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Le slogan du collectif des 500 frères est devenu un cri de ralliement en Guyane où sévit une grève générale depuis lundi.  Elle fait suite à plusieurs semaines de mobilisation sur fond de revendications sociales, sécuritaires, économiques, sanitaires, éducatives, sociétales… Un ensemble de problématiques qui mettent en exergue l’échec des politiques publiques nationales sur le territoire.

“Cela va passer… ou casser. Mais je crois que ça va passer car bien plus qu’une simple revendication sectorielle, il s’agit de la détermination de tout un peuple. Pour paraphraser Aimé Césaire, les Guyanais veulent être des Français à part entière et non plus des Français entièrement à part.” Mgr Emmanuel Lafont, Évêque de Cayenne depuis 2004
C’est d’ailleurs au Gouvernement, et au Gouvernement uniquement que les Guyanais, soutenus par leurs élus locaux, veulent s’adresser. Face à la fin de non recevoir de la mission interministérielle dépêchée sur place samedi, le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, a annoncé l’envoi du ministre de l’intérieur, Matthias FEKL, et de la ministre des outre-mer, Ericka BAREIGTS, à condition que “des garanties soient données pour obtenir le respect de l’ordre républicain”.

Ces conditions dopivent être remplies puique les deux ministre on décollés hier de Paris à 13:00 et qu’ils sont chargés “dès leur arrivée, ils engageront tous les contacts utiles”.

En attendant, la situation reste bloquée et les Guyanais marchent sur leurs villes en scandant “Nou gon ke sa”… Mais il reste difficile de se faire entendre à des milliers de kilomètres de la capitale, surtout lorsqu’on ne parle pas le même langage, ni dans le fond ni dans la forme. Il n’y a pas à dire, les événements en Guyane ne cessent de résonner localement tant ils portent en eux les caractéristiques d’un territoire dont les spécificités ont été ignorées par le modèle d’assimilation appliqué, de manière générale, aux outremers et trop peu adapté aux réalités locales.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si des analystes guadeloupéens notamment préviennent de “l’imminence d’un grand blocage comme en Guyane” dans la mesure où, en Guadeloupe, comme ailleurs, toutes les conditions sont réunies : insécurité, chômage, oisiveté, etc. exacerbés par les affaires dans lesquelles les politiques sont impliqués, telles que celles de la CASBT notamment. Autant de maux que le renforcement des forces de l’ordre ne peut soigner dans la mesure où celles-ci ne jouissent plus du respect populaire comme en témoigne la popularité du mouvement des 500 frères, par exemple. En outre, en Guadeloupe comme en Guyane, la lassitude de la population face à l’Etat est partagée et soutenue par les élus locaux. Le président du conseil régional, Ary Chalus, prévenait récemment : “s’il faut descendre dans la rue il faudra le faire. Il n’est pas normal qu’on puisse rire de la Guadeloupe, que l’on puisse, moi je le dis, se foutre des Guadeloupéens !”

IR

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