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L’unité d’un peuple se construit à travers la connaissance de son histoire qui traduit l’identité d’un territoire.

En ce sens, SMW publiera régulièrement quelques pages de l’histoire de Saint-Martin provenant de documents issus des archives nationales. Par le prisme de l’histoire lorsqu’elle n’est pas revisitée, l’on parvient régulièrement à se décaler suffisamment pour acquérir une vue originale sur les trajectoires et les destins des territoires et, de là, à agir ou à essayer d’agir avec une plus grande conscience sur les fils des possibles.

Le premier document, et c’était bien avant la CTC, fait partie d’un ensemble de courriers et de rapports, et il porte sur les tractations entre la France et la Hollande sur le rachat de la partie hollandaise par la France.


Courrier du Ministre des Affaires étrangères adressé au Ministre de la Marine

Paris, le 23 Mai 1853

Monsieur et Cher collègue,

J’ai eu soin, conformément à la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 30 du mois dernier, d’inviter notre Ministre à La Haye à prévenir les dispositions du gouvernement néerlandais relativement à la cession moyennant indemnités de la partie hollandaise de l’île de Saint-Martin (Antilles), en évitant d’ailleurs de donner à cette ouverture un caractère officiel.

Le cabinet de La Haye s’est montré disposé à examiner cette proposition, mais les affaires nombreuses dont il est préoccupé en ce moment donnent lieu à penser qu’il ne pourra nous faire une réponse immédiate à cet égard.

Notre Ministre à La Haye m’annonce d’ailleurs qu’il ne perdra pas de vue cette affaire et qu’il compte avant peu être en mesure de nous renseigner avec exactitude sur les intentions du gouvernement néerlandais.

Agréez, Monsieur et Cher collègue, l’assurance de ma haute considération.

Le ministre


Courrier du Ministre des Affaires étrangères adressé au Ministre de la Marine

Paris, 6 juin 1853

Monsieur et Cher collègue,

Par une nouvelle lettre que je reçois de notre Ministre plénipotentiaire à La Haye, cet agent m’annonce que bien que le moment ne lui paraisse pas favorable pour entretenir le gouvernement néerlandais de la cession de l’île de Saint-Martin (Antilles), il désirerait cependant être dès à présent en mesure de pouvoir traiter cette affaire à la première occasion qui se présentera.

Il lui paraît utile dans ce but de savoir si le gouvernement impérial serait également disposé à négocier la cession de l’île de St Eustache et de l’ilôt de Saba qui pourrait devenir un embarras pour la Hollande dès qu’elle ne serait plus maîtresse de la portion hollandaise de l’île de Saint-Martin.

Je vous prie, Monsieur et Cher collègue, de bien vouloir me faire connaître votre opinion à cet égard.

Agréez, Monsieur et Cher collègue, l’assurance de ma haute considération.

Le ministre

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