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Contrairement à la majorité, vous avez maintenu votre ligne et votre groupe entre les échéances de 2012 et 2017. Vous semblez aujourd’hui faire campagne seul et à part, c’est un peu Vous et les autres, vu de l’extérieur. Partagez-vous ce sentiment ?

L’Union pour la Démocratie mesure et partage l’exaspération de la population face à la politique des belles promesses et à la gestion des affaires publiques à la petite semaine. L’absence d’un véritable projet de société pour Saint-Martin, l’impréparation des élus, les batailles d’ego… : voilà qui explique en grande partie la situation inquiétante qui est celle de notre Collectivité aujourd’hui.  Aussi, à l’UD, avons-nous travaillé pendant des mois à l’élaboration d’un véritable projet de société pour Saint-Martin. Un projet, avec le développement économique comme axe prioritaire, dont les grandes lignes sont présentées dans notre programme politique, en ligne sur notre site Internet depuis plusieurs semaines.

Ce projet a fédéré l’UD et a fait naître la Team Gibbs 2017. J’ai la chance d’être entouré de femmes et d’hommes honnêtes, impliqués et compétents. Notre équipe est très entourée et sur le terrain, je ressens une belle émulation et un fort enthousiasme autour de notre projet. Et cela nous réjouit parce que nous voulons remporter l’adhésion du plus grand nombre pour réussir la bataille du redressement de Saint-Martin, laquelle ne pourra se jouer que collectivement.

Alors, j’ignore s’il y a “nous et les autres” comme vous l’avancez, mais si vos lecteurs ont compris que nous sommes prêts, c’est que notre message est clair.

Parce que je lis régulièrement, dans vos colonnes notamment, des appels à l’abstention ou des éditoriaux induisant que se rendre aux urnes est finalement inutile puisque ces élections seraient jouées d’avance, je voudrais simplement dire aux Saint-Martinois de ne pas se laisser abuser. Lisez les programmes, écoutez les candidats, interrogez-les mais ne laissez personne décider de l’orientation de votre choix in fine. Les élections territoriales sont un rendez-vous politique majeur : ce choix que feront les électeurs de Saint-Martin le 19 mars prochain va engager l’avenir de notre Collectivité pour les cinq prochaines années.

Après avoir raté de peu la première marche en 2012, vous revenez cette année avec un programme, un discours et une liste renouvelés, à tel point que certains disent ne plus vous reconnaître. Qu’est-ce qui motive ce changement de cap et de personnes ?

L’UD est un tout jeune parti, qui a su tirer leçon de ses erreurs de 2012. Les vrais militants et sympathisants qui étaient là en 2012 le sont toujours aujourd’hui. Nous sommes constants dans notre discours, dans nos combats pour remettre Saint-Martin sur la voie du développement : cette constance, nos valeurs, nos méthodes de travail, ont convaincu de nouvelles personnalités de nous rejoindre pour travailler à notre projet pour Saint-Martin et je m’en félicite. Chaque colistier est à sa place, conscient des missions qui lui incomberont demain. Le modèle de gouvernance qui admettait jusqu’ici que le président et ses VP centralisent toutes les politiques publiques est révolu : au sein des 11 nouvelles commissions territoriales que nous mettrons sur pied, chacun a un rôle majeur à jouer. Encore une fois, nous sommes prêts.

Sur le plan national par contre, vous avez maintenu une ligne fixe, celle de l’appareil des Républicains dont vous avez obtenu l’investiture pour les législatives tout en revendiquant votre priorité territoriale. Comment parvenez-vous à conjuguer des positions locales et nationales qui s’entrechoquent parfois ?

La vie politique est faite de cela : d’entrechocs ! Je reste fidèle à ma famille politique, les Républicains. Cela ne m’a d’ailleurs jamais empêché en tant que député d’exercer mon libre-arbitre pour voter les lois qui allaient dans le bon sens, pour Saint-Martin et les outremers.

Contrairement à d’autres candidats déclarés aujourd’hui, je n’ai pas d’attitude opportuniste, je ne louvoie pas d’une famille politique à l’autre au gré des sondages et je ne monnaye pas mes principes. L’UD est un parti local, j’ai toujours respecté les sensibilités politiques diverses de nos militants. Quels que pourraient être nos différends, ceux-ci s’annulent lorsqu’il s’agit de ce que l’on veut pour Saint-Martin.

En termes de programme, vous avez choisi en caricaturant de ne rien imposer et de tout remettre entre les mains d’audits à réaliser et de référendums à effectuer. N’est-il pas surprenant qu’un élu de votre expérience n’ait pas de positions formelles et construites sur certains sujets ?

Ce que vous avancez est un raccourci dangereux et totalement faux.

Je vous invite à lire le programme et à découvrir la méthode de la Team Gibbs 2017, en ligne depuis plusieurs semaines et sur lesquels nous avons travaillé pendant des mois pour réviser votre jugement.

Seul un projet de société d’envergure pourra sortir Saint-Martin de la crise dans laquelle l’île s’enlise depuis des années. Mais les fondations de la COM sont bancales et on ne construit pas sa maison en commençant par le toit : l’île a trop souffert de tous ces sachants ayant su se passer de données claires, de stratégies assises et de vision à long terme. Il est grand temps de sortir de la posture et de cette gestion de boutiquier.

Je vais bâtir sur du solide, à partir d’un état des lieux clair et précis de nos dysfonctionnements quels qu’ils soient. Je vais sortir notre Collectivité d’une économie sous perfusion, dont le fonctionnement étrangle l’investissement, et ne laisse donc aucune marge de manœuvre pour créer les nécessaires conditions de la richesse et donc du progrès social.

Donc oui, dans une démarche responsable, nous allons réinterroger nos systèmes institutionnel, financier et fiscal. Nous nous donnons 10 mois pour asseoir les fondations de notre projet à long terme. 10 mois, qui comprennent cette fameuse phase d’audits, suivie de la présentation des résultats à la population dans les quartiers, avant le lancement de ces réformes dont nous avons tant besoin. Des réformes que nous mènerons avec la population et pas dans le dos de celle-ci.

Mais il existe également des solutions fortes et peu coûteuses qui nous permettront de changer l’image de Saint-Martin et d’agir positivement sur le quotidien des Saint-Martinois : ce programme à court terme initié au lendemain des élections, sur 10 mois également, aura des effets bénéfiques sur notre économie, nos emplois, notre cadre de vie, notre sécurité et la réussite de nos enfants.

La question habituelle du SMW : Comment qualifieriez-vous la liste que vous avez choisi de mener aux élections territoriales ?

Solide, sérieuse, motivée, plurielle et soudée. Et en un mot : prête.

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2 Commentaires

  1. Je m’ étonne de ce commentaire agressif de la part d’un journaliste.
    La déontologie du métier n’implique -t-elle pas la neutralité et la plus grande impartialité ? Sauf bien sûr, s’il s’agit d’un journal clairement positionné dans sa ligne politique, ce qui n’est pas le cas du SMW, du moins à ma connaissance.

    • Je pense que la déontologie impose aussi qu’il n’y ait pas d’amalgame entre un commentaire fait par un citoyen sur un article et la ligne du Saint-Martin’s Week… Au delà de cela, la déontologie du métier de journaliste n’interdit pas d’être pertinent voire impertinent avec les candidats. Il n’existe pas une presse mais des presses : la presse factuelle, la presse d’opinion, etc… La presse dispose toujours d’une certaine liberté… pourvu que cela dure !

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