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Depuis plusieurs mois, la salle de cinéma de la MJC de Sandy Ground est fermée au public et sa programmation, déjà minimaliste, est interrompue.

Ce faisant, c’est le seul “espace public” (sans offense pour les couloirs déserts de la Médiathèque) qui nous offrait encore un peu d’ouverture vers la culture extra insulaire qui nous est désormais interdit.

Adieu Kaplich, Blier, Audiard, Scorsese, Allen et tant d’autres !

Ce “non-événement”, si l’on en juge par le peu d’attention que l’on prête aux réparations exigées à la MJC, doit nous interpeller quant à la place et le rôle de la Culture dans la société saint-martinoise.

A cet égard, on constate avec effroi et tristesse qu’ici le principe de Culture n’est qu’un outil de repli sur soi (concept souvent confondu avec l’identité culturelle) alors que, partout ailleurs, il est synonyme d’ouverture et de partage avec les autres arts, les autres musiques etc.

À Saint-Martin, la culture n’est pas ce levier d’empathie et d’enrichissement intellectuel par les autres. Au contraire, elle est, le plus souvent, le support choisi par les érudits autoproclamés pour maintenir le peuple dans l’absence d’un savoir qui pourrait les transporter et leur faire aimer ce qui se crée ailleurs, mais… qui pourrait les rendre puissants…

Par chance, le cinéma français est l’un des plus riches et des plus inspirés des soixante, au moins, dernières années. C’est même encore plus vrai depuis une grosse décennie où les enjeux (homosexualité, terrorisme, éducation, etc.) sont des sujets que les cinéastes abordent de plein fouet et qui nous… cultivent. Je n’oublie pas non plus les comédies.

Il en est de même pour le cinéma indépendant américain qui, pour le coup, est la plupart du temps exclu de la programmation du mégaplex de Simpson bay.

Tout près de nous, en Guadeloupe ou en Martinique, il existe un riche programme cinématographipque et, que je sache, ça ne tue pas la culture locale qui est au moins aussi respectable que celle de Saint-Martin.

La Culture, c’est d’abord de l’ouverture et cette ouverture permet aussi de faire découvrir aux autres ce que nous sommes. Alors, dépêchez-vous de rouvrir Sandy Ground et voire même de nous construire un vrai cinéma qu’on puisse enfin sortir de ce néant.

Le lecteur agacé

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