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Créé par The Pokémon Company, Nintendo et Niantic, ce jeu en réalité augmentée se pratique en extérieur avec son smartphone ; la 3G est fortement recommandée.

Rendez-vous était pris mercredi après-midi à Cole Bay avec deux adeptes de Pokémon Go pour comprendre comment en quelques jours, ce jeu d’aventure en monde réel est devenu un phénomène international. Phénomène auquel le Nord et le Sud de notre île n’ont évidemment pas échappé. Sia, dresseuse de niveau 16 avec près de 75 Pokémon répertoriés dans son Pokédex, pointe toutefois quelques disparités dans le monde merveilleux des Pokémon de Saint-Martin et de Sint Maarten. La membre du clan Mystic explique que du côté français, « nous n’avons qu’une seule PokéGym contre 5 du côté hollandais. » « La PokéGym sert à nous entraîner mais pour ça, il faut la gagner en éliminant les Pokémon du groupe rival déjà installé. Avant-hier, je me suis présentée et imposée aux 2 autres teams, et j’ai déclaré le côté français comme étant le territoire des Bleus. »
 
« Mystic », « Pokédex », « PokéGym », « les Bleus », et un peu plus loin dans la conversation « PokéStop » et « PokéBall ». De toute évidence, le jeu possède un jargon technique bien à lui avec lequel le béotien doit se familiariser avant de capturer son premier Pokémon. Autre certitude, la réalité augmentée a un effet foudroyant terriblement addictif. Quand on en attrape un, on a rapidement envie de tous les attraper, partout, tout le temps.
 
Dwayne, l’administrateur du groupe Facebook Sxm Pokemon Go, qui enregistre déjà plus de 250 membres, avoue passer quotidiennement plusieurs heures à la recherche des fantastiques créatures. Son Pokédex (collection de Pokémon) est d’ailleurs riche de plus d’une centaine d’espèces différentes de Pokémon « Je peux faire jusqu’à 10 km à pied dans une journée pour trouver des Pokémon. Ce qui est bien à Saint-Martin, compte tenu du littoral et du relief, c’est qu’on peut trouver tous les types de Pokémon sans avoir à se déplacer très loin. »
 
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Un Psykokwak attiré par l’odeur de l’encens
 
« UNE BONNE CONNAISSANCE DU PAYS »
Au-delà de leur faire pratiquer une activité ludique et physique – ce qui en soi est déjà très bien – Pokémon Go permet donc à ses joueurs de sortir de chez eux, de créer du lien et de se réapproprier leur territoire. Grâce à tous les moyens modernes de communication, les dresseurs se réunissent pour traquer ensemble le Pokémon dans les rues de Marigot, de Philipsburg ou ailleurs. « Cela demande un bonne connaissance du pays », souligne Dwayne. Sia ajoute que « tous les PokéGym et les PokéStop correspondent à lieux ou des monuments publics. » Par exemple, un PokéStop (point de ravitaillement) est situé près de l’église de Quartier d’Orléans, tandis que le seul PokéGym (arènes) de la partie française a été placé à proximité du bureau de Poste de Marigot. La gameuse invite tout de même les joueurs de Pokémon Go à la prudence, surtout le soir : « quand on cherche des Pokémon, c’est bien d’être à plusieurs, on se sent plus en sécurité. »
 
PIKATCHU APPARAÎT DANS LE DÉCOR
Après la théorie, le temps fut venu de passer à la pratique. Et pour attraper son premier Pokémon, pas besoin d’aller le chercher bien loin, il est offert par le jeu afin de se familiariser notamment avec le lancer de la PokéBall (cage à Pokémon). Le dresseur débutant a le choix entre 3 créatures dans sa zone géographique immédiate. « Parfois c’est Bulbizarre ou même Carapuce » commente Sia. Pour le coup, ce fût Salamèche, un lézard facilement reconnaissable à la flamme qui brûle au bout de sa queue. Deuxième prise : Pikatchu ! Voir cette célèbre souris électrique, que même le profane ne peut ignorer, apparaître dans un décor filmé en direct par un smartphone est absolument bluffant. Seule et unique ombre au tableau, l’application consomme beaucoup d’énergie, en particulier lorsque la réalité augmentée est activée.
 
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Un Pikatchu dans le Pokédex
 
 
Choisir son équipe à Pokémon Go:
un vrai dilemme
 
Instinct, Mystic ou Valor… Lorsqu’il atteint le niveau 5, un dresseur de Pokémon doit rejoindre un des 3 teams. Chacun possède sa propre philosophie, son leader, sa mascotte, sa couleur et sa spécialité. Le choix de faire partie de telle ou telle équipe peut dépendre du tempérament du gamer comme de son envie de rejoindre le même team que ses amis, ou tout simplement de sa couleur préférée. Et vous, quel clan choisirez-vous ?
 
TEAM INSTINCT
Sa mascotte s’appelle Zapdos (nom français : Electhor), l’oiseau légendaire qui contrôle l’électricité, et sa couleur est le jaune. Selon un sondage paru courant juillet sur le site Kotaku.com, le groupe Instinct (nom français : Intuition) serait le moins populaire des 3 teams et regrouperait 23 % des joueurs de Pokémon Go. Pour Spark, le leader de l’équipe, les Pokémon sont des créatures dotées d’une excellente intuition et il soutient que le secret de cette intuition est lié à la façon dont les Pokémon éclosent. Aussi la spécialité des membres du team Instinct est : l’éclosion des œufs de Pokémon.
 
TEAM MYSTIC
Leur couleur est le bleu et l’oiseau légendaire Articuno (nom français : Articodin), capable de maîtriser le froid, est leur mascotte. A mille lieues de la confiance aveugle des Instinct, les membres de l’équipe Mystic (nom français : Sagesse) sont eux guidés par le calme, la sagesse et l’intelligence. Pas étonnant qu’avec autant de qualités, le clan Mystic, qui regrouperait 37 % des gamers, soit le plus prisé de ce jeu d’aventure en monde réel. Quant à son leader, Blanche, elle croit que la sagesse du Pokémon est infiniment profonde et étudie l’évolution de ces créatures avec beaucoup d’intérêt. Ceci explique que la spécialité des Mystic soit : l’évolution des Pokémon.
 
TEAM VALOR
Enfin, il y a les Rouges de l’équipe Valor (nom français : Bravoure) dont la mascotte, l’oiseau légendaire Moltres (nom français : Sulfura), peut contrôler le feu. Par opposition à la tranquillité des Mystic et à la foi des Instinct, les Valor sont motivés par l’idée que le pouvoir et la force sont les éléments les plus importants du monde Pokémon. Des valeurs musclées qui auraient séduit près de 30 % des adeptes de Pokémon Go. Candela, le leader de l’équipe, est constamment à la recherche de moyens pour renforcer la puissance naturelle des Pokémon. La spécialité des Valor est : le combat.
 
LA TENDANCE À SAINT-MARTIN
Les 10 % restants correspondraient aux joueurs n’ayant pas encore rejoint une équipe. Chez nous, à Saint-Martin, il semblerait qu’après un bon départ des Instinct, les Valor aient désormais pris l’avantage du nombre de dresseurs de Pokémon. Malgré une plus faible représentation, le groupe Mystic ne se gêne pas pour revendiquer la partie française ; ses membres l’ont d’ores et déjà baptisée « Artica ».
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