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Jules Charville, vous avez présenté votre liste en fin de semaine dernière, en quelques mots comment la caractériseriez-vous ?

Notre liste marque avant tout la rupture. Je sais que je ne suis pas celui de la liste qui incarne cela, mais puisque vous étiez à la présentation, vous aurez constaté que l’essentiel des membres de Generation Hope représente le renouveau. Bien sûr, il y a quelques piliers qui sont le présent et qui apportent leur expérience mais la jeunesse de notre liste n’est pas à démontrer. C’est parce qu’elle a cette caractéristique que les idées présentées sont avant-gardistes, novatrices. Je ne voudrais pas non plus que l’on dérive vers un certain “jeunisme”, Generation Hope est une liste jeune mais ses membres sont des gens qualifiés, actifs dans leurs métiers et c’est avant toute chose la compétence qui est notre caractéristique. Comment parler d’éducation, d’emploi, de sécurité, d’urbanisme ou d’Europe si dans l’équipe le sujet n’est pas maîtrisé ?

Au Saint-Martin’s Week, nous avons retrouvé dans votre meeting de présentation l’enseignant que vous avez été. Pouvez-vous nous confirmer que l’essentiel du programme a été réalisé par vos colistiers, sous votre supervision bien sûr ?

Evidemment, je ne peux être compétent partout même si ma connaissance du conseil territorial et de la collectivité me permettent d’être transversal et d’assumer une vision globale.

En outre, je souhaite ardemment transmettre et fédérer toutes les compétences disponibles pour mettre en oeuvre un projet pour Saint-Martin. Vous le savez, je l’ai souvent dit, mon ambition première n’était pas d’être élu ou un homme politique. Ma quête permanente a été et  est de participer à la construction de ce territoire et d’amener autant d’hommes et de femmes que possible à le faire également. Alors il est vrai que j’ai constitué un groupe dont je suis fier et à qui je n’ai aucun mal à laisser la place à mes colistiers dans les domaines de compétences qu’ils maîtrisent. Les résultats sont là, le programme est prêt et il est le fruit d’un consensus de groupe.

Vous savez, la notion de groupe en politique est quelque chose de souvent éphémère et je sais bien de quoi je parle. Avec génération hope nous travaillons depuis plus d’un an et nous avons appris à travailler ensemble et à intégrer les nouvelles volontés et compétences. C’est comme cela que l’on construit un groupe, c’est comme cela que l’on crée la confiance parce que s’il y a bien une chose que je ne souhaite pas à la Collectivité de demain c’est d’être déstabilisée par l’explosion de la majorité comme cela a pu être le cas durant la première mandature ou par un manque de cohérence de groupe comme durant la seconde.

C’est un peu inaccoutumé après vous avoir connu plutôt esseulé au conseil territorial de voir à quel point Hope a su être fédérateur. Où êtes vous allé convaincre vos colistiers de vous rejoindre ?

Vous savez, on oublie un peu trop souvent que l’objectif principal d’une Collectivité et donc des élus qui la gouvernent est d’assumer avant toute chose l’ensemble des services publics. Si vous avez bien observé notre liste, un certain nombre de ses membres est issu de l’administration ou des services. C’est parce que nous pouvons faire valoir la technicité nécessaire dans ces secteurs que nous garantissons à la population demain de savoir et de pouvoir assumer ces services. Alors, je sais que vous avez déjà alerté plusieurs fois les listes des contraintes d’incompatibilité pesant sur les candidats et je sais que certains de nos membres auront un choix à faire lorsque nous serons élus, mais ils le savent aussi.

Mais la liste dispose aussi de personnes issues de la société civile et qui sont reconnues pour leurs qualités. Et je suis assez fier et confiant du résultat et d’avoir su convaincre des gens dont pour la plupart c’est le premier engagement en politique.

Vous avez présenté les grandes lignes de votre programme sur lesquelles vos commissions avaient manifestement travaillé. Quelles sont celles qui vous semblent urgentes et les avez-vous chiffrées ?

Toutes les mesures présentées vendredi ont présentent un caractère d’urgence que ce soit la mise en place d’une offre universitaire post-bac ou la réhabilitation d’hôtels existants, le développement de notre port de commerce, la formation de fonctionnaires, la redynamisation RÉELLE de Marigot…

Le meeting de vendredi avait pour objectif de présenter les grandes lignes uniquement mais nous avons bien entendu développé chacune d’entre elles même s’il est difficile de les chiffrer avec exactitude et d’en mesurer clairement la faisabilité tant que l’on ne sera pas en place, au sein de l’exécutif. Car, vous savez, on peut être élu et tenu à l’écart des affaires, ne recevoir que les informations obligatoires et superficielles. Vous l’avez vu, j’ai fait le choix de m’appuyer sur des techniciens, de gens issus de l’administration aussi ; c’était un moyen de garantir que nos projets se posent dans un cadre réaliste et maîtrisé car souvent la bonne volonté et la détermination ne suffisent pas.

Vous avez choisi une présentation en anglais, avec une traduction en français. De même, votre programme sera disponible dans les deux langues. Est-ce que cette communication bilingue avec visiblement une préférence pour l’anglais est un choix délibéré, une préfiguration de votre mandature si vous accédez à la gouvernance  ?

L’anglais est historiquement la langue des saint-martinois, le français nous a été imposé par l’administration et encore aujourd’hui, de nombreux saint-martinois n’ont pas accès à certains services et démarches par manque de maîtrise de la “langue officielle.” Le message et l’action de Generation Hope s’adressent aux saint-martinois, à tous les saint-martinois, nous voulons leur donner les moyens de se réapproprier leur territoire que ce soit par l’accès à la fonction publique que nous allons leur faciliter ou au travers de l’enseignement pour lequel nous réformerons la méthode de recrutement par exemple. De même, nous avons comme projet la mise en place d’un logiciel de suivi des jeunes saint-martinois à l’étranger afin de pouvoir orienter leurs choix de carrière et les contacter en fonction des besoins du territoire.

Vous l’avez compris, la discrimination positive est un élément fort de notre projet non pas pour exclure mais pour revaloriser Saint-Martin. En ce sens, nous avons aussi l’intention de créer de nouveaux symboles propres tels que notre drapeau, de nouveaux jours fériés et célébrations locales.

Donc oui, l’usage de l’anglais est un choix délibéré, qu’il soit première langue ou seconde langue, c’est un atout majeur du territoire, et c’est un signe fort. Comme vous avez pu le constater cette langue était la plus adaptée au public présent vendredi. Nous ne tournons pas pour autant le dos au français ni à la République, bien au contraire mais il est nécessaire que la Collectivité de demain soit accessible à tous dans toutes ses démarches et formalités.

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