Le constructeur de la Team Gibbs et son équipe auraient dû en introduction de la présentation de leur programme dresser le constat d’une crise institutionnelle, politique, sociale et économique sans précédent. Présenter un programme sans établir un diagnostic préalable démontre les limites des propositions.

Il aurait dû revendiquer ou assumer sa responsabilité dans cette crise qui dure depuis 2001.

Maire adjoint, Vice président de Louis-Constant Fleming, leader de l’opposition ou député, autant de tribunes où il aurait pu et dû faire valoir ses propositions et les conditions d’un renouveau autrement qu’en menaçant la gouvernance qui l’a pourtant construit de motions de défiance chaque fois que ses propositions n’obtenaient pas quitus. Il ne semble pas que la liste Team Gibbs ait évalué l’ampleur ni la profondeur de la crise : chômage des jeunes, insécurité et violence, dérive budgétaire, tensions communautaires… Sans oublier qu’il a été partie prenante de l’évolution statutaire et soutien actif de la réforme institutionnelle.

Quelles sont les actions menées lors de la députation et plus particulièrement sur la compensation des charges ?

Les multiples commissions qui ont travaillé, semble-t-il, sur les termes du programme, auraient dû aboutir à la définition d’un axe de développement, une ligne de travail pour la future mandature.

La présentation proposée relève à la fois de l’auberge espagnole et du self service ; chaque électeur trouvera ce qu’il a envie d’entendre ou de comprendre. Une longue litanie de propositions, sans cohérence, qui se succèdent sans axe ou sans idée maîtresse.

Quelle société voulez-vous construire ? Comment intégrer sans inclure toutes les communautés?

Quel choix de développement, comment lutter contre l’exclusion, la désespérance d’une partie de la population ? Comment réduire la fracture sociale ?

La lecture du programme ne répond à aucune de ces questions.

A titre d’exemple, en matière de développement, on nous annonce la relance de l’agriculture et l’installation d’une antenne administrative à Quartier d’Orléans dont on devine la portée et à qui profitera le projet ! Et à la suite, une seule ligne sur le développement et les particularités du numérique… court, c’est très court.

Le même examen et les mêmes conclusions peuvent être dressés sur les autres paragraphes.

L’élection de mars 2017 s’inscrit dans un choix de société, où sont actrices toutes les communautés et pas seulement le temps d’une élection !

La nouvelle gouvernance de Saint-Martin suppose un réalisme budgétaire, une véritable réforme fiscale, le soutien aux entreprises, la gestion de l’eau, la réalisation d’infrastructures, une politique culturelle, dans une société libérale, et non dans une société encadrée par l’administration qu’elle soit étatique ou territoriale.

Enfin, un programme se chiffre et se traduit en dépenses et en recettes.

Comment espérez-vous financer vos propositions, par une nouvelle augmentation de la pression fiscale ? Comment comptez-vous augmenter vos recettes avec un budget territorial exsangue ?

Il n’existe aucune réponse dans ce domaine et les candidats comme beaucoup d’autres se limitent à une exercice d’illusionnisme électoral.

Espérons que dans la campagne à venir, ce programme prenne un peu de consistance et d’ampleur, un peu de rigueur et qu’il nous fasse rêver.

En attendant d’autres programmes, ce billet d’humeur ne répond qu’à la règle du “premier arrivé, premier servi”.

JPF

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