Rien de surprenant puisque le risque sismique aux Antilles est le plus fort du territoire national. Un séisme de l’ampleur de celui subit en 1839 en Martinique ou en 1843 en Guadeloupe, ferait aujourd’hui des milliers de victimes.

Un séisme mineur (magnitude 3.9 sur l’Échelle de Richter) a été enregistré le dimanche 05 février 2017 à 09:28 (heure locale) et identifié de type Tectonique. L’épicentre a été localisé à 18 km au nord de Saint−Martin, à 33 km de profondeur (soit une distance hypocentrale d’environ 37 km). Ce séisme a pu générer, dans les zones concernées les plus proches, une accélération moyenne du sol de 2.1 mg (*), correspondant à une intensité macrosismique II (rarement ressentie). Suivant le type de sols, les intensités peuvent cependant avoir atteint localement l’intensité III−IV (largement ressentie). Séisme, 18 km nord de Saint-Martin (Antilles, à 33 km de prof., M=3.9, 9h28 heure locale), selon OVS
Le plan séisme Antilles mis en place par le gouvernement en 2007 a pour objet de répondre à ce risque. D’une durée de 30 ans, il se développe pour l’essentiel au travers de mesures dédiées au bâtiment et au renforcement du parasismique.

La phase I du plan (2007-2013)  fût essentiellement dédiée aux phases de diagnostics, au renforcement ou à la reconstruction selon 4 ensembles prioritaires du bâti public :

  • bâtiments et infrastructures de gestion de crise,
  • établissements d’enseignement,
  • établissements de santé,
  • logements sociaux.

Plus de 2,4 milliards d’euros ont été investis lors de cette phase, dont 1,4 milliards par l’État en incluant les constructions de nouveaux logements sociaux.

Pour autant, le rythme d’avancement des travaux reste trop faible et tous les objectifs n’ont pas été atteints notamment pour ce qui relève des écoles primaires où seuls 30 % des objectifs ont été atteints malgré une consommation de 75 % des moyens financiers prévus.

Une réévaluation des coûts suite aux phases de diagnostics amène une estimation des travaux à entreprendre sur les bâtiments publics de 5 à 6 milliards d’euros.

Ces coûts sont lourds et la santé financière des collectivités concernées ne permet pas d’y répondre.

Il est donc proposé que l’État, notamment au travers du fonds de prévention des risques naturels majeurs, accentue son engagement pour la phase II (2016-2020), avec l’objectif d’accélérer les réalisations pour mettre en sécurité plus rapidement les populations antillaises.

Le contenu de la deuxième phase a été défini dans un document-cadre “Plan séisme Antilles – Horizon 2020” (mis à disposition sur notre site internet).

Pour la période 2016-2020, l’État s’est engagé à mobiliser un montant total de 450 M€ (dont 290 M€ sur le fonds de prévention des risques naturels majeurs), soit une augmentation de 30 % par rapport à la première phase du plan, pour soutenir notamment les travaux de confortement parasismique ou de reconstruction des collectivités, des bailleurs sociaux, des SDIS et pour réduire la vulnérabilité de ses propres bâtiments.

Des objectifs partagés, clairs et chiffrés doivent être définis pour chaque action avec les collectivités, en matière de réduction de la vulnérabilité du bâti, ainsi que d’actions dites “immatérielles” de sensibilisation, de formation et de préparation à la gestion de crise. Les fonds européens et ceux des collectivités territoriales sont évidemment sollicités conjointement.

Le lancement de la deuxième phase du plan séisme Antilles a été annoncé par les ministres en charge de l’Environnement et des Outre-Mer au conseil des ministres du 27 juillet 2016.

I.R.


Le 11 janvier 1839 : Martinique, entre 7 et 7,5

Crédits photo : Ministère de l’Écologie, du Développement durable, des transports et du logement

Journée catastrophe à Fort-Royal (aujourd’hui Fort-de-France), par un temps calme et un horizon brumeux, à 5h55 du matin, “une sorte de rugissement vague et lointain, assez comparable pour l’oreille à l’effet d’une rafale sert de précurseur au fléau”, dit un compte rendu du Courrier de la Martinique. Puis, aussitôt, la terre s’ébranle dans une série d’oscillations qui, entrecoupées de courtes périodes de repos, durent pendant 25 à 30 secondes. Le séisme de magnitude comprise entre 7 et 7,5 frappe la Martinique. Deux jours après, le nombre de victimes s’élève à 261 morts et 250 blessés à FortRoyal.


Le 8 février 1843 : Guadeloupe, Magnitude 8

Source : france-pittoresque.com

Le 8 février 1843 entre 10h30 et 11h00 du matin (heures locales), une forte secousse est ressentie sur toutes les îles des Petites Antilles. Les secousses les plus fortes sont reportées en Guadeloupe et à Antigua. L’épicentre serait situé devant la ville du Moule, sur la Grande-Terre (partie orientale de la Guadeloupe). La secousse est perçue très loin aussi bien au sud à Caracas et Cayenne, qu’au nord des États-Unis. Pointe-à-Pitre est sévèrement touchée et quasiment détruite par l’incendie qui se déclenche après le séisme.


16172_Plan_seisme_Antilles_Horizon_2020-light

Commenter avec Facebook
- Publicité -

Réagir à l'article

Please enter your comment!
Please enter your name here