Combien d’armes à feu circulent-elles sur l’île? Grand mystère. Quatre de moins en tout cas depuis hier, avec la confiscation de trois pistolets Glock et d’un revolver Smith et Wesson par la justice. Les trois porteurs d’armes ont été condamnés à de la prison ferme par le tribunal correctionnel qui siégeait en audience collégiale.

Le bracelet électronique pour remplacer la prison Comme le président du tribunal en a informé les condamnés, ils pourront rencontrer le juge d’application des peines afin d’aménager leur courte peine de prison, notamment par le port d’un bracelet électronique. Ce bracelet, à l’allure d’une grosse montre et dont il est théoriquement impossible de se défaire, est placé à la cheville de la personne. Il peut se dissimuler sous le pantalon et il est possible de se doucher avec. Un boîtier fixe est installé au domicile du condamné, l’appareil étant paramétré avec les heures de sortie fixées par le juge. Si le condamné et son bracelet ne sont pas signalés à cette base aux heures prévues, une alarme en informe immédiatement qui de droit.
Dans le premier cas, les gendarmes de la section de recherches ont découvert deux revolvers Glock semi-automatiques et leurs deux chargeurs, avec respectivement 17 et 15 cartouches. Tout ce matériel, enveloppé dans des chaussettes, était caché dans le réservoir vide de toilettes, chez une femme de Quartier d’Orléans dont la famille connaît des démêlés avec la justice.

Les militaires perquisitionnaient dans le cadre d’une enquête ordonnée par le parquet de Bobigny et la dame ignorait la présence de ces armes chez elle. L’analyse de l’ADN trouvé dans les chaussettes a permis de mettre un nom sur leur propriétaire, né à Saint-Martin en 1993, déjà inscrit au fichier national des empreintes génétiques et hébergé par la personne en question.

À la barre, il explique qu’il a simplement voulu rendre service à « quelqu’un de Sint Maarten », qui lui avait confié son attirail et devait passer le reprendre. Mais il n’a pas donné le nom de ce mystérieux individu et ne convainc personne.

Ces armes, de catégorie B, sont les mêmes que celles utilisées dans les vols à main armée, les règlements de compte et les meurtres commis sur l’île. Leur acquisition, détention ou cession par un primo délinquant peuvent être punies de 75 000 euros d’amende et cinq ans de prison.

Il a été condamné à un an de prison, dont six mois avec sursis. Il lui est également interdit de détenir ou transporter une arme pendant quinze ans.

Un an de prison ferme

La deuxième affaire part d’un contrôle routier. Le 10 avril 2016 vers 2 heures du matin, les gendarmes font signe à trois véhicules roulant à vive allure de s’arrêter au rond-point d’Agrément. Deux de ces voitures arborant le même numéro de plaque d’immatriculation de la partie hollandaise, les militaires procèdent à leur fouille… Et tombent sur un revolver Smith et Wesson, dans un sac, sous le siège du conducteur. Le conducteur en question – qui accessoirement n’a pas de permis de conduire – est alors placé en garde-à-vue. Il explique aux gendarmes qu’il se rendait avec ses copains dans un lieu de fête à Sandy Ground et reconnaît qu’il est le propriétaire de l’arme, sur laquelle on retrouve d’ailleurs l’empreinte de son pouce. Né en 1986 à Saint-Martin, A.A. n’est pas un enfant de choeur. Il a passé deux ans et demi en prison entre 2012 et 2014 pour violences aggravées et n’a aucune envie d’y retourner. Questionné par le président Égron-Reverseau, il change de discours et prétend que l’arme ne lui appartient pas. Mais c’est trop tard, l’enquête est terminée. Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet en le condamnant à un an de prison ferme et à l’interdiction de détenir ou de transporter une arme pendant quinze ans.

Pour se défendre de quoi ?

C’est également à l’occasion d’un contrôle routier que la dernière arme a été découverte. Le 3 juillet 2016, sur la route de La Savane, les gendarmes s’aperçoivent qu’un jeune conducteur porte une arme à la ceinture. Il n’a pas de permis de conduire, faisait partie du groupe de jeunes gens contrôlés dans l’affaire précédente et se rend au même endroit à Sandy Ground.

Lors de sa garde-à-vue, il explique qu’il a acheté cette arme 1 600 dollars à Sint Maarten « pour se défendre ». De quoi? Lui demande le président, mais sans recevoir de réponse crédible.

Le tribunal l’a condamné à un an de prison, dont six mois avec sursis, ainsi qu’à l’interdiction de détenir ou de transporter une arme pendant quinze ans.  

BD

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