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Les 30 et 31 mars, les neuf régions ultrapériphériques (RUP) étaient réunies à Bruxelles dans le cadre du IVème Forum des Régions Ultrapériphériques de l’Europe sous le thème “Les régions ultrapériphériques, terres d’Europe dans le monde : vers une stratégie renouvelée.”

Calendrier électoral et changement de gouvernance obligent, la Collectivité de Saint-Martin n’était politiquement pas représentée à cette réunion bi-annuelle dont l’objet est de faire le point sur la situation économique et sociale des collectivités afin de projeter de nouvelles stratégies de développement dans un contexte où l’outremer français en particulier réclame encore plus fort que d’habitude la prise en compte de ses spécificités.

Oui, on y était…

Ainsi, aux côtés des Présidents du Gouvernement des Açores, de celui des Canaries, de Madère, du Conseil régional de Guadeloupe, de la Collectivité de Martinique, du Conseil régional de La Réunion, du Conseil Départemental de Mayotte, la Collectivité de Saint-Martin était représentée par Thierry Gombs, DGA du pôle Développement Humain ; Rodrigue Angély, Directeur des politiques contractuelles et Georges Gumbs, Président du CESC. La voix de Saint-Martin aura tout de même pu résonner à Bruxelles au travers de Marc Chakhtoura, Directeur d’Initiative Saint-Martin Active qui intervenait dans le cadre d’un atelier thématique relatif aux “perspectives pour une meilleure intégration des RUP dans les marchés régionaux et internationaux”.

Mais on y était pour quoi ?

Pas d’inquiétude pour autant, lorsque l’on est au fait du modus operandi des institutions européennes et que l’on se souvient de la volonté politique de la précédente mandature en matière européenne, on peut se reposer sur l’espoir qu’un lourd travail d’échanges d’informations a dû être effectué en amont du “Memorandum conjoint”, recueil des doléances remis par les RUP au président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker, à l’issue du forum. Malheureusement, à la lecture des 116 pages relatives notamment aux accords internationaux, au développement rural, à l’environnement, à l’immigration ou encore à la fiscalité, force est de constater que Saint-Martin n’a vraisemblablement pas pris part au travail préparatoire non plus puisque la collectivité n’y est citée que quatre fois dont trois en association avec Mayotte. Et dans ce cadre les demandes ou références portent sur :

  • le calcul des dotations financières allouées au titre du POSEI
  • “un retard important en matière d’investissement en infrastructures de base”
  • les zones humides et marines de Saint-Martin

Ces thématiques doivent faire sourire, mais pas trop, ceux qui sont en prise avec les urgentes problématiques locales que l’on connaît.

Alors sur quoi repose la justification de cet engagement financier de la COM ?

Au-delà de ces constats dont on peut tenir l’ancienne mandature comptable, on reste en droit de s’interroger quant aux choix de représentation affichés à Bruxelles, en particulier dans un contexte local où l’on nous rabâche que l’argent manque et que des efforts doivent être consentis à tous les niveaux. Plus clairement, quel intérêt de financer de tels déplacements lorsque le choix semble avoir été de ne pas prendre part au dossier dans son élaboration et qu’une seule des trois personnes diligentées par la COM n’est réellement concernée dans sa fonction par le sujet ? Une présence du Directeur des Affaires Européennes et de l’action extérieure, Alex Richards, n’aurait-elle pas été plus pertinente dans la mesure où les élus sortants et entrants étaient mobilisés ailleurs ?

Mais tout cela va changer !

Autant de questions, et d’autres encore, auxquelles nous n’aurons pas de réponse et dont on nous dira qu’elles ne sont plus d’actualité dans la mesure où le présidents Gibbs devrait développer d’autres outils et relations avec l’Europe. Alors, voyons donc plutôt le verre à moitié plein et faisons fi de ces euros dont le territoire ne manque sans doute pas tant que cela…

IR     

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