Annoncé ici, annoncé à Saint-Barth, déprogrammé ici et finalement à Saint-Barth aussi… il n’en fallait pas plus pour que le Saint-Martin’s Week se donne les moyens de “ s’expatrier ” en Guadeloupe pour rencontrer le phénomène Macron.

Si l’on ne sait plus s’il est à la droite de la gauche ou à la gauche de la droite, in fine, c’est peut être parce qu’il clive radicalement avec les vieux canons de la Vème République que l’engouement est là. Cette posture le font craindre des autres prétendants à l’Élysée puisqu’au delà de sa capacité à mobiliser l’électorat classique, c’est bien une part de la première force politique de France qui pourrait se retrouver en lui : les abstentionnistes.

Toujours est-il que rendez-vous il y a bien eu et, à notre grande surprise, qu’il fût long, exclusif et direct.

C’est avec Inès Bouchaut-Choisy, représentante de Saint Barth au CESE, en tant que son meilleur soutien dans les îles du Nord que l’entretien a eu lieu, Saint-Martin n’étant vraisemblablement pas parvenue à afficher de référent macronniste officiel (cf. édition du 16/12/16).

En préambule,comme pour s’excuser, le candidat à la présidentielle, précise que ses visites dans les îles du Nord étaient irréalisables pour des questions de timing : “Nous l’avions envisagé mais pour des questions logistiques, cela ne nous permettait que de rester quelques heures, ce qui n’aurait pas été correct.”

Une question unique lui fût en fait posée : “Quel regard avez-vous de l’extérieur sur le territoire de Saint-Martin ?”. Question de prime abord aussi sotte que grenue mais pour avoir arpenté certains ministères, croisé députés et sénateurs, le déficit d’image de notre collectivité à Paris reste un écueil majeur.

En réponse, le candidat à la présidentielle, au fait du dossier “Outremer” dans sa globalité nous a donc exposé les mesures globalisées et construites autour des moyens à donner à l’outre-mer pour exprimer son potentiel, s’émanciper  selon sa “philosophie qui vaut pour l’ensemble des territoires ultra-marins, Saint-Martin et Saint Barth étant un peu à part.”

Il s’agirait pour Macron, par exemple, d’inscrire les territoires dans une politique dérogatoire vis à vis de certaines normes européennes, pour les rendre plus compétitifs dans leur bassin de cohérence économique et favoriser l’émergence des projets, des volontés entrepreneuriales et sortir enfin du saupoudrage budgétaire national et de la “relation paternaliste” notamment. Un petit clin d’œil aux potentialités qu’offre désormais la constitution tendrait à nous faire penser que l’article 74 retient son attention et pourrait faire partie des réponses que le Président Macron soutiendrait.

Mais devant la réalité exprimée de notre territoire, si différente de celle de Saint Barth et de la Guadeloupe, étayée par les chiffres de la dernière étude 20 (cf. page 8), Emmanuel MACRON nous fait le plaisir de prêter l’oreille, et une oreille intéressée. Le moment prend une autre tournure et c’est en tant que témoins de notre actualité que nous alimentons l’échange avec le candidat à l’élection présidentielle qui nous répond en ces termes : “En tous cas, il y a un défi d’investissement et de réparation qui est colossal, je ne dirais pas que c’est le seul territoire dans ce cas (…), le rapport au travail s’est déconstruit chez cette jeunesse, et il n’y a pas de secret : il n’y a pas de création de valeur si l’on ne traite pas le problème éducatif à la base. (…) et ça, c’est l’état.”

Comment résumer ces quarante minutes d’échanges ? Il n’a pas été question de programme, encore moins de promesse, pas de discours électoral ni de quête de voix. Ce fut le constat posé de la réalité saint-martinoise qui appelle des mesures spécifiques et différenciées… débat constructif autour des solutions nécessaires pour valoriser le territoire, sa population et en extraire le caractère exemplaire au sein de la République.

Au regard de l’intérêt porté par le candidat, de l’intelligence des réponses spontanément émises, gageons que la voie proposée par Macron, cette alternative que beaucoup ont exprimé vouloir, tant localement qu’au plan national, saura trouver son étendard local.

Car nul ne pourra nier que Saint-Martin possède déjà certains des outils nécessaires à la mise en oeuvre des piliers du projet pour l’outre-mer exprimé par Emmanuel Macron : du financement public/privé (qui a dit SEM ?), de l’énergie verte, de l’économie bleue, de la maîtrise foncière, du logement, du numérique et du tourisme repensé… il y a quelque chose d’Idriss ABERKANE là dedans !

Pour conclure avec des mots qui ne sauront traduire l’essence du moment, la volonté du candidat Macron que de mieux connaître le territoire de Saint-Martin ne peut être niée et reposera sur l’expertise que pourront lui faire remonter ses soutiens locaux que ne manquera pas de fédérer Inès Bouchaut Choisy dans les semaines à venir. Alors, En marche ?

Ci-dessous : “Bain de foule et communion avec les traditions Guadeloupéennes le 17 décembre, Macron An Nou !”

Igor Rembotte

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