Nos territoires ultramarins n’échappent pas aux scandales financiers et c’est à Basse Terre que la vague anti-corruption a déferlé la semaine dernière lorsque la police judiciaire a investi les locaux de la Communauté d’Agglomération Sud Basse-Terre (CASBT).

L’affaire :  Une enquête ouverte en mars 2016 a révélé que “certaines entreprises bénéficiaires de marchés publics de la communauté d’agglomération finançaient les besoins personnels de certains fonctionnaires territoriaux et élus, soit directement, soit par le biais des associations ou des comptes ouverts dans des commerces. Ces instances facturaient des prestations fictives et se faisaient payer grâce à l’intervention de certains fonctionnaires territoriaux. Les fonds ainsi versés faisaient systématiquement l’objet de retraits en espèces”, Parquet de Basse Terre.
En effet, mercredi 8 février, une vingtaine de policiers de la Direction Interrégionale de la Police Judiciaire (DIPJ) ont perquisitionné, avec fracas vraisemblablement, les bureaux de la CASBT et procédé en outre de la saisie de divers documents et ordinateurs, à l’interpellation menottée de plusieurs fonctionnaires et élus.

Pire ailleurs ?

Six personnes ont ainsi été entendues par le Parquet de Basse-Terre et trois d’entre elles mises en examen dans le cadre d’une information judiciaire, ouverte pour détournements de fonds publics, association de malfaiteurs, escroquerie et blanchiment en bande organisée. À l’issue de ces mises en examen, le DGS a été placé en détention provisoire tandis que son adjoint, et l’élu René Claude Monrose ont été libérés sous contrôle judiciaire.

Cette nouvelle série d’interpellations touche l’entourage proche de Lucette Michaux-Chevry qui, le 7 janvier 2016, a été mise en examen pour détournement de fonds publics et trafic d’influence par personne investie d’un mandat électif et placée sous contrôle judiciaire. Au total, LMC a connu plus d’une dizaine de mises en examen mais elle n’a jamais passé une seule nuit en prison.

Et pourtant si proche de nous !

Vu d’ici, dans un contexte où les luttes politiques historiques entre le clan LR Chevry-Penchard et celui du socialiste Lurel sont légion et passent souvent par la case Justice, on aurait tendance à vouloir classer cette affaire dans la rubriques “Faits divers” ou se satisfaire du constat selon lequel “c’est pire ailleurs” ; sauf que… des sources proches du dossier affirment que le DGS étant passé aux aveux, d’autres interpellations devraient rapidement suivre et concerner aussi le personnel de la ville de Basse-Terre. Or, au-delà de nos anciens liens institutionnels, notre intérêt pour le chef lieu guadeloupéen reste nourri par la présence là-bas de personnels administratifs bien connus ici et détachés sur le territoire papillon.

Qu’on se le dise, que ce soit en métropole, à Saint-Martin, où en Guadeloupe, les échéances électorales semblent accélérer le rythme de la justice et accentuer la contrainte de transparence.

IR

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