Temps de lecture estimé : 4 minutes

A l’orée des élections, des appels au vote blanc se font entendre, y compris localement et au point d’avoir son candidat aux présidentielles en la personne de Stéphane Guyot.

Entre ceux qui disent que plutôt que de voter blanc, il vaut mieux s’abstenir et ceux qui pensent que voter blanc revient à favoriser la majorité, quelques explications semblent nécessaires.

Ne pas confondre vote blanc, vote nul et abstention

Le vote blanc consiste à déposer une enveloppe vide dans l’urne afin de signifier un refus de choisir entre les candidats en lice.

Le vote nul comprend les bulletins annotés ou déchirés, certains par maladresse ou ignorance sans vouloir nécessairement signifier d’opposition.

L’abstention consiste à ne pas se rendre aux urnes, soit par désintérêt pour le scrutin ou la politique, soit pour marquer son refus de l’offre électorale. L’abstention qui bat des records à Saint-Martin pose en filigrane la question de la légitimité du pouvoir politique élu ou du choix fait (dans le cadre des référendum) avec une faible participation.

Ok, mais concrètement, quelle différence ?

LOI n° 2014-172 du 21 février 2014 visant à reconnaître le vote blanc aux élections Les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés au procès-verbal. Ils n’entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés, mais il en est fait spécialement mention dans les résultats des scrutins. Une enveloppe ne contenant aucun bulletin est assimilée à un bulletin blanc.
Depuis la loi du 21 février 2014 visant à reconnaître le vote blanc aux élections, les bulletins blancs sont décomptés séparément des votes nuls et annexés en tant que tel au procès verbal.

Le vote blanc est donc désormais reconnu comme un acte citoyen différent de l’abstention en cela que l’électeur s’est déplacé pour exprimer son refus de l’offre électorale proposée.

L’objectif du législateur était ici double :

  • faire diminuer l’abstention
  • évaluer l’ampleur du phénomène : un vote blanc majoritaire appellerait (normalement) à une sérieuse remise en question des résultats.

Et… en termes de résultats ?

Au dépouillement les bulletins blancs et nuls sont décomptés de l’ensemble afin de déterminer le nombre de suffrages exprimés. Les votes blancs ne représentent donc qu’une indication, ils n’ont pas d’impact sur le résultat du vote puisque la majorité s’entend “des suffrages exprimés.”

Il s’agissait là sans doute de circonscrire les risques de ne pas avoir de vainqueur. En effet, imaginez une élection au scrutin majoritaire où les votes blancs arriveraient en tête…

Ainsi, dans la pratique, l’électeur qui vote blanc ou nul s’incline devant ce que les autres électeurs expriment.

Alors… ça sert à qui ?

Mathématiquement, puisque les élections restent des maths, voter blanc ou nul ne permet pas de désigner un vainqueur, ni n’alimente directement quelque pot d’un autre candidat.

Par contre, dans les faits, en ne remplissant pas son bulletin, l’électeur protestataire offre indirectement un plus grand pourcentage de voix aux partis les plus plébiscités. En effet,  moins il y a de votes exprimés, plus les bulletins “réguliers” pèsent dans le pourcentage total des voix et donc dans la répartition des sièges.

En fait, se taire ou protester revient à offrir plus d’espace à celui qui s’exprime dans les règles…

Attention ! Voter blanc n’est pas si facile… (Surtout à Saint-Martin…)

Depuis la loi de février 2014, pour voter blanc, il suffit de glisser dans l’urne une enveloppe vide. Si les électeurs le souhaitent, ils peuvent aussi déposer une enveloppe contenant un bulletin blanc. Toutefois, ces bulletins blancs ne sont pas mis à disposition par les bureaux de vote. Les électeurs doivent donc fabriquer eux-mêmes leur bulletin blanc, en prenant soin de respecter les dimensions au risque de le voir déclaré nul.

Commenter avec Facebook

1 commentaire

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.