Définition : L’environnement est défini comme « l’ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins », ou encore comme « l’ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d’agir sur les organismes vivant et les activités humaines ». La notion d’environnement naturel, souvent désignée par le seul mot environnement, a beaucoup évolué au cours des derniers siècles et des dernières décennies. On peut aujourd’hui définir l’environnement comme l’ensemble des composants naturels de la planète Terre, comme l’air, l’eau, l’atmosphère, les roches, les végétaux, les animaux, et l’ensemble des phénomènes et interactions s’y déroulant, et donc entre autre tout ce qui entoure l’Homme et ses activités.


L’environnement… forcément un sujet qui ne concerne que les écolos, compteurs de grenouilles ou ramasseurs de plantouilles, forcément barbus, chevelus, végétariens et un peu déconnectés… c’est, en caricaturant sans doute à outrance, ce qu’évoque le sujet de prime abord pour ceux qui n’y sont pas sensibles ou qui n’y ont pas été sensibilisés. C’est aussi une des raisons qui fait que le thème n’est généralement qu’effleuré par nos dirigeants, en place ou à venir… et pourtant…

L’environnement : outil de sauvegarde et de promotion du patrimoine

La prise en compte de l’environnement, c’est aussi cela : la capacité des territoires à préserver ce qui fait leur identité. Comment imaginer la Normandie sans bocages, Guérande sans saline… Saint-Martin sans murets, sans étangs, sans tamariniers ou flamboyants, sans Pélican… La partielle autonomie de Saint-Martin et cette fibre qui lie sa population au territoire, fibre qui habite tous les discours de politique générale, n’a malheureusement pas su se traduire dans le quotidien des résidents… et par corollaire dans celui de nos visiteurs, première source d’activité et de ressources du territoire.

L’environnement : le socle vrai de l’attraction touristique

L’authenticité… sans doute l’un des principaux facteurs d’attractivité de la plupart des destinations touristiques à travers le monde, une vérité non contestable, et pourtant…. L’Organisation mondiale du tourisme indiquent que la culture et l’authenticité représentent à eux seuls 40 % du tourisme international. C’est dire l’importance du patrimoine dans la construction de l’excellence d’une destination touristique… dès lors comment concilier cet amour de Saint-Martin, ce besoin d’y générer des recettes et l’absence de mesures fortes pour en préserver et valoriser l’authenticité au point de laisser celle-ci se déliter ?

Témoignage d’un touriste au retour de Zanzibar : “Je ne sais pas comment Saint-Martin parvient à survivre sur la scène mondiale des destinations touristiques si ce n’est dans sa proximité avec les USA. Je reviens de Zanzibar, je viens à Saint-Martin depuis 30 ans, et pendant que les prestations localement s’enfoncent, je peux vous dire que d’autres émergent. Les tarifs y sont trois fois moins élevés, les prestations autrement plus “actuelles” et surtout… le personnel est présent et souriant. La nature y est mise en valeur et les plages sont au moins aussi jolies que celles de Saint-Martin où l’on pense en la matière avoir une sorte “d’exclusivité”. Je continuerai mes visites saint-martinoises parce que j’y ai de la famille, mais mes vacances et mes envies de découverte, je les trouve ailleurs.”

L’environnement : un éventail d’activité et de métiers

Tout d’abord, et encore une fois, dans le domaine et localement, ce sont les préjugés qui dominent. L’emploi dans l’environnement n’est pas chasse gardée des aménageurs de rond-points ou des gestionnaires de réserve… les métiers de l’environnement se retrouvent (ou pourraient se retrouver) dans nos sociétés modernes et conscientes dans toutes les strates professionnelles.La conscience environnementale est intégrable à tous les niveaux et est génératrice de cercles vertueux qui tendent tous au “mieux vivre” dans la durabilité.

L’Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte, un nom ronflant pour une jeune institution, continue sa structuration mais est déjà en mesure de produire des données particulièrement pertinentes : plus d’1 Million d’emplois ont été comptabilisés en 2013 dans les activités de l’économie verte, en hausse de 2,2% alors que la stagnation est maître mot partout ailleurs. Plus globalement, le secteur de l’éco-activité draine génère 1,7% de l’emploi en France.

De nombreuses études, réalisées notamment par les Parcs Naturels Régionaux, se concluent de la même façon : un éco-emploi créé, sauve ou génère trois emplois induits. Pourquoi ? Parce que des filières complètes sont d’abord sauvées puis valorisées. Sans l’éco-action d’une poignée d’individus soutenue par les élus, les marais salants de Guérande ne seraient plus ! Perte culturelle, perte économique directe (emplois et produit) et perte économique majeure induite (tourisme en berne).

L’environnement, c’est surtout le point de départ de l’amour du territoire et de la citoyenneté

Sans respect des règles basiques et/ou de bon sens de respect de son cadre de vie, sans connaissance de celui-ci, aucune valorisation ou projection de celui-ci n’est possible. Alors oui, des campagnes d’enlèvement des carcasses ou de démantèlement de garages sont régulièrement menées… mais quelle mesure est concrètement prise pour élever la conscience environnementale et patrimoniale qui permettra d’éviter la récidive ? Comment inculquer à nos enfants, à leur échelle, la propreté et la protection des paysages dans toutes leurs composantes tout en tolérant que le patrimoine urbain parte en fumée, que les amas “officiels” de gravats sur des voies publiques, les entrées de ville, surtout lorsque ceux-ci sont surmontés d’un point de vue touristique, même auto-décrété ?

L’environnement est aujourd’hui une valeur vaste qui intègre culture, patrimoine, identité, technologie, éducation, développement… Sollicitée à plusieurs reprises quant aux évolutions de la loi organique souhaitées localement par les ministres de tutelle en vadrouille à Saint-Martin, la collectivité s’est même dotée d’une commission aussi ad hoc qu’étanche sur le sujet mais dont les propositions n’évoquent même pas la problématique environnementale … pourtant, voici un sujet qui, dans les textes, ne relève pas des compétences concédées en 2007 mais concédé à Saint-Barthélemy comme si le législateur avait déjà perçu à l’époque le peu d’intérêt de Saint-Martin pour ce sujet… Mais qu’en ferait-on si nous réclamions la compétence environnementale ? Quel aurait le visage de notre code de l’environnement ? Aurait-il celui de notre code de l’urbanisme ? Et plus globalement, comment sera intégré le sujet Environnement aux ambitieux programmes de tous ceux qui brandiront l’étendard de l’identité et du “Saint-Martin d’abord” et à ceux des autres aussi ?


De quels outils le territoire dispose-t-il ?

En dehors des institutions étatiques, l’action territoriale en termes d’environnement repose sur :

  • un pôle développement durable plutôt bien pourvu en terme de ressources humaines et mené par un sénateur qui, par définition, est au fait des enjeux et mesures nationaux
  • une politique environnementale inscrite dans un cadre de coopération transfrontalière actuellement clairement rejeté par la partie néerlandaise
  • un tissu associatif fonctionnel pauvre en la matière (alors le nombre d’autres associations en tous genres est inversement proportionnel à la superficie du territoire)
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