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La Commune de Saint-Martin n’a de cesse de chercher à faire acter sa spécificité de port franc depuis des années. Le projet de loi n°367, projet Pierre Mazeaud, censé répondre de manière très positive, a avorté avec la dissolution de l’Assemblée Nationale par le Président Jacques CHIRAC.

Depuis, les partis politiques, sous la pression des socio-professionnels, sont revenus de manière pressante à la charge. L’état français, embarrassé, avec les tendances autonomistes ou indépendantistes des outre-mer et les revendications spécifiques de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, a voulu mettre tout le monde au pied du mur en offrant le choix entre le 73 et le 74.

La victoire dite écrasante du 74 à Saint-Martin, n’est en réalité qu’une victoire relative car si elle représente 76 % des exprimés, seuls 4 300 votants sur 13 413 inscrits ont voté OUI. C’est-à-dire 1 électeur sur 3, même pas une majorité franche !!

La réalité veut que l’opinion soit manipulée afin de favoriser le OUI à Saint-Martin. Pour preuve, l’organisation du vote du 07 décembre 2003 n’a été publiée que le 03 novembre 2003 au Journal Officiel avec pour particularité que la campagne était ouverte du 24 novembre au 05 décembre 2003.  Dans son titre II, Article 6, est précisé : « sont habilités, à leur demande, à participer à la campagne les partis et groupements politiques auxquels ont déclaré se rattacher trois élus au moins parmi les parlementaires, les conseillers généraux et les conseillers régionaux élus en Guadeloupe. »

Dans le cadre de Saint-Martin, n’étaient concernés que le sénateur, le député, le conseiller régional, les deux conseillers généraux et les élus du conseil municipal, soit en tout et pour tout moins de 30 personnes.  A ladite date, l’état savait que tous les partis politiques existants à Saint-Martin étaient en faveur du 74. Solidarité Saint-Martinoise mené par Albert Fleming (Maire Saint-Martin), United Saint-Martin Mouvement mené par Louis Constant Fleming (conseiller général), MAP de Louis Mussington (conseiller régional), Demain Saint-Martin de Jean-Luc Hamlet (adjoint au maire), Ensemble pour Saint-Martin de Guillaume Arnell (conseiller général). De plus, Lucette Michaux-Chevry ainsi que Victorin Lurel, soutenaient le 74 pour Saint-Martin ainsi que bons nombres de socio-professionnels et des personnes de la société civile, Georges Gumbs, René Arnell, Robert Weinum (ancien conseiller régional et général), etc…

Avec ce cas de figure, le plébiscite à la stalinienne était garanti !!!

C’était sans compter avec un groupuscule de gens : Philippe Thevenet, Hervé Dorvil, Raymond Bryan, Benjamin Rigobert, Yawo Nyuadzi, Ketty Karam, Michèle Clémenard, Jean-Paul Fischer, Frank Viotty ….. qui avaient le courage de dire NON.

En deux temps trois mouvements, le parti politique « Réforme et Responsabilité » a été créé. La chasse aux parrainages engagée, 4 élus locaux ont répondu favorablement (Jean-Philippe Richardson, Félicien Maccow, Daniel Froissard et Michèle Clémenard). 4 autres promesses n’ont pas été tenues : Guy Erb, Emilienne Wade et non des moindres Daniela Jeffry et Aline Choisy qui contrairement à ce qu’elles prétendent aujourd’hui, n’ont pas soutenu le NON.

Ces parrainages revêtaient une importance capitale car ils déterminaient le pourcentage du temps de parole radio et télé accordé à la propagande électorale.

Les 3 arguments les plus usités pour le OUI, étaient :

  • aux métros, on promettait moins d’impôts,
  • aux locaux, on promettait moins de métros,
  • et à tous, on promettait moins de Guadeloupe.

Les arguments du NON étaient, d’une part, basés sur l’avis du professeur Guy Carcassonne, qui résumait l’évolution « au pouvoir sans les moyens », et d’autre part basés sur l’étude menée par Vincent Sallé qui confirmait l’étude de Saint-Martin Avenir et développement qui chiffrait un manque à gagner annuel de 22 millions d’Euros pour la nouvelle Collectivité. Nous annoncions une perte de l’octroi de mer, un mauvais transfert de dotation d’état, une explosion des charges sociales (800 bénéficiaires du RMI en 2003, presque 5 000 à ce jour RSA). Nous avions des doutes quant au statut du Service des Pompiers, de la maison de retraite, du coût des carburants, du fond routier, du coût de l’électricité, de l’aide aux personnes âgées et handicapées, etc…..

De nombreux courriers ont été échangés avec Mme Brigitte Girardin Ministre de l’outre-mer, Mr Dominique Baudis Président du conseil supérieur de l’audio-visuel, Mr Jean-Louis Debré Président de l’Assemblée Nationale, requête en référé auprès du Tribunal Administratif de Basse-Terre et requête auprès du conseil d’état en demande d’annulation pour abus de pouvoir.

A entendre tous les électeurs aujourd’hui, personne n’avait voté pour le OUI , tant la déception est grande.

Les doutes de « Réforme et Responsabilité » étaient fondés sur le fait que le contenu du statut était à définir après l’avoir approuvé (chat en sac !!!)

Frank Viotty

 

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