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Mais qu’est ce qui anime les têtes de liste, les candidats ? Pour certains, certainement pas le principe de réalité ! Entre nous, qu’est ce qui pousse réellement Dupont Aignan ?

Dans la psychanalyse freudienne, le principe de réalité est la capacité d’ajourner la satisfaction pulsionnelle. Respecter le principe de réalité consiste à prendre en compte les exigences du monde réel, et les conséquences de ses actes. Le principe de réalité désigne avant tout la possibilité de s’extraire de l’hallucination, du rêve, dans lesquels triomphe le principe de plaisir et d’admettre l’existence d’une réalité, insatisfaisante ou non conforme à son idéalisation.
Pourquoi se présenter alors que l’on sait pertinemment n’avoir aucune chance ? Autant de réponses que de candidats certainement avec un tronc commun qui serait sans doute l’irrépressible besoin d’exister et d’endosser l’habit prestigieux de l’élu, du guide, de celui que le peuple a choisi.

Au sein des listes, au cœur de la campagne, parmi les 8 listes de 26 personnes, la conviction d’une victoire à portée de main est vécue, ressentie avec la sincérité de ceux qui s’investissent, se portent mutuellement, s’épaulent, se dépassent… point d’hypocrisie à ce niveau.

L’effet de groupe et la conviction d’avoir raison galvanisent les troupes, ce qui est tout à fait légitime et compréhensible mais l’effet pervers est évident : une déconnexion de la réalité proportionnelle à l’engouement.

Mais au coeur des 26, il est des gens d’expérience et qui eux ne perdent pas cette connexion, ils sont généralement ceux qui leadent ou ceux qui coachent et ceux là savent très bien où va la liste dans son ensemble, ceux là savent ce qui est accessible ou ne l’est pas et sur cette base, ce n’est pas l’élection de mars qui est la cible mais la survivance d’une carrière ou d’un avenir… Mieux vaut envoyer 26 personnes au front et accéder à un siège que de ne pas participer et de risquer de disparaître. Car les targets sont multiples et ne sont pas posées uniquement autour du Conseil Territorial, les enjeux induits par notre mode de gouvernance ont de nombreuses ramifications plus ou moins valorisantes et valorisées…

40000 habitants, 208 prétendants répartis sur ces 8 listes dont on ne perçoit pas forcément les différences en termes de pensée politique tant beaucoup ont appartenu aux mêmes groupes, majorités ou autres par le passé et tant on retrouve les mêmes thèmes ou propositions dans les “programmes”… Il y a de quoi perdre l’électeur et même celui qui ne faisait pas encore partie de la vaste classe des non-votants ; et c’est cet élément qui pèsera réellement sur le destin des engagés. Rien de surprenant, face à ce qui peut apparaître comme un relatif manque de respect de l’électeur, du citoyen, de la fonction de l’élu, à ce que des initiatives autres aient tenté d’émerger encore puisque le ridicule ne tue pas…

Ce qui est sûr, c’est que là où l’électeur regrette que l’on ne lui vende pas plus de rêve, l’élu (en devenir) n’oublie, lui, pas de rêver et de faire rêver ce cercle proche des colistiers qui le porteront vers l’objectif avant pour l’essentiel d’entre eux de disparaître pour les 5 années à venir…

IR

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