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Tous les observateurs de la vie politique locale pensaient que le Conseil Territorial du 19 janvier aboutirait à un affrontement politique, ou tout au moins à un débat d’idées plus corsé que ce que l’on a vécu, à quelques semaines des élections territoriales.

Il n’en a rien été. Ni les membres de la majorité, ni les membres de l’opposition n’ont posé les termes d’un débat ; et aucun ne s’est réellement positionné sur le fond des sujets tandis que la forme s’est limitée à une entente cordiale dont on prend acte. À peine quelques discordances rapidement balayées par des pointes d’humour connivent…

Le RSA… sujet passé à la trappe

Pourtant, à cette réunion était inscrit au point 4 de l’ordre du jour, la modification du RSA. Un thème sensible, qui peut cristalliser l’opinion et notamment les intéressés, et qui peut traduire des concepts de société différents. Car, au-delà de la simple approche financière liée à la croissance du nombre de bénéficiaires, s’impose un choix philosophique et  politique :

Quelle société voulons-nous ? Quelle est notre conception de l’organisation sociale : l’assistance, la dépendance sociale, voire le clientélisme politique ou une société où le travail, l’entreprise, l’investissement productif sont les conditions d’une société harmonieuse ?

La réduction des  inégalités ne passe par l’assistanat mais par la création de richesses et la redistribution de celles-ci. Une idée qui peut parfois échapper aux décideurs tant la gestion du quotidien sous pression de la CTC notamment transforme peu à peu les gouvernants en apprentis comptables.

Le débat sacrifié sur l’autel de l’électoralisme

Le rapport de présentation du dossier “RSA” rappelant les éléments de réflexion et de travail légitimait au moins un débat au sein du conseil territorial sur la réduction du RSA. A deux mois des élections, ces éléments sont devenus obsolètes  et seule a compté l’échéance électorale. Démagogie, quand tu nous tiens… Imaginez donc : assumer une réduction des minima sociaux alors que la campagne s’annonce ! Pourquoi pas augmenter les impôts ?!

Une VP désavouée

Le retrait de ce point de l’ordre du jour constitue enfin un désaveu de l’engagement et du travail mené par la Vice Présidente en charge de ce dossier. Certes, il y a l’échéance électorale de mars, la démagogie du verbe et les sanctions des alliances passées ou futures mais il est à espérer que la dignité de l’électeur n’est pas proportionnelle aux taux du RSA.

La solidarité n’est pas l’assistance mais le développement, l’emploi, l’investissement productif, la formation…  autant de sujets sur lesquels les candidats seront attendus, en tout cas par ceux qui pensent encore qu’il faut un programme pour gouverner.

Hors CT, le sujet est aussi absent

Pour autant aucun élu ou prétendant n’a ouvert ce débat, une posture attentiste qui confinera au brouhaha lorsque l’un d’entre eux donnera un TOP départ bien tardif, parce qu’en fait… il est plus facile de faire campagne dans la cacophonie, cela évite l’évidence du vide des idées.

Or, il aurait été intéressant voire même nécessaire que la population de Saint-Martin connaisse la position des candidats à la gouvernance et que ceux-ci fassent connaître leur conception d’une société à réformer….

Mais il ne faut pas perdre de voix, il ne faut pas prendre de risque ; rester dans la vague formulation d’un programme sans contour.

A force de maquiller ses convictions, on perd son âme… et l’on alimente l’abstentionnisme. La rédaction

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