Et puisque l’on SEM…

Le dernier Conseil territorial aura été l’occasion de rappeler à notre bon souvenir la SEMSAMAR, chère à notre cœur, dont on ne parle plus que trop peu localement, en dehors des actions d’insertion et / ou de la fondation du même nom.

En effet, le 8 décembre, le rapport d’activité de la Société d’Economie Mixte de Saint-Martin a été présenté au conseil territorial.

Pour résumer la centaine de pages dont c’était l’objet, on peut dire, malgré des chiffres plus que respectables, que la situation et surtout les perspectives pourraient s’avérer sur certains axes et pour nous saint-martinois inquiétantes.

Ainsi, en ce qui concerne 2015, “les produits des activités de la SEMSAMAR sont en progression (…). Le chiffre d’affaires de l’activité Gestion locative reste toujours prépondérant” permettant à la société d’afficher un chiffre d’affaires de 107 millions d’euros (+4%) pour un résultat de 9,8 millions (-17%).

En termes d’investissements, ce sont plus de 221 millions d’euros qui ont été injectés dans l’économie des territoires d’intervention de la SEM, comme suit :

9% pour la Martinique

17% Pour Saint-Martin

29% pour la Guyane

45% pour la Guadeloupe

Autant dire qu’au regard du contexte global, la SEMSAMAR s’en sort encore bien. Pourtant, même si Saint-Martin est le territoire où les “investissements ont connu la plus forte croissance avec +36% alors qu’elle est de 6% tous territoires confondus”, l’avenir semble moins rose pour le territoire de naissance de la SEM.

Ainsi, selon la SEMSAMAR, “compte tenu du contexte difficile, de la fin du chantier de la cité scolaire, de l’absence de nouveau chantier d’envergure programmé, l’activité pour 2016 s’annonce morose” localement et un simple regard sur quelques chiffres suffit pour s’en convaincre (cf tableau).

Ces mêmes chiffres qui posent la Guyane comme nouvel eldorado, terre d’avenir apportent aussi un éclairage presqu’évident à la conclusion du bilan présenté à l’actionnaire majoritaire. Et cette conclusion tient en quelques mots :

“Transition politique : l’opportunité d’une ouverture du capital social de la SEM à d’autres collectivités territoriales majeures”

Sans vouloir présumer de l’axe que donneront le comité stratégique et le conseil d’administration à cette opportunité, on peut tout de même s’interroger sur la place que parviendra à conserver Saint-Martin dans l’évolution future de sa SEM.

En effet, alors qu’après la cession des parts de Louis Constant Fleming, les actionnaires saint-martinois ne sont plus que deux, l’ouverture à d’autres “collectivités majeures” ne risque-t-elle-pas de modifier un équilibre dans lequel la majorité ne tient qu’à un petit % ?

L’histoire ne dit pas encore si la prochaine mandature, vue comme une opportunité par la SEMSAMAR, abondera en ce sens ou si elle souhaitera conforter sa position d’actionnaire majoritaire et le faire peser dans l’activité future de la grande dame.

Igor Rembotte

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