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La direction générale de la politique régionale urbaine de la commission européenne a missionné son ancien directeur, M. Jose Palma Andres, pour établir un rapport sur les perspectives de développement de la partie française de l’île de Saint-Martin.

Le plus saint-martinois des européens Ces missions menées en 2015 n’étaient pas pour José Palma Andres une prise de contact avec le territoire. En effet, présent à Saint-Martin en avril 2011 lors du 5ème comité de suivi du programme Interreg IV Caraïbes, en sa qualité de Directeur général de la politique régionale européenne, Palma Andres, à l’époque, avait validé la cohérence de la demande de Saint-Martin de bénéficier de son programme opérationnel de coopération spécifique. En effet, après avoir rencontré les autorités politiques des deux côtés de l’île et approuvé le réalisme technique des projets locaux, Palma Andres a inscrit l’existence de Saint-Martin hors Guadeloupe dans la liste des propositions faites au Conseil de l’UE dans le cadre d’une révision du Règlement relatif aux orientations de la programmation 2014 – 2020.
Au terme de deux missions effectuées en juillet et octobre 2015, M. Palma Andres a produit un document d’une soixantaine de pages qui comporte des pistes de réflexion particulièrement intéressantes pour le territoire et méritent à ce titre d’être rendues publiques. A l’instar du premier rapport de l’INSEE dédié à Saint-Martin et qui comporte en son sein une multitudes de données qui méritent ou suscitent réflexion, le St Martin’s Week fera une analyse détaillée de ce rapport afin de vous en livrer les faits marquants de manière ponctuelle tant le diagnostic posé par l’expert européen est pertinent même si ses préconisations supposent un retour à l’économie libérale et un changement de culture politique.

Extraits

“Compte tenu de son exiguïté territoriale qui empêche le développement majeur de certains secteurs d’activité comme l’agriculture, sa population croissante, la structure de l’économie basée sur le tourisme (…), les problèmes liés à l’offre de qualité de certains services comme l’eau potable, l’énergie, l’assainissement et les transports maritimes et aériens, les administrations du territoire insulaire sont condamnées à s’entendre pour se développer et éviter de couler économiquement et socialement ensemble (…). Sint Maarten prépare un Plan National de Développement avec l’aide du PNUD (Nations Unies) et de l’UE (FED) et Saint Martin possède seulement des plans et stratégies sectorielles (Plan Local d’Urbanisme, Stratégie du Tourisme ou une liste de Projets Structurants). Il lui manque pour l’instant une vraie vision stratégique de développement économique et social, une espèce de mayonnaise permettant de faire la liaison entre toutes les idées et projets d’avenir dans une perspective de création de richesse et d’emplois durables.”

“(…) l’économie de Saint Martin doit sortir de son cycle vicieux et passer à un cycle vertueux, tournant la page de la croissance stagnant, du chômage chronique, d’une dépendance chronique à l’extérieur, de l’exclusion sociale, des infrastructures et équipements manquants qui freinent le développement, d’une économie non-compétitive qui empêche ce développement et la création d’emplois durables. Il faut un traitement de choc par un ensemble d’investissements publics et privés, de mesures d’éducation et de formation, fiscales, administratives et législatives qui en synergie permettront de regagner la confiance des populations et des investisseurs dans l’avenir du territoire, tout en préservant et utilisant son environnement exceptionnel de façon intelligente.”

Du grain à moudre

Au-delà de constats bien posés sur les réalités saint-martinoises, qu’elles soient économiques, politiques, sociales ou sociétales, le rapport rendu par M. Palma Andres regorge aussi de solutions, non pas clé en mains, mais qui mériteraient d’être étudiées plus en profondeur par les décideurs, d’autant plus que le rapporteur a bien évidemment fait le travail de mise en perspective avec les priorités et les fonds européens qu’il maîtrise bien.

Ainsi, sont mises à la disposition du territoire “13 projets structurants cohérents entre eux qui devraient permettre, “selon une estimation encore préliminaire, la création de 4.900 emplois directs et indirects d’ici 2025.” A bon entendeur…

I.R.

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