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Il est né en Guadeloupe et y est resté jusqu’à l’âge de 8 ans avant de déménager pour la métropole avec sa famille. Il va passer toute sa jeunesse à Elbœuf (près de Rouen) dans le département de la Seine Maritime.

Très tôt, il est attiré par les sports de combat, plus spécialement le judo et la boxe mais après avoir longuement hésité, il abandonnera le kimono au profit des gants de cuir et il ne descendra plus jamais du ring.

Il y a le sport, Et puis il y a La Boxe

A 12 ans, il montre déjà qu’il possède toutes les qualités pour devenir un grand champion sans pour autant délaisser sa scolarité, puis tout va aller très vite : lors d’une évaluation, il est détecté en équipe de France et du haut de ses 14 ans, il va gravir tous les échelons. Deux années ne sont pas encore écoulées qu’il remporte déjà son premier titre de champion de Normandie dans la catégorie super-léger, d’autres suivront  et il est rapidement intégré dans l’équipe de France avec laquelle il participera à de grandes compétitions en digne représentant du drapeau tricolore : France-Allemagne, France-Suisse, France Danemark… la liste est longue et les victoires sont nombreuses.

A partir de là, plus rien n’arrête Philippe qui, à peine âgé de 17 ans va entrer par la grande porte en rejoignant le prestigieux Bataillon de Joinville, une unité militaire de l’armée Française qui accueille des appelés sportifs. L’objectif de cette école militaire était à l’origine, de former des moniteurs militaires de gymnastique, mais les limites de sa réputation seront rapidement dépassées et de nombreux sportifs de renommée internationale sortiront régulièrement de ses rangs, toutes disciplines confondues et la boxe en fait partie (NDLR : le Bataillon de Joinville a été dissous en 2002.).

Grâce à des entraînements intensifs et à une discipline redoutable, notre boxeur peut alors montrer son talent sur les rings les plus fameux comme au championnat d’Europe de 1979 en Italie où il sera demi-finaliste, rien que ça…

Philippe Arrendel est plutôt fier de son parcours et il y a de quoi. Il a pourtant un regret : c’est de ne pas avoir pu participer au championnat du monde au Japon pour lequel il avait été sélectionné, car à cette époque il était déjà marié et il a préféré rester auprès de sa femme qui venait d’accoucher.

Son ascension vers la plus haute marche du podium ne s’arrête pas là, en 1980 il est à nouveau demi-finaliste en championnat de France et il sera enfin sacré champion de France 2 ans plus tard en 1982.

La famille, la boxe et… les jeunes

Philippe Arrendel a le triomphe modeste et son amour pour ce sport reste intact, mais alors qu’il a 28 ans, qu’il est devenu boxeur professionnel et qu’un avenir prometteur se profile devant lui, il décide d’arrêter les combats pour se consacrer à une cause qui lui paraît plus utile : la formation des jeunes lui semble en effet être le chemin à suivre pour transmettre son savoir, sa technique et sa passion. Il suivra de nombreuses formations en ce sens pour obtenir le BAFA jeunes, puis le diplôme d’Instructeur Fédéral et celui de Prévôt Fédéral afin de pouvoir enseigner de façon professionnelle cette discipline qui est la sienne et qu’elle puisse se répandre dans toutes les strates de la société. Quelque chose lui tient alors particulièrement à cœur :  faire entrer la boxe  aux côtés des autres sports pratiqués dans les prisons françaises. Il y parviendra en se spécialisant comme entraîneur carcéral.

Depuis son retour aux Antilles et à Saint-Martin en 1997, il n’a de cesse de promouvoir la boxe auprès des jeunes gens à la dérive pour les remettre dans le droit chemin. Bien décidé à prouver que la pratique d’un sport permet d’y parvenir sans retour en arrière, et plus particulièrement la boxe qui canalise certaines formes de violence en évacuant cette agressivité négative propre aux jeunes de la rue ou à ceux qui à peine sortis de prison sont à nouveau tentés par des dérives faciles.

boxe et insertion

Philippe est vice-président du Comité Régional de Boxe de Guadeloupe et coach d’ABC Intersports de Saint-Martin qui compte une trentaine de licenciés. Son engagement auprès des jeunes est proche du sacerdoce, il les entraîne mais pas seulement, il les aide aussi à se sortir de leur cadre de vie parfois difficile, il n’est pas avare de conseils et reste toujours à l’écoute se considérant un peu comme leur second père auprès duquel ils viennent chercher le réconfort et le contact humain qui manque au sein du milieu familial.

Outre les entraînements traditionnels, il œuvre aussi dans le milieu périscolaire et propose des cours d’aéroboxe (un dérivé du fitness dont beaucoup de femmes sont adeptes). Pour parvenir à cela Philippe Arrendel reconnaît qu’il manque parfois de moyens. Les subventions de la Collectivité n’étant pas suffisantes, il obtient des soutiens extérieurs non négligeables comme celui d’Olivier Douce généreux donateur ou encore de champions célèbres parmi lesquels Mormeck, Girard, Asloum, Thiam, tous venus s’entraîner un jour à Saint-Martin et au milieu desquels il pose fièrement sur une photo qui trône en bonne place sur les murs de la salle, sans oublier Accariès, son préféré qui s’est montré lui aussi très généreux en fournissant  des équipements indispensables et du matériel nécessaire au bon fonctionnement du club saint-martinois.

les structures progressent

Les projets sont nombreux et certains verront le jour bientôt : le club de Quartier d’Orléans n’attend plus que sa salle, le ring mobile du boxe-tour circule régulièrement et l’organisation de galas de boxe éducative est en bonne voie.

Maintenant que la salle omnisport de Galisbay est rénovée, et même avec peu de moyens, ce n’est pas demain la veille que Philippe Arrendel raccrochera les gants et l’heure du dernier round n’a pas encore sonné !

JMC

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