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A cette occasion, un débat était organisé par Mme Lena Constant de l’association Fanm Vayan en présence d’une psychologue, d’un enseignant du lycée de Saint-Martin et de plusieurs lycéens.

salopeParticipait également à ce débat une femme désireuse de faire partager son témoignage. Elle raconte son histoire et les violences qu’elle a eu à subir par le passé : son ex-compagnon, a fait preuve d’une violence à son égard très progressivement avec au départ, de simples reproches sans fondement puis accompagnés d’injures et en n des agressions physiques et un sentiment de culpabilité qui s’est installé chez elle (“s’il me frappe, c’est que je le mérite”) inversant les rôles et accusant la victime d’être à l’origine du trouble. A son tour c’est le bourreau qui devient victime (« tu m’obliges à te frapper et cela me fait du mal »).

Des périodes d’accalmie entre les querelles accompagnées des excuses du mari ou du compagnon violent permettent à la femme de revoir son point de vue, dit-elle (« après tout il m’aime et sait être gentil avec moi, je lui pardonne »), jusqu’à ce que cela recommence plus fort encore. Cette intervenante conclut en affirmant qu’un seul signe de rébellion de la part de la femme battue suf t parfois à calmer son agresseur, celui-ci ne s’attendant pas à une telle réaction. Mais selon elle, le plus important c’est d’en parler, à ses proches, aux associations compétentes ou aux services de police.

violencesParmi les jeunes lycéens présents, certains connaissent cette violence au sein du cercle familial, d’autres en ont juste entendu parler, mais tous sont d’accord pour dire que cela ne doit pas exister. Ils avouent toutefois que la violence verbale fait partie de leur quotidien et ne semblent pas choqués outre mesure qu’un garçon puisse traiter sa copine de salope ou de pute… ! “Cela fait partie du langage courant” nous dit l’un d’entre eux, “On ne considère pas ça comme une insulte”. Une banalisation de l’insulte en somme, mais les filles sont plus réservées à ce sujet et admettent que pour ne pas être rejetées du groupe de copains auquel elles appartiennent, elles doivent accepter cette situation sans rien dire : « Se plaindre c’est aussi s’exposer à des représailles et à de nouvelles violences verbales ou même physiques » … seraient-elles déjà soumises ?

La psychologue intervient en précisant que les hommes violents sont presque toujours des pervers narcissiques et manipulateurs et elle insiste sur le fait qu’il faille prendre garde aux moindres faits et gestes qui peuvent paraître anodins et qui se transforment peu à peu en une violence quotidienne.

Sans aide, il est parfois difficile de se sortir de cette spirale. Alors si vous êtes victime ou témoin d’une agression, n’hésitez pas à demander de l’aide au services compétents ou composez simplement le 3919.

Jean-Michel CAROLLO

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