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C’est un peu la leçon politique de l’année 2016 qui vient de s’écouler… Ni Hillary Clinton, ni Alain Juppé, pour ne citer qu’eux, n’ont pu ou su transformer l’espoir, qu’ils incarnaient pourtant, en victoire…

Les sondages, qu’ont nourri les médias, à moins que ce ne soit l’inverse, donnaient pourtant ces deux personnages politiques majeurs puisque briguant le sommet d’états incontournables, vainqueurs.

François Fillon, en état de grâce après son énorme victoire aux primaires de la droite et du centre, devient l’homme à abattre et focalisera sur lui durant la campagne tout ce que ses opposants auront à disposition pour lui barrer la route. L’anti-sarkozysme forcené à fait place à un anti-fillonisme qui s’organise.

Manuel Valls, prétendant à la victoire au sortir des primaires de la gauche, sent déjà le poids de ce statut de favori peser lourdement sur sa trajectoire à venir, même si les sondages le donnent pour l’instant perdant face à Montebourg.

Incontournable : le favori s’expose !

Ces boulevards qu’annoncent sondages et médias semblent vouloir créer autour des candidats désignés favoris une bulle d’euphorie qui les déconnecte un peu plus des réalités du terrain, amenant même les analystes chevronnés à se planter lamentablement, parce qu’en fait, la réponse viendra des urnes et donc du peuple… Il est celui que le trio favoris/sondeurs/médias ne sait plus appréhender.

Cette ambiance développée autour du vainqueur annoncé est néanmoins complexe à éviter puisque, ne soyons pas hypocrites, cette incarnation de la victoire attire de fait autour d’elle toutes celles et tous ceux qui espèrent jouir des retombées de leur soutien, même tardif, lorsque la victoire sera là… pourtant peu de choses poussent à l’ombre des grands arbres. Un joli gland tombé au pied d’un grand chêne finit généralement mangé par les sangliers et ne recevra jamais la lumière.

C’est dans ce contexte qu’il est devenu presque confortable d’être outsider, de ne pas avoir ce poids de la critique et de l’analyse à porter, ou en tous cas dans une moindre mesure ; concept qui répond à la même mécanique qui veut qu’il est toujours plus confortable d’être dans l’opposition qu’au pouvoir.

Il s’expose oui… mais à quoi ?

S’il est admissible que le tendon d’Achille de Strauss-Kahn a permis son torpillage en vol et que bien des coups sont ou seront envoyés sous la ceinture, on peut s’attendre à ce que les candidats portant une histoire politique voient ressurgir de vieux dossiers, plus ou moins connus du grand public mais qui leur sont rarement favorables… car les déçus partent souvent les bras chargés.

Et localement, la trêve des confiseurs touchant à sa fin, nous ne sommes pas à l’abri de voir quelques dossiers ou informations sulfureuses ressurgir au travers de canaux anonymes ou moins. Certains paient encore aujourd’hui le tribut de leur pouvoir politique mis au service d’une liste en 2012 que ce soit sous la forme de harcèlement fiscal, social ou autre contrôle visant à scléroser leur action.

Pour autant, l’exposition des favoris tient surtout en ce qu’ils sont surmédiatisés et que la pression qui leur est imposée est permanente, que rien ne réjouit plus le tribun par l’intermédiaire des médias, réseaux sociaux en tête, que de voir l’un de ces piliers s’effondrer dans un grand craquement, les jeux du cirque ne sont pas si loin.

Ah les médias… on les veut, on a en besoin, on en devient addict, mais on préfèrerait naturellement qu’ils ne fassent que nous encenser au point quand ce n’est pas le cas de les prendre un peu en grippe !

Jacques Chirac, en son temps, avait lui adopté vis à vis de cette position de cible privilégiée, un axe intéressant : celui de l’absence médiatique. La méthode semble avoir été adoptée localement par quelques personnalités même si les temps sont aujourd’hui différents notamment du fait des réseaux sociaux et de l’hyper réactivité des médias. Ainsi, le silence ou l’absence finissent en fait par nourrir l’espace en tant que posture et elle n’est pas sans danger.

“On a compris où vous voulez en venir… et ?”

Et ? Et le Saint-Martin’s Week n’échappera pas à la règle puisque part intégrante de ce tissu médiatique qui établit ces relations si ambivalentes avec l’actualité, avec ceux qui la font…

En ce sens, dès la semaine prochaine et sur la base des candidats déclarés aux élections territoriales, le Saint-Martin’s Week va déployer un dispositif de baromètre permanent pour que soit mis à disposition du lectorat les tendances du moment, tendances qui seront établies par vous, nos lecteurs. Rien de présomptueux, un outil à la mesure de votre journal auquel vous pourrez accéder sur notre site internet et qui vous permettra chaque semaine de nous donner votre position face à ces candidats en lice et de nous risquer à quelques analyses… sans favoritisme, évidemment !

I.R.

 

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