée sur le terrain et ajoute qu’il va peut-être y avoir des regroupements de voies « pour faire un linéaire plus droit. » Cette clarification permettra également de lutter contre les fausses adresses. « On le fait de plus en plus avec l’adressage parce qu’on recoupe des données, souligne le vice-président Arnell. Mais quelqu’un qui veut obtenir un document et qui n’a pas envie d’être retrouvé par la suite, il vous dit une adresse et vous êtes incapable de vérifier si cette adresse existe. »
 
TROP DE DOUBLONS
Des rues déjà baptisées vont être renommées. « Nous sommes obligés, affirme Rosette Parotte. Parce qu’il y a des doublons de noms de personnes : Hunt, Gumbs, Fleming… » D’autre part, l’adressage automatique ne prend pas en compte le prénom mais seulement le dernier mot. « Pas simplement au niveau de la Poste, poursuit la chef du service adressage de la COM. Vous allez sur internet, vous voulez faire des achats et vous mettez Brooks, ça ne prendra jamais l’adresse. Pourquoi ? Parce qu’on a impasse Brooks à Saint-Louis, Brooks à la Savane, on a Brooks à Grand-Case, Brooks encore à Quartier d’Orléans. On a trop de Brooks même si vous mettez différents prénoms. J’ai beaucoup d’usagers qui se plaignent, ils n’arrivent pas à faire des commandes sur internet par rapport à ça. »
 
« L’ÉTAT NE LE FERA PAS POUR NOUS »
 
Il y aussi des types de voies qui sont mal indiquées, ou encore des fautes d’orthographe. La commission CATU (Commission d’aménagement du territoire et de l’urbanisme) délibérera sur les nouvelles dénominations. Reste le choix cornélien des thèmes des noms de rue. Noms d’oiseaux, de fruits… Pour Mme Parotte : « il faut éviter les noms de famille, Saint-Martin est une petite île. » Toutefois, la Collectivité est dans une démarche de reconnaissance et il n’est pas impossible que certains axes, telle la ligne droite de Bellevue, hérite du patronyme d’un illustre Saint-Martinois, nuance Guillaume Arnell. « Si nous ne le faisons pas, l’Etat ne le fera pas pour nous. »
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