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Il y a encore quelques années, les pêcheurs d’Anguilla débarquaient le produit de leur pêche sur le marché de Marigot et le vendaient, moyennant le paiement d’une redevance, sans autre forme de procès.

L’époque n’est plus la même, comme a pu le constater l’un d’eux, qui a comparu hier à l’audience du tribunal correctionnel. Contrôlé une première fois en janvier 2016 par l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (ONEMA) alors qu’il transportait 170 kilos de lambis, soit 841 individus frais et congelés, il a fait l’objet d’un nouveau contrôle en octobre 2016 à la sortie du ferry d’Anguilla, alors qu’il venait vendre 13 kilos de lambis congelés.

Il a été jugé pour l’importation non autorisée de cette espèce protégée et devra attendre le 2 mars pour connaître son sort.

À la barre, il explique que ces mollusques ont été pêchés au nord d’Anguilla, dans les eaux de son île, et qu’il venait depuis 15 ans chaque mercredi et samedi les vendre aux poissonniers du marché de Marigot. Il est pêcheur professionnel et bénéficie d’une autorisation du gouvernement d’Anguilla, qui suffirait peut-être si cette île faisait partie de l’Union européenne, ce qui n’est pas le cas.

Il n’avait jamais été contrôlé jusque-là et affirme qu’il a arrêté de commercer avec Saint-Martin et se cantonne à présent à Anguilla. Le premier contrôle, en janvier, n’avait donné lieu à aucune poursuite, mais à une simple information sur l’interdiction de transporter ce type de produit. Et c’est le fait qu’il ait récidivé dix mois plus tard qui l’a conduit au tribunal.

Le procureur conçoit bien qu’il veuille travailler, mais considère que l’affaire dépasse le petit monde de Saint-Martin et que la protection des espèces concerne le patrimoine naturel mondial. Il a requis une peine d’avertissement et une amende de 2000 à 4000 euros.

Pour sa défense, son avocate a avancé qu’il n’avait pas compris ce que lui avaient dit les agents de l’ONEMA dans un mauvais anglais en janvier et qu’il pensait n’avoir rien à se reprocher lors du deuxième contrôle à la sortie de ferry. Il a promis qu’on ne l’y reprendrait plus.   

BD

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