Lors de notre conversation à bâtons rompus à propos de l’usage des drones avec Yves Blanchet, le Président de l’Aéroclub de Grand-Case et le pilote Gabriel Pertusot, nous en sommes venus à parler du survol de Tintamarre et donc de la Réserve Naturelle de Saint-Martin. 

Guide GN dronev3 2016 (glissé(e)s)

Car en effet certains esprits chagrins ont cru bon préciser que des hélicoptères survolaient l’îlot et s’y posaient régulièrement sans aucun problème, alors que la moindre apparition d’un drone au même endroit déclenchait immédiatement des alertes dignes d’un conflit mondial, et ceux-là d’ajouter que les hélicoptères en question étaient certainement plus nuisibles pour la faune et la flore de Tintamarre qu’un petit drone respectueux de l’environnement.

Soyons clairs : les hélicoptères peuvent se poser à peu près partout à partir du moment où ils respectent les consignes de sécurité, même sur des terrains privés dès l’instant où ils ont obtenu l’autorisation du propriétaire. Mais surtout, un hélicoptère, comme tout aéronef, dépose un plan de vol avant tout décollage, ce qui permet aux autorités aériennes de pouvoir contrôler et organiser l’espace en fonction des appareils qui s’y trouvent, ce qui est loin d’être le cas pour les drones qui l’occupent sans avoir fait la moindre déclaration pour informer de leur présence dans le ciel.

Certains diront que les drones ne volent pas à la même altitude que les avions, mais il faut savoir que les  hélicoptères Corail par exemple, qui proposent des tours au dessus de Saint-Martin peuvent circuler à une altitude de 150 mètres largement atteignable par un drone basique et à ce propos, Gabriel Pertusot déclare : “Il m’est arrivé d’avoir eu des frayeurs à cause de drones aperçus à hauteur de mes ailes et je ne suis pas le seul dans ce cas à Saint-Martin. Un de ces jours, un ATR va se prendre un drone dans un moteur et les 60 personnes qui sont à bord finiront dans l’eau, dans le meilleur des cas”.  Selon lui, un hélicoptère qui est en contact radio et qui a déposé son plan de vol, n’a aucun risque de collision avec d’autres aéronefs.  Il suffit d’appeler l’aéroport pour que la tour de Grand-Case avertisse les avions dans le secteur qu’il y a un opérateur de drone à tel endroit et telle altitude.  “Appeler l’aéroport et mieux : y aller en tant qu’opérateur de drone pour se renseigner et tisser des liens avec l’autorité et les pilotes. On serait tous gagnants et on pourrait tous voler sereinement”.

Pour ce qui concerne Tintamarre, Gabriel Pertusot explique que c’est comme partout, un drone n’a pas le droit d’y voler sans préavis car justement des hélicoptères avec des vies humaines à bord peuvent s’y poser et d’ailleurs, Tintamarre est un point d’entrée pour Air-Antilles, Air-Caraïbes et St-Barth-Commuter ainsi que pour tous les avions privés. “Pour partager un espace aérien, il suffit d’informer l’autorité et l’aéroport de votre projet de vol de drone pour que tout soit fait dans les règles et que tout le monde soit au courant”.

Conclusion : arrêtons de faire (et de dire) n’importe quoi et tout le monde gagnera sa place au ciel.

JMC

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