Aux États-Unis, la semaine dernière a été marquée par une vague d’arrestations et d’expulsions et malgré les protestations citoyennes et juridiques, le Président Trump poursuit le durcissement de sa politique d’immigration et promet une nouvelle version de son décret anti-immigration que la justice ne pourra contrer.

USA, tourisme à la baisse

Conséquence directe de ces mesures, dont s’inquiétait l’Organisation mondiale du tourisme au début du mois, l’industrie touristique vit une nette dégradation de l’attractivité du territoire américain, en particulier, et sans surprise, dans les pays concernés par le décret anti-immigration.

Rien de surprenant, ni dans l’application par Trump de ses promesses de campagne, ni dans l’irrespect du cadre légal de celles-ci, ni dans les effets sur la fréquentation mais l’occasion de se demander, nombrilistes que nous sommes, comment notre territoire était perçu par le gouvernement américain.

Vases communicants ?

En la matière, rien ne figure dans les textes officiels concernant Saint-Martin où Donald Trump est pourtant propriétaire. Mais en ce qui concerne Sint Maarten, la liste est (trop) longue.

Ainsi, dans le rapport 2016 sur la traite des humains que le gouvernement américain publie annuellement, Sint Maarten figure comme “une source, un lieu de transit et une destination pour les femmes, enfants et hommes soumis au trafic sexuel et au travail forcé. Les femmes et filles en provenance d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Europe de l’est et de Russie sont les plus vulnérables au trafic sexuel, y compris celles travaillant dans les maisons closes réglementées et les dance clubs avec un permis de résidence temporaire.”

Faute avouée…

Servitude pour dettes, esclavage domestique ou dans le secteur du BTP, dans les épiceries chinoises… autant de réalités locales recensées par le rapport américain et contre lesquelles, selon le même rapport, le gouvernement de Sint Maarten et celui des Pays Bas auraient mis en place des mesures permettant d’atteindre le 1er rang du classement du rapport TIP (Trafficking in Persons). Le Rang 1 s’applique aux “gouvernements ayant reconnu l’existence de la traite humaine sur leur territoire, pris en charge le problème, et qui répondent aux exigences du “Trafficking Victims Protection Act” en termes de prohibition et de punition.”

Pour parvenir à ce rang, Sint Maarten a mené en 2015 une vaste opération de lutte contre le trafic humain qui a conduit à l’interpellation de 6 suspects, au retrait du permis d’exploitation de la plus importante maison close de l’île, au sauvetage de 14 victimes de trafic sexuel et à l’identification de 35 autres victimes précédemment “employées” par ladite maison close. 15 victimes supplémentaires ont également été identifiées dans des établissements réservés aux adultes. Et la même année, un cadre réglementaire a été établi afin de lutter contre l’exploitation des femmes dans le secteur de la prostitution.

Sur le même principe qu’une peine avouée est à moitié pardonnée, on peut considérer que la perception de Sint Maarten aux Etats Unis, en ce qui concerne la traite humaine en tous cas, est négative mais pas rédhibitoire.

IR

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