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Julien Gumbs, vous êtes candidat en tête de liste aux élections territoriales pour la première fois, votre liste est réputée complète là où beaucoup pensaient que vous ne parviendriez pas à ce point de votre engagement. Pourquoi avoir cette fois choisi d’assumer cette candidature et en quoi est-ce si compliqué de trouver des colistiers ?

Bizarrement, c’est une réflexion que j’ai souvent entendue !?  Effectivement je suis pour la première fois tête de liste à une élection, bien que j’aie été régulièrement colistier depuis 2001. Cette décision est le fruit d’une longue réflexion et analyse de la situation politique de l’île. Puis une fois la décision prise de se mettre en avant, on se prépare à cela, diagnostic, émergence d’idées, partage de celles-ci et la création de l’environnement d’expression. C’est exactement ce qui s’est passé au sein du MOCSAM et c’est en qualité de groupe que nous avions déclaré notre candidature en Octobre dernier. Ce n’est que par la suite que Julien GUMBS est entré officiellement en qualité de tête de liste sélectionnée par le mouvement.

C’est en cela qu’il fallait se préparer, non pas pour s’imposer, mais pour répondre présent quand les collègues auront choisi de t’accorder leur confiance. Être candidat tête de liste n’est pas une mince affaire car la responsabilité de la constitution d’une liste vous incombe et ce n’est pas facile pour plusieurs raisons, trop nombreuses à énumérer ici, mais avant tout il faut de la détermination. Notre avantage résidait certainement dans le fait d’avoir un programme clair et construit et ne pas être dans la généralité qui n’engage que ceux qui y croit encore.

Vous avez présenté votre liste le 24 février dernier. Comment l’avez-vous construite ? Quel est le liant des hommes et des femmes engagés avec vous ? Comment la qualifieriez-vous ?

Notre liste est homogène, nous avons des personnes mûres d’esprit et des plus jeunes, tous engagés de façon diverse dans la vie de tous les jours. Il s’agit surtout de personnes de confiance à qui des tâches importantes seront confiées et parmi lesquelles l’esprit de groupe est primordial. Le liant, pour reprendre votre expression, sont les valeurs communes que nous partageons au travers du programme présenté et de l’appartenance au Mouvement Citoyen Saint Martin.

Au regard des programmes de plusieurs des listes candidates et de l’histoire politique de ceux qui les composent, nombre d’électeurs ne comprends pas la multiplicité de ces listes. Comment la vivez-vous à votre niveau ? Comment expliquer votre incapacité à vous fédérer pour proposer une offre électorale moins dispersée ?

La principale motivation du MOCSAM à se porter candidat aux élections c’est justement la pauvreté de l’offre et l’absence d’idées, d’innovations. Sans pointer du doigt qui que ce soit nous avons tenté des regroupements mais il doit avant tout être au profit de Saint Martin et sa population en portant d’abord une réflexion commune et une fois le programme approuvé, on procède au choix de la tête de liste en permettant aux prétendants de s’exprimer et décliner leur atouts pour cette mission et c’est au groupe constitué de faire son choix. Mais nous sommes malheureusement encore trop ancrés dans une compétition d’egos contre productive.

Toutefois j’encourage et j’acclame ceux qui ont osé défier les candidats traditionnels car nous avons besoin d’un renouvellement de la classe politique devenue trop clientéliste et à court d’idées. En ce sens la multiplication des listes ne me gène pas, cela obligera l’électeur à faire preuve de discernement et à porter une plus grande attention au contenu des projets et non aux relations ou appartenances à une classe sociale du ou des candidats.

Vous avez listé un ensemble de mesures particulièrement pragmatiques là où beaucoup de candidats se contentent d’idées, parfois grandes, mais surtout très floues. Est ce que cela signe votre intention de rupture ?

La rupture est le maître mot au MOCSAM, notre candidature a été collective et par la suite est intervenu le choix de a tête de liste. Nous avons d’abord élaboré un programme suite à nos échanges et réflexions aux problématiques du territoire, et j’insiste sur le mot programme car ce n’est pas le recensement de ce qui ne va pas et dire que nous allons le corriger. Nous sommes responsables et sérieux, nous proposons des solutions que nous pensons efficaces car nous avons eu suffisamment de temps pour ne pas venir se moquer des citoyens en leur demandant de nous faire confiance pour que nous commencions à réfléchir à des réponses aux problèmes.

Nous nous engageons à une gestion sérieuse et désintéressée dans l’intérêt général, Saint Martin a énormément d’atouts et nous comptons les mettre en valeur, qu’ils soient humains ou matériels.

Depuis votre opposition à la taxe routière en 2008, vous êtes plutôt identifié comme un contestataire, un militant de l’action forte. Par exemple, vous avez demandé vous-même à la population de cadenasser l’hôtel de la Collectivité si elle n’était pas satisfaite de votre action, une fois élu. Comment concilier la virulence de ces positions “anti-système” avec la volonté briguée de gouverner ce système ?

Ne vous méprenez pas, un gouvernement, quel qu’il soit et même les dirigeants de la collectivité, n’est que la représentation de ceux qui lui ont confié le mandat, c’est-à-dire le peuple, ainsi si le mandataire n’est pas satisfait du mandant il est en droit de le faire savoir et même de lui ôter le mandat ! Nous pensons avoir été clairs. Oui j’ai dû me mettre en avant des certaines conditions, mais c’est justement pour défendre l’intérêt général et faire savoir aux élus de l’époque  dont certains sont toujours là, qu’être élus ne donne pas le droit de faire ce qu’on veut, il faut être sérieux et respectueux de tous les citoyens sympathisants ou pas. Oui je répète ce que j’ai dit lors de notre conférence de présentation de la liste, “je souhaiterai avec la confiance des électeurs, non pas une citoyenneté silencieuse, mais active et qu’elle vienne manifester et cadenasser l’hôtel de la Collectivité si elle estime que nous ne nous occupons pas correctement de ses affaires”.  En début d’année le MOCSAM a adressé un message d’audace pour 2017 et nous voudrions aussi en être exemplaire, c’est ce qui s’appelle être audacieux !

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