Les fonctionnaires et le poids de la fonction publique sont au coeur de la campagne présidentielle. En outre-mer en général, et à Saint-Martin en particulier, les fonctionnaires sont aussi régulièrement stigmatisés : trop payés, trop privilégiés, trop nombreux…

FONCTIONNAIRE Etymologie : de fonction, venant du latin functio, accomplissement, exécution. Pour autant, la définition de fonctionnaire n’est pas “qui fonctionne ou exécute” mais “personne employée dans une administration publique et qui y exerce une fonction permanente”. À la fin de l’année 2014, la fonction publique emploie 5,6 millions d’agents en France, soit 84 agents pour 1 000 habitants et 21 % de l’emploi total.
Mais les réalités sont trop diverses pour en faire une vérité générale et il convient d’étayer l’analyse avant de jeter au bûcher tous ceux qui assurent une mission de service public.

En effet, dans un cadre global de décentralisation encore plus exacerbé pour Saint-Martin du fait de l’acquisition de son autonomie, les transferts de compétences allouées aux collectivités impliquent une adaptation du personnel aux nouvelles missions à exercer.

Ainsi, à Saint-Martin où le passage en COM n’a pas été préparé au niveau de la formation du personnel non plus, ce n’est qu’en novembre 2007 qu’un organigramme intégrant les nouvelles compétences (au total, 38 nouveaux métiers) a été présenté ; organigramme pour lequel les recrutements nécessaires n’ont été effectifs qu’à partir de 2008. Ajoutons à cela l’héritage de la dernière mandature municipale traduit en florilège de titularisations à l’aube de la nouvelle COM et l’on se retrouve avec 43 services municipaux maintenus + une dizaine de nouvelles directions créées… Notons, à cet égard, qu’au regard des compétences transférées,  certains services manquent encore, tout comme la Collectivité manque de cadres tandis que les agents de catégorie C (les moins qualifiés sur l’échelle administrative) continuent d’être embauchés… Au résultat, l’efficience des services de la COM, que l’on entend régulièrement stigmatisée, repose en fait sur un nombre insuffisant de fonctionnaires.

Ah ! on vous voit déjà monter sur vos grands chevaux et brandir le glaive d’une nécessaire réduction du nombre de fonctionnaires, à coups de “il faudrait tous les licencier !” comme si la fonction publique n’était pas très bien encadrée et comme si cette réaction n’était pas empreinte, avouez-le, d’une pointe de jalousie propre à ceux qui ne jouissent pas de la sécurité de l’emploi… Mais, en réalité, si sur le plan national, ce débat ne sert qu’à alimenter une polémique aussi irréaliste qu’électoraliste ; à l’inverse, sur le plan local, aucun candidat ni élu ne prétendra toucher à une pyramide administrative représentant plus de 1 200 électeurs, sans compter leurs familles.

Par contre,  parce que l’on préfère les analyses abouties, ne serait-on pas en droit de se demander si les effectifs départementaux, régionaux ou nationaux s’allègent proportionnellement et effectivement des postes nécessaires créés à l’échelon local pour assumer la gestion décentralisée et les transferts de compétences ?

IR

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