Le mouvement social en Guyane dure depuis maintenant trois semaines. Si le collectif Pou Lagwiyann Dékolé et les 500 frères étaient parvenus à fédérer suffisamment largement pour ne pas vivre d’opposition en interne au mouvement jusque là, la réalité est aujourd’hui autre avec la naissance de mouvements anti-blocage largement relayés sur la toile et les réseaux sociaux.

Parce que nous n’oublions que pas le Peuple guyanais nous a donné une légitimité. Vous êtes nombreux à nous envoyer des suggestions, nous souhaitons vous interroger sur comment mieux nous mobiliser ensemble afin que nous puissions continuer le combat et arriver à la victoire. Ce mouvement vous appartient. Nous sommes… DE TER MI NES! Pou Lagwiyann Dékolé
Cet élément est de nature à changer radicalement le devenir du mouvement puisque la perte d’hégémonie médiatique et l’existence avérée d’un courant contestataire sont de nature à radicaliser les positions avec les risques que l’on devine. Le premier effet de ce schisme tient dans le fait qu’un fossé existe maintenant au sein de la population guyanaise qui n’apparaît plus unie et soudée autour des revendications initiales.

Il faut dire que trois semaines, cela peut sembler bien long lorsque l’on manque de produits alimentaires notamment dans les étals des supermarchés ou que l’on voit son activité économique atteindre un niveau proche du zéro lorsque l’on est chef d’entreprise.

Pour le collectif Pou Lagwiyann Dékolé, il s’agit maintenant sans doute de repenser ses moyens de pression pour retrouver le quitus du plus grand nombre s’il ne veut pas que ce lourd et dur mouvement accouche finalement d’une souris et parvienne à éviter encore un embrasement qui annihilerait le capital sympathie accumulé. Les 500 frères eux, forts d’une image qui dissuade de fait les contestataires, continuent d’être accueillis à bras ouverts, à faire le show et le buzz. Mikaël Mancée, porte parole du mouvement a d’ailleurs tenu les propos suivants : “La mobilisation se poursuit en l’état, les barrages restent les mêmes. On leur laisse jusqu’à mercredi pour nous répondre”.

Le chef de l’état, que l’on suspecte depuis le début du conflit de cultiver le pourrissement de la situation par son mutisme, est sorti de sa réserve dès que des mouvements contestataires anti-blocage se sont fait entendre, invitant le Collectif Pou Lagwiyann Dékolé à faire preuve de raison et à ne pas fragiliser l’économie guyanaise plus longtemps, message venant responsabiliser voire culpabiliser les bloqueurs. “On ne peut pas multiplier les annonces, les promesses”, à douze jours du premier tour de l’élection présidentielle, insistait le chef de l’Etat.

La grande difficulté pour le collectif et les 500 frères va maintenant être de conserver suffisamment de crédibilité pour que ce mouvement ne s’étiole pas sous les coups de boutoir des “antis” soutenus indirectement par l’Etat pour pouvoir survivre aux élections présidentielles. En ce sens, un site internet est né pour mieux “sonder” les revendications du peuple guyanais : https://fr.surveymonkey.com/r/MCGR5FD

Avec cette perte d’hégémonie, la menace qui pesait sur ces élections au travers d’un éventuel blocage des urnes semble vouloir s’éloigner.

IR

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