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Elle arrive au tribunal correctionnel en arborant un T-shirt « Be real, don’t be perfect« , et c’est son cas.

Elle a déjà été condamnée en 2013 à 10 mois de prison avec sursis pour avoir frappé sa fille aînée et lui avoir cassé la clavicule, mais non, elle ne bat pas ses enfants. Ce n’est hélas pas ce qu’ils ont révélé aux gendarmes.

« Je dois faire tout le ménage, » témoigne sa fille cadette âgée de 13 ans, « sortir la poubelle, nettoyer les toilettes. Elle nous tape, moi, ma soeur et mon frère« . Quand a-t-elle été frappée la dernière fois ? « Hier, un coup sur le côté avec le grand bâton parce que je n’avais pas nettoyé les toilettes« .

La mère n’en croit pas ses oreilles. « Ma fille n’a jamais été entendue par les gendarmes, » s’exclame-t-elle, indignée. Et pourtant si, mais elle a certainement trop peur de sa mère pour le lui dire. Cette audition a eu lieu en novembre 2016, après que la soeur aînée soit arrivée en boitant au collège Soualiga, parce que sa mère l’avait frappée sur les jambes avec un manche à balai. Trois mois plus tard, la même ado, âgée de 16 ans et demi, arrive en pleurs au collège et va se plaindre à l’assistante sociale que sa mère l’a frappée et l’a menacée en lui mettant un couteau sous la gorge. « C’est elle qui m’a frappée ! » rétorque la mère.

« Ma fille ment pour m’envoyer en prison« 

La fille aînée a été placée dans une famille d’accueil, où les choses ne se passent pas trop bien. Questionnée par le président du tribunal sur ses méthodes d’éducation, la mère répond à côté. Sa fille est difficile, elle va sur Facebook au lieu de travailler. Elle voulait un iphone, et elle veut envoyer sa mère en prison parce qu’elle ne lui a pas donné l’argent. Et si elle n’a pas fait appel de sa première condamnation, c’est parce que personne ne la croit lorsqu’elle dit que sa fille est une menteuse.

Examinés par un médecin, les trois enfants portent des traces de coups. Comment explique-t-elle ces traces ? Elle montre le plafond en expliquant qu’il y a des bêtes qui tombent sur ses enfants. Vindicative, elle ne démord pas de son innocence. « Elle ne veut pas entendre que ces violences sont excessives et condamnables, » considère le procureur, en rappelant qu’elle a été condamnée pour les mêmes raisons en 2013 et qu’elle continue, même si l’on n’est pas dans l’extrême violence.

« L’enfant l’observe depuis qu’il est petit et les conséquences arrivent avec l’adolescence, » poursuit-il. Elle a été condamnée à huit mois de prison avec sursis, mise à l’épreuve pendant deux ans et devra suivre un stage de parentalité.

 

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