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Témoignage : “Je suis en métropole depuis quelques mois, une saloperie sur le poumon découverte un peu trop tard. Trop tard parce que la maladie fait peur et qu’à Saint-Martin, on fait avec, on s’inquiète moins parce que l’on sait que l’on est loin des outils… Quitter Saint-Martin pour ailleurs, c’est compliqué. Faire face à la maladie, ça s’intalle dans le temps, jour après jour même si c’est une horreur… on suit des prootocoles avec l’impression que personne n’y comprend puisque personne ne donne de réponse claire. Mais se séparer de sa famille, de ses amis, ça ne s’installe pas, c’est soudain. Et puis il y a l’argent, trouver l’argent pour se soigner et se déplacer. Sécuriser le logement à Saint-Martin, en trouver un autre là-bas. Et la prise en charge… moi, je suis au RSI et je préfère ne pas vous dire ce que je pense de la prise en charge. J’espère revenir en février pour trois mois avant de repartir pour ce qu’ils appellent “le suivi”. En attendant, ce sont des moments où l’on prend conscience qu’à Saint-Martin, on est encore trop loin de certaines choses et notamment de ce qui peut sauver des vies.”(Ndlr : Merci pour ton courage)
C’est cette année que la Guadeloupe, et plus largement les Caraïbes, feront un pas majeur dans la prise en charge du cancer avec l’ouverture du premier centre d’imagerie moléculaire de la zone en Guadeloupe.

Il aura fallu de longs mois de mobilisation, au travers de pétitions, de négociations avec le gouvernement, de montages financiers, sur fond de discorde avec la Martinique qui aurait  bien voulu s’octroyer le monopole du sujet.

En effet, c’est dès septembre 2014 que le Conseil régional de la Guadeloupe s’est prononcé à l’unanimité pour soutenir l’acquisition d’un TEPScan et d’un cyclotron et la construction du Centre d’imagerie moléculaire de la Guadeloupe (CimGua) sur un terrain offert par la ville des Abymes. C’est dès octobre 2014 que la Conférence régionale de santé et de l’autonomie de la Guadeloupe s’est prononcée favorablement et à l’unanimité, le 31 octobre 2014, pour que le Schéma régional d’organisation sanitaire (SROS) de la Guadeloupe soit modifié en y incluant un cyclotron en complément du TEPSCan déjà prévu dans le … Schéma régional d’organisation des soins 2012-2016, schéma sur lequel nous avons pu nous pencher récemment (voir notre site internet stmartinweek.fr).

Et c’est en fin d’année que cet indispensable outil deviendra opérationnel à quelques encablures de Saint-Martin pour des territoires antillais où les décès des suites de cancers ont explosé ces dix dernières années. Cette implantation, au-delà de l’apport technologique, médical et de fait économique, représente une réelle solution vis-à-vis de la prise en charge des maladies cancéreuses, cardiovasculaires et même neurologiques. Plus d’efficacité et d’égalité en terme d’offre de soins, moins de transferts sanitaires coûteux vers la métropole (dont le coût pour l’assurance maladie était estimé à 2,6 millions d’euros en 2013), moins de déchirements familiaux, moins de fractures sociales, moins de vies mises entre parenthèses… voilà, au-delà des aléas techniques et politiques, ce que l’implantation Cyclotron – TEP Scan en Guadeloupe entend offrir aux territoires caribéens, sans même parler de l’opportunité en termes d’emplois et de qualifications nécessaires au fonctionnement de l’équipement.

En parallèle, la Martinique, qui n’a jamais abandonné ses velléités à cet égard, a signé lundi 16 janvier une convention qui “marque officiellement le lancement de l’opération d’acquisition et d’installation du Cyclotron en Martinique, qui devrait être opérationnel en décembre 2018.”

Comme tout projet de cette ampleur, et pour garantir même leur existence et leur viabilité, la clef du succès, au delà de la nécessité, de l’adhésion populaire, et du soutien des élus, réside dans la planification comptable de ces opérations… des projets à la mesure des besoins et des capacités.

I.R.


Lorsque le peuple se souvient de son pouvoir…

On a tendance à l’oublier et surtout à oublier de l’exercer mais le pouvoir citoyen existe aussi. Et il a été un des artisans de la naissance du cyclotron en Guadeloupe au travers d’une pétition qui a recueilli plus de 25 000 signatures et  à laquelle Saint-Martin a largement contribué.

En France, le droit de pétition est le droit accordé aux populations de faire une demande directe au souverain, ou au représentant de l’exécutif. Par extension, il est possible de faire une pétition envers toute personne morale disposant d’un pouvoir. 

Même sans valeur juridique, une pétition permet ainsi de mettre la pression sur les décideurs politiques et d’en influencer les décisions.

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