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La superficie totale de la ZEE de la France est de 11 691 000 km², c’est une étendue immense à protéger mais le nombre de patrouilleurs de la Marine Nationale en service pour la surveiller est  à peu près l’équivalent de 2 voitures de police pour surveiller le territoire national.

Manquerait-on de moyens pour surveiller cette Zone ?  Pour Patrick Boissier, le Président du GICAN (Groupement des Industries de Construction et Activités Navales), la réponse est limpide : “Notre marine manque de moyens pour surveiller notre Zone Économique Exclusive, qui s’est étendue de 500.000 kilomètres carré récemment et pourrait encore gagner bientôt un million de kilomètres carré. Nos moyens d’action de l’État en mer doivent nous permettre de surveiller et de faire respecter la souveraineté française sur cette vaste zone sinon nous allons nous laisser piller nos ressources et contester notre souveraineté” a-t-il déclaré lors de son entrevue avec les Députés de la commission de défense en Décembre dernier.

Depuis fort longtemps, ces moyens sont réduits à 1 frégate, 2 patrouilleurs et 1 bâtiment logistique pour chaque département ou collectivité d’Outre-mer. Cette constatation avait déjà été faite par l’amiral Bernard Rogel, ex-chef d’état-major de la Marine et actuellement chef d’état-major particulier de François Hollande. “Nous ne pouvons pas surveiller en permanence l’ensemble de notre ZEE qui représente plus de vingt fois le territoire métropolitain, mais nous tâchons de la contrôler au mieux. Si nous n’y sommes pas présents, d’autres viendront l’occuper à notre place” avait-il déclaré aux députés de l’Assemblée Nationale fin 2015. “Aujourd’hui, nous faisons régner l’ordre, notamment en mettant dehors des pêcheurs illégaux, mais si nos patrouilleurs ne sont pas remplacés, nous rencontrerons des difficultés, car ils sont un élément important de l’action de l’État en mer”.

Pour des raisons de budget, la France a hiérarchisé ses priorités en matière de surveillance maritime. La Marine surveille de près la pêche illégale en Guyane, la lutte contre le narcotrafic et assure la surveillance des Terres Australes et Antarctiques Françaises. Dans l’océan Pacifique, elle est présente dans les Zones Économiques Exclusives de Polynésie Française et de Nouvelle-Calédonie. Selon une déclaration du Ministère de la Défense, les moyens mis à la disposition de la Marine Nationale ont été rationalisés et réorganisés en fonction des menaces pesant sur la sécurité et la souveraineté de la France dans chacune de ces zones. Mais les moyens existants sont très limités, leur technologie est dépassée, la plupart des patrouilleurs de la Marine seront désarmés d’ici 3 ans et selon le livre blanc de la Défense, le nombre de frégates de surveillance et de patrouilleurs devrait passer de 24 à 18 à l’horizon 2025.

Or, selon Patrick Boissier, il faudrait au moins une vingtaine de navires, dans des délais très brefs, pour faire face aux besoins créés par les missions de l’État en mer et pour remplacer les matériels vieillissants. Outre le renouvellement de sa flotte et pour faire face à sa rationalisation, la Marine Nationale développe de nouveaux outils de surveillance comme le système satellitaire Trimaran qui donne de précieuses informations aux Préfets maritimes et aux Commandants de zone maritime et qui permet de mieux cibler l’emploi des moyens d’action dans les vastes espaces sur lesquels la France exerce sa souveraineté, mais il ne s’agit là que d’un moyen de surveillance complémentaire, de même que le drone qui est un bon outil de surveillance ne peut pas remplacer des navires patrouillant sur toutes les mers du globe.

Rappelons que la France possède le plus vaste domaine maritime au monde (11.691.000 km2) depuis qu’elle a étendu son plateau continental dans les Outre-mer.

JMC

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