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Le grand désordre routier : un thème de campagne ?

On a voulu sortir un peu des lieux communs qui tendraient à vous proposer un “p’tit papier” façon marronnier et qui dirait en substance “y’en a marre des embouteillages”. On a voulu être prétentieux au point d’essayer d’être constructifs.

Tout d’abord, et c’est valide sur la terre entière pourvu qu’il y ait des routes et du trafic, à quoi sont donc dus ces maudits bouchons ? La réponse la plus courte et qui a reçu quittus du plus grand nombre de spécialistes est : “Les causes des embouteillages sont bien comprises : accidents, infrastructures insuffisantes, heures de pointe et variations trop importantes des vitesses de circulation sur des routes encombrées.”

Mais quel est le coût du temps de ce temps perdu ?

D’après une étude réalisée par Inrix, incluant carburant gaspillé, usure accrue des véhicules et heures de production perdues par les entreprises, la facture annuelle en métropole se chiffre à 17 milliards d’euros, une ardoise plus lourde que celle de la sécu ! Ce chiffre intègre les heures gâchées, la surconsommation de carburant, l’augmentation du coût des transports de marchandises et de personnes, la pollution et les conséquences sur la santé.
En se fendant d’un bête et tout aussi empirique calcul, si l’on ramène ce chiffre à la population saint-martinoise, le coût en local serait donc d’environ 10 Millions d’euros… à peu près ce que l’action de la présidente a permis de récupérer de l’état pour les 9 années où nous avons été spoliés. Si ces chiffres ne vous parlent pas assez, cela signifierait que les conséquences économiques locales des bouchons pèseraient environ 285 000 euros par JOUR ! Ça laisse pantois…
Ce chiffre de 17 milliards d’euros atteindra 22 milliards en 2030… toujours de façon empirique (même si de façon moyenne, nous sommes sans doute plus touchés par les bouchons que la métropole), à la même période, nos bouchons coûteraient potentiellement 13 Millions d’euros…
C’est le coût, estimé par Inrix à l’échelle de la métropole, le plus élevé lié à l’automobile. Comment traduire cela simplement : plutôt que de prôner l’alternance pair/impair lors de pics de pollution, l’interdiction de circulation en centre ville ou l’accès aux vieux véhicule etc etc… supprimer les embouteillages serait plus efficace que toute autre mesure.

Et puis, il y a ce qui n’est pas chiffrable… LE STRESS

Les embouteillages entre le domicile et le travail sont non seulement désagréables, ils augmentent le stress au travail et le sentiment de fatigue en fin de journée. C’est en substance ce qui ressort de plusieurs enquêtes menées sur toute la surface du globe. En gros, embouteillages sur le chemin de l’aller au travail = stress au travail et sentiment de fatigue ; bouchons sur le chemin du retour = crise de nerfs à la maison.
Pendant ce temps, toutes les études prouvent aussi que les déplacements en vélo ou à pied ont une influence positive sur le stress.

Tout ça pour en venir où ?

Si l’on additionne le coût économique de ces bouchons, même estimé de façon tout à fait empirique, et les méfaits constaté sur l’être humain en terme de stress, décongestionner les routes est donc une priorité réelle, en métropole et ici où le réseau routier se compose d’un axe principal unique.
A Saint-Martin où les statistiques en la matière datent de 2006, on dénombrait alors en nombre de cartes grises :
– 15 917 véhicules personnels
– 1 855 camionnettes
– 127 camions
– 80 bus
– 884 deux-roues
– 102 Quads
Soit, avec quelques sous-classes complémentaires, plus de 19 000 véhicules immatriculés.
En parallèle, le trafic sur la RN 7 est estimé à une moyenne de 20 000 véhicules/Jour.
Même obsolètes, ces chiffres ont permis à la Collectivité de définir un schéma directeur routier posé sur “l’amélioration des conditions de circulation sur l’île.” Ce qui est sûr, c’est que le territoire est marqué par une forte évolution de la population et des projets d’aménagement. À cela, on doit ajouter l’augmentation de la fréquentation des routes en saison touristique (théoriquement !) et la transfrontaliarité.
Etabli en 2015, le diagnostic routier local “conclut à la nécessité d’un programme global de renforcement du réseau routier de 26.8 Million d’euros, sur dix ans, soit une programmation annuelle moyenne de 2.68M d’euros.”
2.68M€ par an pour venir à bout d’une perte sèche annuelle bien plus élevée que cela de prime abord…
Source : Schéma directeur routier 2015 de la Collectivité de Saint-Martin

NDLR : ces coûts n’intègrent ni les frais d’études préalables, ni les coûts inhérents aux acquisitions foncières… autant dire que les 26,8M€ ne couvrent qu’une part relative de ces projets qui, de plus, devront être assumés (ou non) par les mandatures à venir…

Igor Rembotte

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