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Au détour des rencontres que nous multiplions naturellement pour rester en phase avec le territoire qui mijote doucement avant les échéances à venir, nous avons eu le privilège de passer un peu de temps avec plusieurs “têtes de liste”.

Art. LO512 : Au premier tour de scrutin, il est attribué à la liste qui a recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de suffrages au moins égal au quart des électeurs inscrits, un nombre de sièges égal au tiers du nombre des sièges à pourvoir arrondi, le cas échéant, à l’entier supérieur. Cette attribution opérée, les autres sièges sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne, sous réserve de l’application du troisième alinéa.
Discussions à bâton rompus, “off record”, petit tour des dossiers à risque, confidences électorales, échanges autour des projets, des programmes et des personnes, et comme nous le faisons systématiquement, petit exercice mathématique : quel pourcentage des voix exprimées attribuez-vous à chacun de ceux qui ont volonté de se présenter ? Pure spéculation nous direz-vous… C’est vrai, mais puisque les inconnu(e)s sont si nombreux, que même les concernés s’expriment peu, et que l’électorat sait surprendre, il ne nous reste plus qu’à spéculer… Spéculons donc !

Exercice parfaitement empirique mais qui a amené le dernier candidat rencontré à la stupéfaction… voici ses chiffres :

  • 10% : L. Mussington, 985 voix
  • 13% : J. Charville, 1279 voix
  • 5% : A. Richardson, 492 voix
  • 2% : J. Vanterpool, 197 voix
  • 3% : J. Gumbs, 295 voix
  • 8% : A. Hanson (si elle se présente naturellement),  787 voix
  • 5% : H. White, 492 voix

Et Daniel Gibbs nous direz-vous ?

Et bien, nous ne lui avons pas posé la question, nous nous sommes contentés de lui additionner ses propres chiffres et d’en déduire le score de la TG2017 et vous allez voir que cela ressemble de plus en plus à un TGV2017 : 54% !

Selon l’analyse même de cette tête de liste, la victoire en One Shot de Daniel Gibbs semble écrite.

Comment cela se traduirait-il au Conseil Territorial ?

Toujours si l’on s’en tient à ces chiffres, le Conseil, selon l’art. LO512 du Code électoral, serait alors ainsi composé :

Prime à la liste : 8 sièges à la liste TG2017

Il faudra ensuite calculer le quotient électoral qui est le rapport entre le nombre de suffrages exprimés et le nombre de sièges à pourvoir, chaque liste se voyant attribuer autant de sièges que le nombre de voix exprimés en sa faveur en contient, soit :

  • 985 voix pour Louis Mussington
  • 1279 voix pour Jules Charville
  • 492 voix pour Alain Richardson
  • 197 voix pour Jeanne Vanterpool
  • 295 voix pour Julien Gumbs
  • 787 voix pour Aline Hanson (si elle se présente naturellement)
  • 492 voix pour les Grassroots

Si l’on s’en tient à 48% d’abstention en 2012 et 20 500 votants après le “nettoyage” de la commission électorale, ce quotient serait d’environ 656 et cela se traduirait de la façon suivante :

  • Louis Mussington : 1 siège
  • Jules Charville : 1 siège
  • Aline Hanson : 1 siège
  • Alain richardson : 0 siège
  • Jeanne Vanterpool : 0 siège
  • Julien Gumbs : 0 siège
  • Grassroots : 0 siège
  • Daniel Gibbs : 5314 voix, prime à la liste 8 sièges + 8

Comme nous, vous avez sans doute fait la somme de ces sièges et constaté qu’il en manque 4. C’est là qu’intervient la règle de la plus forte moyenne. Ainsi et dans cet ordre, un siège supplémentaire reviendrait à TG2017, un autre à Hope, un autre au MJP, et enfin un dernier à la liste de Madame la Présidente si toutefois elle en présentait une.

Synthèse :

  • TG2017 : 17 sièges
  • Hope : 2 sièges
  • MJC : 2 sièges
  • Aline Hanson (if…) : 2 sièges

Quoiqu’il en soit, dans le “meilleur” des cas pour cette opposition, la figure du conseil territorial, et donc le schéma d’adoption des délibérations, ressemblerait à ce que l’on a connu depuis 2007… une opposition de principe
Le CT serait donc largement dominé par la majorité TG2017, aucun des élus de l’opposition ne pourrait se prévaloir de représenter un groupe et ne pourrait donc jouir des avantages que cela induit (locaux, collaborateurs des élus etc…) et 6 personnes issues de 3 mouvements différents incapables de proximité avant les élections devraient assumer ensemble le rôle de l’opposition… autant dire qu’une belle cacophonie se prépare. Pour autant, et pour ne pas manquer de ces moyens mis à disposition par l’appareil démocratique (notons d’ailleurs que ces moyens ne font pas l’objet d’un contrôle très rigoureux depuis 2007), les 6 pourraient constituer un groupe a posteriori faisant fi de tout respect de leurs engagements respectifs passés.

Naturellement, les puristes de la politique balaieront cette analyse d’un revers de la main et à raison… mais nous tenons à porter à leur attention que ce calcul a été réalisé plusieurs fois, avec la même méthode et avec des données émanant de plusieurs candidats (qui ont tous une propension certaine à grappiller quelque pourcents en leur faveur, c’est bien naturel) et que cela ne change que très peu le résultat final ci-avant extrapolé.

Mais tout est open !

Naturellement, et puisque c’est l’adage, rien n’est fait ! On peut encore assister à la construction d’une arche de Noé large et ouverte où tous se retrouveraient autour de l’élu pour faire face à la montée des eaux, à l’apparition de la liste mulet à même d’ajouter encore un peu à la suprématie, et on peut même espérer que l’abstentionnisme qui est la première force politique de Saint-Martin, records nationaux en poche, soit mise en défaite au regard des 3 000 nouveaux inscrits. Attendons l’arrivée de la pluie…

I.R.

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