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Qu’est-ce qui fait que tous les “perdants” du premier tour soient aujourd’hui prêts à s’unir là où ils en avaient été incapables pour le premier tour où les égos ont vraisemblablement prévalu sur les valeurs qu’ils affirmaient tous partager ?

La seule donne qui ait changé à la lumière des résultats du premier tour est sans conteste le score de la Team Gibbs qui au niveau de nos autres leaders politiques le pose aujourd’hui comme l’homme à abattre.

Travail et popularité… On oublie !

Pourtant, nul ne pourra nier le travail effectué par la Team Gibbs et l’Union pour la Démocratie, que ce soit sur le terrain, au niveau de l’encadrement et des appareils politiques, de la capacité à accumuler les “prises de guerre” pour atteindre ces résultats. De même, nul ne pourra nier la mobilisation citoyenne affichée lors des meetings de campagne de la Team Gibbs contrairement aux autres listes.  Ces deux valeurs font partie des discours de tous les candidats mais s’effacent face à la volonté commune de ne pas permettre à la liste qui a le plus rassemblé d’accéder au pouvoir.

Pourquoi tant de haine ?

En général, en politique locale, une telle unanimité contre soi est aisément atteinte par quiconque “not from here” prétendrait prendre part à la gouvernance. Mais cet argument s’écrase sur la saint-martinitude de Daniel Gibbs qui est bien un “né natif” descendant d’une lignée enracinée. En outre, le leader de la Team Gibbs a bien entendu les reproches de 2012 et c’est avec une détermination qui en a désarçonné plus d’un qu’il a troqué son costume “d’Oréo cookie” (son surnom historique dans les milieux saint-martinois) pour mener une campagne et une liste à la couleur locale, ce qui lui a également été reproché dans d’autres cercles…

Le rejet par ses pairs ne peut non plus être imputé à un éventuel jeunisme, une seule année le séparant des têtes de liste du Mocsam ou de New Direction. Et en terme d’expérience, le jeune loup est devenu chef de meute et dispose déjà de 16 ans d’une carrière politique débutée aux côtés de mammouths : Albert et Louis-Constant Fleming.

Dan The Man

Quoiqu’il en soit, et depuis son émancipation, Daniel Gibbs détient la palme du politicien le plus fédérateur : des militants (au regard de la participation aux évènements de son parti), des élus dissidents de l’Union pour le progrès d’abord (5), puis des candidats malheureux de 2012 toutes listes confondues (mais en particulier Saint Martin pour Tous) et enfin des colistiers des autres listes que l’intérêt général et la raison n’étaient pas parvenus à accorder au premier tour.

Ainsi, pour ou contre lui, Daniel Gibbs excelle aussi dans l’art du rassemblement et c’est, au lendemain du premier tour, contre lui que (presque tous) ses concurrents acceptent enfin d’envisager l’union sacrée que la population réclamait pour pouvoir se sentir concernée.

The rising star… “Vee is” the limit

Comme souvent, et malheureusement, lors d’élections locales en particulier sur un territoire aussi exigu que le nôtre, la différence ne s’impose pas au travers d’idées ou de programmes puisqu’ils sont sensiblement similaires. Le choix s’opère sur les personnes et leur capacité à incarner le changement mais également la stabilité. Oui ! l’électeur revendique régulièrement du changement tout en plébiscitant ceux qui le rassure dans leur linéarité…

Or, Daniel, l’effronté, n’a eu de cesse de commettre des crimes de lèse-majesté : ébranlement de l’office de tourisme, explosion de la majorité Union pour le Progrès, explosion de la fédération UMP de Saint-Martin, opposition aux pontes de la Semsamar et… osons le dire, mépris du principe de discrimination positive cher à ce suffrage, que ce soit dans son entourage personnel ou politique (avant ces élections) ou dans le choix de ses collaborateurs.

Pour certains donc, ce ne serait toujours pas son tour !

Mais peut-être que ces lignes sont écrites par des esprits trop habitués à une analyse profonde et étayée… Peut-être que le “Tous contre Gibbs” n’est motivé que par cette conviction clamée par certains au moment de la constitution des listes que c’est maintenant leur tour. Mais dans ce cas, comment expliquer que ceux-là soient maintenant prêts à laisser passer leur tour, pourvu que cela entrave la marche de la Team ? Et comment choisiront-ils l’élu, celui qui aura mérité… son tour ?

D’aucuns avaient évoqué la mise en place d’une présidence tournante. Au regard de l’attachement au fauteuil présidentiel qui se développe un fois assis, cette piste semble peu probable.

Petit conseil avisé : ne vous attendez pas à entendre parler du territoire…

Au regard de tous ces éléments factuels, il est une chose certaine :

l’intérêt général, les besoins du territoire, la gestion de la Collectivité, la population… ne sont pas conviés aux négociations de l’entre-deux tours, tout ce qui compte c’est que l’étoile montante ne parvienne pas au firmament et si rien ne se dessinait pour les antis, il leur restera le strapontin de l’opposition pour tenter d’exister.

IR

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