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Didier Metellus, auteur du meurtre de Faustin Defrance à Sandy Ground en 2014, a été condamné à 14 ans de prison par la cour d’assises de Guadeloupe.

Le 20 décembre 2014, vers 19h30, deux hommes se disputent devant la supérette Red Star, à Sandy Ground. Il semble qu’une rivalité existait entre ces deux personnes  pour aider l’épicier – qui n’a pas reconnu leur avoir confié ce petit «job» pourtant de notoriété publique –  à fermer l’établissement. À un moment, Didier Metellus sort un couteau de sa poche et plonge vers sa victime pour lui enfoncer son arme dans le ventre. La lame de 17 centimètres sectionne le foie en deux et coupe la veine cave, provoquant une hémorragie massive. Faustin Defrance, âgé de 40 ans, meurt pendant son transport vers l’hôpital. Un dispositif de recherches est mis en place par cinq patrouilles de gendarmes mobiles et du PSIG de Saint-Martin et interpelle le meurtrier un peu plus tard dans la soirée. Ce dernier, placé en détention provisoire, a comparu lundi et mardi dernier devant la cour d’assises de Basse-Terre.

Le meurtrier nie l’évidence

Âgé de 61 ans aujourd’hui, Didier Metellus était positif à l’alcool – 2,46 grammes par litre de sang – et à la cocaïne le soir des faits. Il dit consommer du crack depuis 1979 et boire de l’alcool tous les jours. Il était au chômage depuis 4 ans et voulait s’imposer comme «agent de sécurité» auprès de la supérette chinoise où travaillait déjà officieusement M. Defrance. Ce dernier, diminué par deux traumatismes crâniens accidentels, n’avait ni alcool, ni stupéfiant dans le sang, n’était pas connu pour violence, vivait chez sa mère et «jobbait» à droite et à gauche. À la barre, le meurtrier, qui s’exprime en créole haïtien, nie avoir un problème avec l’alcool et maintient sa version d’un acte de défense face à une menace. Confronté à la vidéo de la scène – et à deux témoignages – il nie être la personne en train de donner un coup de couteau. Mais il doit finalement admettre sa culpabilité au vu de l’exhibition de T-shirt saisi lors de son arrestation, avec un grand chiffre 5 dans le dos, très reconnaissable. L’avocat de la famille, Maître Ferdy, a souhaité que soit pris en compte le traumatisme des proches devant ce qu’il considère être un meurtre évident. L’avocat général a insisté sur l’intention homicide caractérisée par la violence du coup, sans justification – il n’y a eu ni menace, ni provocation – et  la précision du coup dans l’abdomen avec une lame de 19 centimètres, dont l’accusé lui-même dira au cours des débats que s’il recevait cette lame dans le ventre il pouvait mourir. Il a requis 15 ans de réclusion et 10 ans d’interdiction du territoire. Maitre  Martial, avocate de l’accusé, a défendu la thèse de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, M. Mettelus se sentant menacé par M. Defrance et ayant voulu simplement «le blesser». Il a été condamné à 14 ans de prison.

BD

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