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C’est en substance ce que l’on aurait tendance à ressentir, pour peu que l’on parvienne à se soustraire au brouhaha sociétal, en observant nos élus en devenir ou en poste s’accrocher au pouvoir ou à la promesse de pouvoir, que ce soit dans nos sphères locales infiniment petites ou par le biais des fenêtres sur l’infiniment grand que sont les télévisions ou les réseaux sociaux.

Car il faut bien le reconnaître, là où d’aucuns sont en quête du secret de l’alchimie, de ce qui permet de transformer le plomb en or, la politique sait depuis longtemps opérer cette sublimation : un être lambda, élu par le peuple, assemblage de lambdas, accède à un statut social qui n’a plus rien à voir avec l’humanité mais semble bien directement inspiré du divin.

L’objet n’est pas ici de se pencher sur le bien fondé des mécaniques réactionnelles qui se mettent spontanément en place au cœur de nos sociétés pour interdire tout changement trop saillant. On pourrait s’interroger effectivement sur cette soudaine célérité de la justice qui semble vouloir faire trébucher le ou la candidate, ou même sur le poids des médias qui semblent découvrir à l’aube de l’échéance des pratiques pourtant séculaires même si peu glorieuses.

Il s’agit en fait ici de porter le regard sur ces hommes et femmes qui, pourtant nés libres et égaux, accèdent à ce niveau d’ambition qui contraint à l’hypertrophie de l’ego au point de ne plus être à même d’accepter de redevenir un lambda… au point de nier ou de masquer la maladie comme a pu le faire François Mitterrand ou de refuser le bras armé de la justice. Obtenir un quitus populaire, même tout à fait partiel et surmédiatisé, permettrait de se soustraire aux juges et pourrait même visiblement avoir des effets curatifs sur la maladie… la part de divin du scrutin…

Non, définitivement, l’homme élu par le peuple et ses comportements ne sont dès lors plus dictés par la raison mais par quelque chose de plus grand, la particule de Dieu qui est en lui sans doute… ou, peut être de façon plus terre à terre et moins mystique, n’est-ce que du jusqu’au boutisme et du refus d’un retour à une certaine normalité moins gratifiante… la Vème République serait-elle vraiment si large avec ses élus qu’ils ne puissent plus accepter de redevenir autre chose, l’immunité est-elle devenue une nécessité pour pouvoir Présider ?

IR

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