L’affaire FILLON et les révélations successives de la presse montrent le degré de délabrement de notre système de gouvernance et de notre démocratie.

Je ne porterai pas de jugement sur les faits et sur le comportement du candidat à la Présidence de la République, qui dans le cas présent n’a aucunement dérogé aux pratiques et comportements habituels des parlementaires ou de la classe politique.

Les capacités d’accueil des hémicycles du Sénat et de l’Assemblée Nationale ne seraient pas suffisantes s’il fallait rassembler les parlementaires susceptibles d’avoir employé les membres de leur famille, leurs amis ou amies. Le système et l’acharnement médiatique manifestent  l’hypocrisie la plus totale quant à la nature des faits.

Depuis une dizaine de jours, nous subissons une déferlante médiatique, une vague  de révélations ou de pseudo-révélations de nature à ébranler la foi d’un moine trappiste.

Certes, en soulignant et rappelant les rémunérations perçues par Madame FILLON,  en calculant les indemnités accumulées sur des dizaines d’années, la somme peut paraître, dans la perception du quotidien, conséquente pour celles et ceux qui subissent le chômage, la précarité, les fins de mois difficiles..

Cette situation, ces révélations, le rôle de la presse posent avec une impérieuse acuité un autre débat, celui de notre système politique et de la démocratie à la française….

La comparaison avec d’autres pays s’impose, en nombre d’élus, en statut, en terme de rémunération.

La France compte 935 parlementaires au Sénat et à l’Assemblée Nationale, plus un Conseil Économique Social et Environnemental dont le rôle principal est de servir de refuge ou de cimetière à des éléphants. Les conseils économiques et sociaux aux différentes strates de notre organisation territoriale élaborent de multiples rapports qui terminent majoritairement aux archives.

Le Général de Gaulle, dans une vision de modernité, proposait au suffrage référendaire en 1969, la suppression du Sénat. Face à  la mobilisation des conservatismes locaux et des dinosaures politiques, sa proposition a été rejetée et il a démissionné.

Plus de quarante ans après, nos institutions n’ont pas évolué ; or, à l’heure où la maîtrise des dépenses publiques constitue une priorité politique et économique, le maintien d’un système politique archaïque, le maintien du bicamérisme et d’une pléthore de parlementaires s’imposent-ils ?

Une démocratie rénovée, une constitution adaptée aux évolutions d’une société en changement  requièrent objectivement une réforme du statut des parlementaires, la suppression du bicamérisme, en principe du Sénat et de tous les organismes satellites.

Dans la même logique, nous sommes depuis la Constitution de 1958, soumis à un régime quasi présidentiel où le Premier Ministre n’est que l’exécuteur des décisions présidentielles, en réalité, un fusible.

Cette organisation n’a plus de sens et n’existe dans aucun pays d’Europe. Les Présidents y occupent un rôle honorifique et n’interviennent que très partiellement dans la vie politique de leur pays, et dans cette composition, le Premier Ministre est le véritable responsable de sa politique. Aux Etats Unis, le Président assure ses fonctions sans intermédiaire, devant la représentation nationale.

La réforme de la Constitution et du statut de l’élu devient dès lors une ardente obligation démocratique.

La mise en cause de l’élu, le déballage continu d’informations et de révélations,  en boucle, alimente une opinion rejetant la politique et les politiques, renforce l’anti parlementarisme, conforte les partis de l’extrême et le populisme sous toutes ses formes.

Souvenez-vous du bonapartisme, du poujadisme !

Bientôt nous verrons apparaître un nouveau général Boulanger…

Le Pénélope Gate constitue une bulle médiatique qui traduit un malaise profond de notre démocratie et la rupture entre deux mondes, la prédominance du bruit médiatique, qui lâche ses chiens sans en analyser les conséquences sur l’existence et la pérennité de notre démocratie.

La meute et le bruit médiatique  nous mèneront à l’élection d’un nouveau Trump, voire d’un Erdogan qui s’inscrira durablement dans le paysage politique au détriment de ceux qui conduisent la meute.

JPF

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