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Le premier tour des primaires citoyennes a bien eu lieu sur l’ensemble du territoire de la République… sauf à Saint-Martin naturellement, où visiblement les hommes de gauche, et ils sont au moins deux, n’ont su s’organiser.

Au-delà de l’exercice démocratique, les élections primaires ont une valeur de prise de pouls de l’électorat, même si celui-ci réserve parfois des surprises de dernière minute. À ce titre, celui qui s’est déplacé aux primaires de la droite et du centre d’abord, puis à celles de la gauche ce week-end, exprime de manière assez marquée une opinion universelle qui résonne dans le discours que l’on entend aussi localement depuis un certain temps : – la volonté de rupture avec un système qui a trouvé ses limites – l’envie de renouvellement de la classe politique et la défiance envers les “sortants” – le besoin d’idées, de valeurs représentatives – l’adhésion à des propositions novatrices fussent-elles “irréalisables” – le refus des choix par défaut, ou de ceux qui se croient incontournables, même au risque de nourrir les extrêmes – l’appétence pour la nouveauté, pour ce qui n’a pas encore été fait – la capacité de passer outre des mesures impopulaires ou rigoristes lorsqu’inscrites dans un cadre porteur d’avenir Ainsi, les politiques menées par des Politiques qui ont rompu le lien avec leurs électeurs semblent avoir eu raison d’un système qui n’est plus adapté aux enjeux sociétaux et économiques modernes. A l’heure où les listes, voire les programmes, tentent de se construire localement, qui saura tirer ces enseignements des scrutins nationaux et internationaux pourrait bien modifier la face des territoriales a minima…

Deux ? OUI, Louis Mussington, qui fût suppléant de l’incontournable pilier Antillais du PS qu’est Victorin Lurel et représentant du grand parti lors de la récente visite du Président Hollande, et George Gumbs, qui fût historiquement l’animateur des embryons de vie du parti socialiste localement. Il y a sans doute eu des velléités façon “Last minute” mais, puisque dans l’urgence rien de bien ne peut être fait, peut être valait-il mieux effectivement s’abstenir.

Hamon en tête

Toujours est-il qu’à l’échelle de ce vaste pays de France, c’est Benoît Hamon qui sort victorieux de ce premier tour et qui jouira en plus du soutien du candidat arrivé troisième, l’infortuné Arnaud Montebourg, laissant à Manuel Valls la place de second.

Tous les médias vous servent ces résultats amplement depuis avant hier soir, nous serons donc brefs sur le sujet et nous contenterons de dire qu’en se bornant à l’arithmétique, le candidat Hamon est en très sérieuse position pour éliminer un Valls pourtant annoncé comme l’homme fort du premier tour.

Et maintenant ?

Qu’est ce que cela signifie ou signifierait sur le grand échiquier politique national ?

Deux choses assez claires :

La droite est très à droite : depuis la victoire de François Fillon aux primaires de la droite et du centre, les votants ont clairement exprimé leur souhait de voir ce grand courant retrouver ses valeurs fondamentales et traditionnelles, à la droite de la droite. Un peu plus à droite encore, ce front national qui ne cesse d’enfler avant les élections, qui est en déficit médiatique du fait de la double primaire et que le CSA impose sur nos écrans… équité oblige.

La gauche très à gauche : c’est bien ce qu’il faut tirer de ce virage en tête à la première bouée de Benoît Hamon. Le peuple de gauche n’a au premier tour pas souhaité donner quitus à un Valls trop à droite, trop autoritaire, et qui n’est pas sans rappeler dans ses mimiques un autre grand perdant des primaires du camp adverse. Le message des votants est assez clair et exprime la volonté de voir le PS retrouver son socle de valeurs. Plus à gauche encore, le candidat Mélenchon qui n’a jamais eu autant le vent en poupe et qui depuis qu’il est passé en mode 2.0 s’offre buzz sur buzz sur la toile…

En attendant les présidentielles

Nous voilà donc potentiellement avec 4 piliers des présidentielles, ou plutôt deux paires de piliers : un duo très à droite et un duo très à gauche… imposant un grand écart électoral aux votants et offrant donc un boulevard au détonnant Macron, qui enchaîne ralliements sur ralliements et qui réinvente la voie du milieu par ses positions “anti-système français” mais très en phase avec un système mondial en mouvement que notre vieille république a du mal à suivre tant ses apparatchiks tiennent à leurs positions… c’est un peu là bas comme ici d’ailleurs ; En attendant le second tour…

IR

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