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Ils se sont rencontrés sur Badoo, comme peuvent le faire près de 300 millions d’inscrits sur ce réseau social.

Le seul problème est qu’elle est âgée de 11 ans et lui de 26. Et qu’il lui a envoyé une photo de la partie la plus virile de son corps, en lui tenant sans équivoque des propos généralement réservés aux adultes.

Fin octobre 2015, une mère dépose plainte à la gendarmerie après avoir découvert sur le téléphone portable de sa fille de 11 ans qu’elle échangeait avec un certain Roméo, qui lui avait envoyé une photo de son pénis et clairement proposé de l’initier aux caresses buccales.

La fillette est entendue par les gendarmes, auxquels elle explique qu’elle a reçu par internet une proposition de s’inscrire sur Badoo, un réseau social axé sur les rencontres. S’est-elle inscrite depuis le téléphone de sa mère? C’est possible, son profil apparaissant avec le nom et l’âge de cette dernière, qui a 52 ans.

Elle reçoit rapidement une invitation de Roméo, qu’elle accepte, avant de l’aiguiller sur What’s App, application sur laquelle ils vont échanger entre le 28 et le 30 octobre 2015. Il lui demande en quelle classe elle est. En sixième, ce qui signifie qu’elle a 11 ou 12 ans. Il lui demande une photo de ses seins, qu’elle lui envoie, puis de son sexe, et là elle refuse. Il lui envoie de son côté une photo de son sexe, puis une photo de lui tout habillé, dans les toilettes. Il lui propose de lui sucer la chatte, et elle dit aux gendarmes ne pas comprendre ce qu’il veut dire. Il lui demande de le rencontrer sur le pont de Grand-Case, mais elle n’y va pas. Les échanges auraient pu continuer longtemps si sa cousine n’avait pas découvert la photo en question au milieu d’autres photos, lors d’une fête de famille.  

« Il pensait qu’elle avait 16 ans et savait donc qu’elle était mineure »

Les gendarmes retrouvent rapidement le Roméo en question, 26 ans, marié, deux enfants, prévenu pour corruption de mineure, pour avoir entretenu des échanges écrits et des photos à caractère sexuel avec une fillette de 11 ans.

Il a comparu à l’audience du tribunal correctionnel, jeudi 23 février. « Je ne l’ai pas cru quand elle m’a dit qu’elle avait 11 ans. Son profil affichait 52 ans et il faut avoir 18 ans pour s’inscrire sur Badoo. Je pensais qu’elle avait entre 16 et 18 ans« .

« Ça vous arrive souvent d’envoyer des photos à des femmes alors que vous êtes en couple et avez une famille ? » s’enquiert le président du tribunal. Il s’était inscrit sur ce site à un moment où il avait des problèmes avec sa femme, avec laquelle il assure que tout va mieux aujourd’hui.

L’avocate de la partie civile demande comment une enfant si jeune peut se retrouver sur un site réservé aux adultes et estime que « Roméo » aurait dû tout arrêter dès qu’il a eu un doute sur son âge. Elle demande 1000 euros de dommages et intérêts pour le préjudice.

Le procureur Ohayon rappelle que l’homme est poursuivi pour corruption de mineure et souligne qu’envoyer à une jeune fille la photo de son sexe est un acte obscène, comme l’est le fait de lui proposer de lui sucer la chatte. « Il pensait qu’elle avait 16 ans et savait donc qu’elle était mineure » ajoute-t-il.

Il demande 4 à 6 mois de prison avec sursis et son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Pour l’avocat de la défense, son client n’est coupable que de cyberflirt : « Il n’a pas en vue la perversion de la jeunesse, mais uniquement la satisfaction de ses pulsions. Ne faisons pas de lui un cyberpédopornographe« . Et il ajoute que « c’est un comportement de garçon de montrer sa zigounette pour voir qui a la plus grosse » et qu’il n’y a pas de mise en scène obscène de la photo.

Le jugement a été mis en délibéré au 30 mars.   

B.D.

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