Même si l’élection présidentielle intéresse moins d’un quart de l’électorat local, son résultat revêt tout de même une réelle importance vis-à-vis du suffrage suivant qui mobilise plus et déjà : les législatives.

Un fauteuil pour deux territoires

L’élection du prochain député de Saint-Barthélemy et Saint-Martin aura lieu les 11 et 18 juin prochains et les candidats locaux rejoignent un à un la ligne de départ.

Pléthore de candidats plus ou moins officiels

Ainsi, se sont d’ores et déjà déclarés officiellement candidats :

  • Jacques Hamlet qui avait recueilli 513 voix au scrutin de 2012
  • René Arnell qui a dû abandonner son siège au CESE en 2015 au profit d’Isabelle Biaux Altmann et qui a exprimé son soutien à Alain Juppé à la Primaire de la Droite et à Emmanuel Macron pour la Présidentielle
  • Patricia Chance Duzant qui était parvenue à obtenir 1 voix lors des sénatoriales de 2014

Outre ceux là dont l’étiquette finale n’est pas déterminée, il faudra évidemment aussi compter sur les candidats que porteront les machines nationales.

La grosse machine

En ce qui concerne Les Républicains dont l’investiture est jalousement gardée par notre député sortant, Daniel Gibbes, en dépit des grandes manoeuvres d’un Christophe Beaupère qui a fini par rejoindre Nicolas Dupont Aignan, il se dit sauf, de l’intéressée elle-même, que la candidature sera incarnée par Claire Javois.

Pour autant, même sans l’investiture du parti, rien n’empêche l’ex suppléante déclarée LR de Christophe Beaupère, Anne Karine Fleming, de se présenter aux législatives d’autant plus qu’elle a conservé sa fonction de trésorière de la fédération locale, et donc de membre du Conseil national LR, même après la démission de tous les autres membres du bureau en 2012.

Les marcheurs et candidats “légitimes”

Une autre étiquette génère localement de nombreuses convoitises et a vu, au fur et à mesure des sondages, les hommes et femmes du territoire se mettre En Marche !

Le dernier en date est l’historique socialiste Louis Mussington qui la semaine dernière a appelé au vote Macron sans dévoiler s’il renouvellerait l’expérience des législatives qui lui avait octroyé 1 107 voix en 2012.

Avant lui, avaient déjà commencé à marcher Alain Gros Désormeaux (candidat malheureux aux sénatoriales 2014 et aux territoriales 2017) ou encore Ida Zin Ka Ieu (candidate malheureuse aux territoriales 2012 et 2017), mais surtout leur leader, Alain Richardson qui en a même fait le nom de sa liste “En marche vers le Progrès”. Il ne serait dès lors pas étonnant de voir également émerger une candidature Alain Richardson, surtout au regard de son isolement au sein du Conseil territorial.

Enfin, parmi les figures politiques historiques de Saint-Martin, l’ancien Président Frantz Gumbs avait pris les devants et s’était déclaré En Marche dès décembre 2016 jusqu’à devenir l’animateur du comité local en février. Pourtant, celui que même la remontée en 5ème position (au détriment de Pierre Aliotti) sur la liste MJP a laissé à la porte du conseil territorial a cessé de nous nourrir de ses chroniques politiciennes affirmant son soutien à E. Macron laissant même l’expression du soutien du MJP à son leader, Louis Mussington.

Quoiqu’il en soit, dans la forme, c’est bien Frantz Gumbs qui incarne officiellement le mouvement en marche à Saint-Martin sous la houlette de la coordonnatrice des Îles du Nord, Inès Boucaut Choisy à laquelle les candidats saint-martinois, tout occupés au sport local favori de la multiplication des candidatures, ne semblent pas accorder l’importance méritée semblant oublier par là qu’elle fût pourtant suppléante de Guillaume Arnell en 2012 pour les législatives. Pourtant, la directrice du comité du tourisme de Saint Barthélemy jalonne sa voie, de sa présence aux côtés de Macron en Guadeloupe à sa récente accession à la présidence du groupe Outre-mer au CESE sans que personne ne semble réellement s’en préoccuper localement.

Et St Barth…

Il est vrai qu’avec à peine 5 500 inscrits sur les listes électorales et un président Magras qui “boude” les législatives (depuis que le parlement a décidé de supprimer un des 2 sièges initialement prévus par la loi organique), Saint Barthélemy ne semble pas de prime abord devoir jouer de rôle déterminant dans ce suffrage commun ; sauf que :

– ce sont les voix de St Barth qui ont porté Daniel Gibbes à l’Assemblée nationale alors que les saint martinois lui avaient préféré Guillaume Arnell à 53%

– la multiplicité des candidatures saint-martinoises équilibre d’autant la pesée électorale là où Saint Barth vote en général (presque) d’une seule voix. Ainsi, en limitant le nombre de candidats de Saint-Martin à six “seulement”, on pourrait considérer qu’ils disposent chacun d’un pot respectif d’environ 3 400 électeurs, soit moins que Saint Barth

– l’abstention ne se mesure vraiment pas dans les mêmes proportions sur les deux territoires même si à l’instar de son président, Saint Barth avait boudé les urnes en 2012 ; la donne serait sûrement différente en présence d’un(e) candidat(e) issu(e) de Saint Barth qui, rappelons-le, a en 2012 accepté une promesse d’alternance…

Nouveau record ?

Peu importe ces considérations rationnelles, Saint-Martin ne semble plus prête à renoncer à son record de candidatures qu’à celui de l’abstention !

IR

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3 commentaires

  1. Les sénatoriales ne devraient pas être une opportunité de recycler des « losers » qui viennent de prendre une raclée monumentale aux territoriales juste pour gonfler leur ego et leur faire croire que le peuple veut toujours les voir à des postes importants.

    Messieurs, il faut songer à prendre votre retraite et laisser la place aux jeunes !

  2. C’est évident que ce n’est pas avec la participation de SXM au premier tour, on réfléchisse à un deuxième tour qui est loin d’être gagné.

    On est premier au niveau de l’abstention, chacun fait déjà son petit mic-mac pour les legislatives parce que bon, on va quand même pas faire campagne avec les métropolitains se débrouillent tous seul.
    Puisque Macron et Le Pen, c’est la même chose, ici, on s’en fout. Ils sont au niveau des sondages à un 45%/55% Cliton avait une marge plus importante, le Brexit avait une marge plus importante, et nos politiques veulent tous être En Marche sans faire l’effort de participer à la campagne pour qu’il soit élu.

    Si tout est joué d’avance, tout est perdu d’avance, ou comme j’entends souvent, « Oh et puis merde, Le Pen, c’est pas grave hein ». Pfff.

  3. Le 2 mai 2017, J-5,

    Nous sommes maintenant à moins d’une semaine du deuxième tour de l’élection présidentielle et autour de moi, rien ne change. Au vu du nombre de métaphores dans cette campagne, je m’y essaye aussi, ce n’est pas calme avant la tempête, mais plutôt la grenouille dans la casserole où l’on augmente la température au fur et à mesure. Il ne reste plus qu’une parution du Weeks et 3 du pélican et toujours rien.
    Outre les quelques éditos mesurés, je n’ai vu aucun appel des nombreuses figures politiques de l’île.
    Je n’ai pas lu leur Facebook ou leur site de campagne, parce qu’il n’est pas question que je doive faire l’effort de faire partie d’une campagne pour entendre des consignes de vote.
    J’ai vu quelques éditorialistes de Facebook qui font du Macron-Bashing pour justifier un vote Le Pen qu’ils n’osent pas dire -Je devrais m’estimer heureux- et un appel à l’abstention vu que c’est la « peste et le choléra » ou que « Le pen au moins elle a un programme ».
    Cet appel à l’abstention, je l’ai lu, je l’ai entendu et si je ne vivais pas l’angoisse de Le Pen à la présidence, je trouverai certainement l’ironie amusante. Quel appel à l’abstention ? On est à moins de 30% de participation, Peut-on et veut-on être plus ridicule que ça ? Comment faire la différence sur une abstention par lassitude et une abstention par militantisme ?

    Et pourtant, ils travaillent sur les législatives, des accords d’appareil en coulisses, on attend de savoir qui sera le candidat d’En Marche, pour pouvoir se placer, on voit son intérêt propre, on se remet de sa propre campagne, on apprend les ficelles d’une démocratie que beaucoup estiment en danger. Et il ne reste plus que 5 jours et je n’ai pas entendu dans des colonnes journalistiques un politicien qui s’offusque de l’abstention record du premier tour. Pas d’appel à voter « pour » ou « contre » un candidat.
    Rien !

    Ce n’est quand même pas à moi, pauvre anonyme sur internet, de faire des déclarations !
    Le premier tour des présidentielle était un réel vote d’adhésion à un parti, et les français ont répondu présent faisant mentir les sondages. Pas Saint-Martin. En France, il y a des déçus et des mécontents car la France a été scindée en 4 factions distinctes, donc 3 prônaient le ras le bol du système. Et il faudrait se plier au système une deuxième fois alors qu’il n’a pas permis le passage au second tour du candidat préféré ? Ici, peu de mécontents, seulement des gens peu intéressés.
    Vous savez que quoi qu’il arrive, quelqu’un sera élu dimanche prochain ? Saint-Martin n’est-il pas le meilleur exemple pour montrer que l’abstention massive ne sert strictement à rien. Quelles leçons le système a tiré de notre abstention ? En a-t-on seulement parlé en dehors de nos frontières ?

    Alors M. Gibbes, Vous avez mollement appelé à voter Fillon au premier tour. Qu’en est-il du deuxième ? C’est important, puisque d’une part votre silence trahit les consignes LR, et d’autre part car les électeurs de Fillon penchent à 41% vers Macron et 31% vers Le Pen. Si on suit le calcul de rapport des voix, Le Pen est en tête de très loin à Saint Barth. Qu’en sera-t-il de Saint Martin ?
    Alors M. Richardson et votre « En Marche Vers le Progrès » ? Vous votez pour qui ? Ca semble évident mais, vous semblez attendre la validation de votre candidature « En Marche » pour faire campagne. Cela change quoi ? Quelles garanties pouvez-vous attendre de la Team Macron, au vu de la participation de l’île que vous voulez représenter ?

    Je pourrais faire le reste de la liste mais pourquoi faire, je ne serais pas entendu. Et je ne peux pas terminer ce message sans développer un peu sur Le Pen. Surtout que je me dis que nombreux d’entres politiques préfèrent ne rien dire car la tentation de voter Le Pen est grande, je pense par exemple à celui qui trouvait que la seule différence entre son programme de campagne et celui de Le Pen était qu’il se battait pour une minorité et pas une majorité comme Le Pen.

    De nombreux jeunes clament aussi leur vote pour Le Pen, parce qu’apparement, quand elle dit les ouvriers d’abord, les jeunes pensent qu’ils sont ouvriers ou qu’il feront partie de la préférence nationale. C’était, il y a moins de 5 ans que Le Pen voulait offrir à tous les DOM-COM leur indépendance. Comment réconcilier tous les projets Saint-Martinois aidés dans la totalité par les fonds FEDER et l’envie de sortir de l’Europe ? Et puis, la clause Molière sera certainement applicable ici, j’ai hate de voir tout le monde parler français sur les chantiers !

    Macron le type qui trois ans auparavant bossait dans le privé et n’était pas en politique est devenu la somme de tout le maux. Le Pen a dédié sa vie à la politique, n’a jamais eu du travail et « se sent du peuple » alors qu’elle a grandi dans un château. Et on estime que c’est lui le candidat du système et de la finance ? Elle qui fait des prêts à son père et à la Russie ?

    Et qu’on ne vienne pas me dire que le FN ce « n’est plus comme avant, c’est plus des racistes ». Bah, le langage a changé, les porte-paroles ont lissés le messages mais les mêmes sont toujours au pouvoir derrière, c’est juste qu’ils ne parlent plus comme avant. Si le FN n’est vraiment plus comme avant, pourquoi ne pas créer un nouveau parti ? La droite le Fait, Mélenchon le fait, pourquoi Le Pen s’attache tant à ce parti qui est tellement marqué par l’histoire raciste et négationniste ? De l’opportunisme ?

    Je terminerai par dire que j’ai encore une fois été choqué par la photo du CRS en feu, à cause de manifestants échaudés qui veulent en découdre. Et je me suis dit, dans 8 jours, cela sera peut être le quotidien de la démocratie française. On veut croire qu’elle est solide notre démocratie, mais quand plus de 70% des électeurs voudraient la faire sauter, il n’en faut qu’une poignée pour passer le pas.

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