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“Nous sommes dans un système très réglementé, c’est comme ça”. Et il faut bien respecter la loi, que nul n’est censé ignorer, aurait pu continuer le président du tribunal correctionnel jeudi dernier en s’adressant à deux prévenus qui comparaissaient pour importation et détention illégale d’animaux protégés par la convention de Washington, en l’occurrence plusieurs perroquets de différentes espèces. 

Tout commence par une dénonciation, suivi d’un contrôle de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (ONEMA) dans une villa de Colombier.

Drôles d’oiseaux

Les oiseaux et des cages sont bien en vue dans la cour et l’occupant des lieux, un retraité de 73 ans, ne fait aucune difficulté pour répondre aux questions des inspecteurs.

Il a acheté au fil des ans certains de ces perroquets à Sint Maarten et des gens lui ont fait don de leur animal en quittant l’île, mais d’autres sont la propriété d’un résident d’Oyster Pond, ancien restaurateur âgé de 56 ans, qui les lui a confiés après la fermeture de son restaurant de la partie hollandaise, après faillite, et plusieurs d’entre eux sont sur l’île depuis plus de 30 ans.

Vos papiers s’il vous plaît

Non, il ne peut pas justifier de leur provenance, et non, il ignorait qu’il fallait un certificat et une autorisation pour importer ces animaux depuis l’autre côté de l’île.

Les animaux ont été saisis, plusieurs envoyés au zoo de Sint Maarten, mais deux d’entre eux ont succombé à une crise cardiaque apparemment due au traitement qu’ils ont subi pendant l’enquête, et deux autres se sont envolés.

Ils avaient eu le projet en 2013 de créer l’association «Challenge Parrot Foundation» afin de recueillir les perroquets en mal d’hébergement, mais s’étaient finalement limités à cet accueil informel à Colombier.

Ce sera la correctionnelle

L’histoire aurait pu s’arrêter avec le rappel à la loi dans le bureau du délégué du procureur, qui les a condamnés à une amende, mais les deux amis n’ayant pas payé – l’un vit du RSA et le second attendait qu’on le relance – ils ont été convoqués au tribunal correctionnel.

Finalement dispensés de peine…

Après que le procureur ait requis une peine d’amende avec sursis, l’un des prévenus remarque qu’ils pensaient bien faire et que leur intention était simplement de sauver ces oiseaux. Visiblement touché par leur sincérité et leur désarroi d’avoir perdu leurs perroquets, le juge les a dispensés de peine dans la mesure où le trouble avait cessé et qu’ils avaient fait amende honorable.

BD

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