Trois ans de prison ferme. C’est la peine que devra purger Shevon F., 20 ans, pour avoir braqué une supérette à Quartier d’Orléans. Et une fois encore, c’est son ADN qui a permis son arrestation.

Le 13 janvier dernier, deux individus font irruption au China City, à Quartier d’Orléans, pendant qu’un troisième acolyte fait le guet à l’extérieur. Le premier, visage masqué, menace le fils du propriétaire avec un revolver, saute sur le comptoir et fait main basse sur le tiroir caisse. Il est imité par le second, également masqué et armé d’un couteau. Maigre butin : 200 dollars et euros mélangés. Les caméras de surveillance montrent qu’il ne leur a fallu qu’une quinzaine de secondes pour commettre leur forfait et prendre la fuite. Sur les lieux, les gendarmes de la section de recherches recueillent le témoignage d’un garçon de 12 ans, qui a refusé de vendre son vélo aux braqueurs, mais indique aux enquêteurs la direction qu’ils ont prise. Non loin de là, ils découvrent un T-shirt et un bob, ainsi que l’arme à feu, abandonnée par terre.

Un mobile pathétique

Les vêtements sont envoyés au fichier national des empreintes génétiques et – bingo – correspondent à l’ADN d’un jeune homme, né à Sint Maarten en 1996, et mis en cause en 2014 dans une affaire de violence, classée par le parquet après un simple rappel à la loi. Convoqué à la gendarmerie lundi dernier, Shevon F. avoue immédiatement avoir participé au braquage et avoir détenu le revolver. Une arme tchécoslovaque de calibre 7,65, qu’il aurait récupérée après une bagarre dans la cour de son établissement scolaire de Sint Maarten. Il aurait soi-disant rencontré ses deux complices devant la porte de la supérette et ne peut donc pas donner leur identité. Quant à son mobile, il est pathétique. Sa copine de 19 ans est enceinte, ni l’un ni l’autre ne travaillent et il a paniqué en se demandant comment il allait nourrir son enfant. Ils s’étaient disputés le matin même à ce sujet et il lui a donné les 80 dollars que lui a rapporté le braquage. À la barre, il fait profil bas. C’est la plus grande erreur de sa vie, il ne recommencera jamais et reconnaît la stupidité de ses actes. Ses parents sont là, atterrés.

Le choix de l’argent facile

Dans son réquisitoire, le procureur Ohayon souligne que les braquages sont un fléau à Saint-Martin, championne de France et d’Outre-mer en 2015 avec 115 vols à main armée. Un chiffre qui a heureusement baissé de plus de moitié en 2016, avec 55 vols à main armée, notamment grâce au travail de la gendarmerie et à la politique pénale ferme du parquet. Le jeune délinquant encourt dix ans de prison. Il n’a pas de casier judiciaire, il a reconnu les faits, mais personne ne le croit lorsqu’il dit ne pas connaître les deux autres braqueurs. Les faits ont été prémédités, il était déterminé et « il a fait le choix de l’argent facile« . Une peine de cinq ans de prison dont un an avec sursis est requise à son encontre. Pour sa défense, son avocat signale qu’il est Néerlandais, qu’il aurait pu échapper à la justice française et qu’il assume ses responsabilités. Le tribunal l’a condamné à trois ans de prison ferme, à Baie-Mahault. Sa mère a éclaté en sanglots en entendant la sentence et il s’est tourné vers elle d’un air désolé, en la désignant au tribunal de la main. « Vous me montrez la conséquence de vos actes, » a rétorqué le président Égron-Reverseau, « vous avez vous-même puni votre famille en agissant de la sorte« .

B.D.

 

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