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Y’a-t-il aujourd’hui un endroit plus adapté que les colonnes du St. Martin’s Week pour vous permettre de cerner un peu mieux Jean-Paul Fischer, de percevoir ses ambitions pour le journal et pour sa ligne éditoriale ? Non… Puisque les écrits restent, ceux-ci posent une pierre nouvelle sur les fondations trentenaires du journal.

SMW – Saint-Martinois depuis 35 ans et impliqué tant dans les affaires que dans la vie associative locale, votre renommée n’est plus à faire. Pourtant, on vous connaît peu. Qui êtes-vous donc Monsieur Fischer ?

J’habite Saint Martin depuis plus d’une trentaine d’années. Enfant du fin fond des Vosges, né dans un petit village sur la frontière allemande avec une ascendance très germanique, militant, syndicaliste, ouvrier, fonctionnaire, routard, humanitaire, la vie m’a offert le monde et un jour la Guadeloupe, Saint Martin, avec la communauté antillaise, le soleil, la mer…
Je me suis engagé dans de nombreux combats pour la liberté, les droits de l’homme, la démocratie, en Afghanistan, au Mali, au Togo, à Haïti et plus récemment au Kurdistan syrien. C’est le résultat d’une longue route intellectuelle, philosophique, aux côtés d’hommes et de femmes différents, qui m’ont appris la tolérance, le respect de l’autre, la solidarité. Je suis un enfant du peuple qui a eu comme étoile, la chance.

SMW – La presse ne figurait pas parmi les nombreuses celles connues à votre arc. Qu’est-ce qui vous a donné envie de reprendre l’historique Saint Martin’s Week au delà du fait que ce journal ne pouvait disparaître ?

Pourquoi avoir « repris » le SMW ? D’abord, parce qu’il fait partie de notre histoire saint-martinoise, parce que la presse doit participer et concourir au débat économique, social, politique et culturel, pour donner la parole au monde associatif, aux jeunes et parfois aux leaders politiques, mais aussi pour contribuer à créer la cohésion sociale, le dialogue entre les communautés… Ouvrir Saint-Martin sur la Caraïbe, contribuer à l’éducation populaire, et faire réfléchir chacun d’entre nous sur notre responsabilité de citoyen, être engagé sur un petit territoire où vivent plus d’une centaine de nationalités différentes, valoriser ce territoire pour que les enfants, les jeunes soient fiers de leur pays, de son environnement et croient en l’avenir.

SMW – On ne peut imaginer que JPF se contentera de refaire un journal strictement commercial sans opinion. Quelle sera la ligne éditoriale du Saint-Martin’s Week ?

Le SMW n’est pas un enjeu économique encore faut il qu’il puisse vivre ; mais il répond surtout à un projet, donner à notre population une information non partisane et valoriser ce territoire. Il ne s’agit pas de faire un journal commercial sans opinion, mais une presse libre avec l’appui de nos annonceurs. Je pense que tous les annonceurs souhaitent que l’économie progresse, que l’emploi se développe, que Saint Martin retrouve son éclat d’antan. Or, ce travail ne résulte pas simplement de l’action politique, mais repose sur la contribution des citoyens, des associations, des forces socio- professionnelles.
 Un journal doit être la rencontre de ces groupes, et du citoyen, lui apporter une information fiable et ouverte
Un journal est aussi et plus que jamais un outil d’éducation et de promotion pour le lecteur.
SMW sera un journal d’information, libre et sans idéologie, mais au service de la vérité et de la population de Saint Martin.
La ligne éditoriale sera de parler un langage de vérité, valoriser l’île de Saint Martin et créer, si possible, l’espérance en l’avenir.

smwSMW – Vous êtes reconnu comme un homme d’affaires sachant faire émerger et fructifier les projets. Quelle sera votre recette miracle pour le Saint-Martin’s Week ?

Je ne sais pas si je sais faire fructifier les affaires, mais je sais que je m’implique dans mes choix, parfois, j’anticipe l’avenir et j’ai une écoute très attentive des autres. Faire fructifier le SMW, c’est qu’il reste le journal de Saint Martin, qu’il reste un journal de référence, qu’il soit attractif et addictif !
Il n’y a pas de miracle ; il y a l’engagement du personnel du SMW, la collaboration avec toutes les instances, un projet ouvert à tous ceux qui veulent que notre communauté change dans le respect des traditions, des cultures des femmes et des hommes de toute origine. Vous avez déjà été engagé en politique ; vous préparez-vous avec cet outil à remonter une liste pour 2017 ?

SMW – Comment abordez-vous la prochaine campagne électorale avec un média entre les mains ?

Mon engagement politique est certes très ancien au niveau national, très partiel à Saint Martin. La liste à laquelle j’appartenais en 2012 avait pour seul objectif de proposer un programme, une gouvernance rénovée, une relève de la classe politique et redonner à Saint Martin une dignité politique.
Cela n’a pas été un réel succès mais nos idées ont, pour certaines, été reprises… Refaire une liste en 2017, ce n’est pas mon projet ; je n’ai pas d’ambition personnelle. Il reste que le débat politique à Saint Martin se limite à l’examen des candidats. Il manque de souffle de vision, de projet, d’ambition. Il n’est pas politique.
Dans le cadre actuel et devant la situation économique, sociale, détériorée de notre communauté, la seule réponse aujourd’hui, c’est l’unité, un programme économique offensif, un travail de fond sur l’intégration, l’éducation et la formation, la création d’emplois, la sécurité, le respect des institutions. Le débat politique ne doit pas se concentrer sur une fonction éventuelle, un poste de présidence, de vice-présidence ou de parlementaire. Le seul appel que je pourrai lancer est celui de l’Unité, de la construction d’un programme à court terme, d’un engagement de toutes les forces vives pour que notre territoire retrouve le progrès, le développement, la sécurité…

Le SMW sera ouvert à toutes les forces politiques dans une répartition équitable des parutions, ce qui n’empêchera pas la rédaction du journal de faire son travail et de procéder à l’analyse des programmes, projets, sur la base des règles, d’un code de bonne conduite. SMW ne sera au service d’aucune force politique.

SMW – Monsieur Fischer, on peut dire que vous avez une vie bien remplie et épanouie. Où et quand allez-vous vous arrêter ?

Ma vie n’a jamais été un long chemin tranquille ; elle est parsemée d’éclairs, d’ombres, d’ouragans, avec une immense reconnaissance à toutes celles et tous ceux qui m’ont donné la force de marcher jusqu’au soir….
Ma vie s’arrêtera quand le destin ou la chance l’auront choisi, mais aussi longtemps que mes forces, ma lucidité, me permettront de travailler, de créer, de produire, je partirai sur les terrains les plus pauvres, les plus risqués pour apporter une poussière d’espoir, ma faible contribution à une vie meilleure. J’essaierai d’apporter mon soutien à celles et ceux qui se battent dans leur chair pour le respect, la liberté des femmes et des hommes de ce monde en crise en perte de sa propre humanité….

SMW

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