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La période de dépôt de candidature arrive à son terme et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle aura été fertile et ce n’est peut être pas fini !

Ainsi, se sont déjà déclarés candidats à l’heure à laquelle nous remplissons ces colonnes :

  • Ines Bouchaut Choisy dont le suppléant sera officiellement dévoilé vendredi 19 mais dont on sait, sans trop s’avancer, qu’il s’agit d’Alain Gros-Désormeaux, candidats investis La République En Marche
  • Benoît Chauvin et Sandra Cazabonne-Dubern, ticket centriste et écologiste, soutien de la majorité présidentielle
  • René Jean Duret et Marie-Paule Rousseau Cornette, Citoyens du vote blanc qui annoncent qu’ils soutiendront la majorité présidentielle
  • Anne Karine Fleming et Patrick Bouffar Roupé, Candidats fermement LR mais non investis
  • Claire Javois et Micheline Jacques, Candidates investies LR
  • Marthe Ogoundele Tessi et Frantz Gumbs, Candidats MJP ayant demandé l’investiture En marche sans succès
  • Jacques Hamlet et Abigail Pavot, qui si l’on en croit notre dernier entretien avec lui est un soutien inconditionnel et de longue date d’Emmanuel Macron,
  • René Arnell et Franciane Gréaux – Le Quellec dont la position est clairement pro-présidence, René Arnell ayant lui aussi réclamé la candidature En Marche

Le mal de crâne doit normalement déjà poindre !

J’aimerais pas être à sa place… En dépit du nombre pléthorique de candidats au poste, la position de l’actuel président de la Collectivité n’a rien d’enviable sur le fil des législatives. En effet, imaginez l’exercice d’équilibriste nécessaire pour assumer le choix d’une ancienne opposante (CJ), et pas des moindres, comme successeure à son mandat de député au détriment de celle qui, dans le texte partisan, serait plus légitime (AKF) au regard de sa loyauté au parti contre vents et marées mais dont l’ascendance (LCF) ne permet l’expression d’une telle logique même si sa descendance partage le patronyme du député sortant (Gibbs). Ajoutons à cela un pilier de la Team Gibbs, vice-président du Conseil exécutif entre autres qui est ouvertement En Marche sur les réseaux sociaux et dont la “famille” est impliquée dans la campagne de la candidate Inès Bouchaut Choisy.
De quoi en perdre son broken english… surtout au regard du parcours politique de la plupart des candidats. Au delà de ces considérations individuelles et territoriales, la photographie globale a de quoi laisser perplexe au national où, rappelons-le, se trouve le véritable enjeu politique de ces élections….  là où les plus idéologues des LR, des Mélenchonistes voire des frontistes se prennent à rêver d’une grande victoire aux législatives, et c’est légitime puisque cela fait partie du panel des possibles offerts aux Français.

Mais pendant qu’ici les querelles de clocher prennent le dessus, là-bas des hommes et des femmes de tous bords réinventent la politique comme l’exigent la majorité des Français même si naturellement les vieux canons résistent.

J’LR de quoi maintenant ????

En effet, si l’on arrêtait un moment de se regarder le nombril pour se demander que pense le pouvoir central, auquel nous ne cessons de réclamer un peu plus de considération, de notre offre électorale… Pas moins de huit tandems de candidats (pour le moment…) et dont certains se réclament du même courant !

Sur le plan strictement partisan, se démarque notamment une candidate officielle de la majorité présidentielle entourée de quatre autres marcheurs opposée à une candidate LR dont la légitimité est contestée par une représentante historique du parti. Parmi ceux-là, en scrutant de plus près, huit ont fait ou font partie de l’UMP/LR. En scrutant d’encore plus près, 6 ont appartenu au même groupe politique local.

Quelle image nos responsables politiques pensent-ils ainsi renvoyer à Paris où la représentativité de nos parlementaires est déjà mise à mal par le nombre d’inscrits sur nos listes d’une part et par le nombre de votants d’autre part ?

Et toi, t’en penses quoi ?

Les électeurs de la circonscription Saint Barthélemy/Saint Martin sont habitués à ne pas retrouver les classiques schémas nationaux mais se retrouvent-ils dans l’offre législative 2017  car c’est quand même bien là la question… que peuvent bien penser nos proches concitoyens de ce panel et quelle crédibilité vont-ils lui donner sur la base des quelques réflexions suivantes :

  • un ticket uniquement féminin qui aura du mal à séduire les partisan(e)s
    de la parité, les sexistes et les machos
  • quatre tickets strictement saint-martinois affirmant par là un intérêt très relatif pour l’électeur de Saint-Barthélemy, dont un pour lequel la question suscite le débat. En effet, si de par sa carrière et ses réalisations, Inès Bouchaut Choisy est ancrée à St Barth au point d’en être la représentante au CESE, une part de sa campagne sera consacrée à rappeler ses racines saint-martinoises, le pot électoral pesant ici plus de 13 000 voix de plus (mais seulement 3 000 votants de plus – au second tour des législatives 2012). Or, sans l’appui du président Magras, la population de Saint Barth, dont on connaît la capacité d’intégration, saura se souvenir qu’IBC n’est pas vraiment de là-bas.
  • tout un groupe de marcheurs plus ou moins affirmés mais qui semblent bien incapables de marcher derrière celle qui a été investie.
  • un panel certain d’électeurs complètement médusés de constater que leurs convictions ne sont toujours pas représentées puisqu’aucun candidat local ou parachuté du front national ne figure dans cette liste pourtant longue…

Bras dessus bras dessous, il vous reste quelques heures pour être candidats

Quoiqu’il en soit, que tous les prétendants à un fauteuil national se rassurent, il reste encore un peu de temps pour déposer sa candidature en préfecture et le panel déjà offert prouve qu’il n’est pour cela pas nécessaire d’être cohérent, consensuel ou même constructif, il suffit de vouloir être candidat. D’ailleurs, il nous manque encore les représentants des partis nationaux qui ont damé le pion aux LR et au PS notamment : les Insoumis et les Frontistes auxquels le score local aux présidentielles devrait donner des ailes.

Les règles du jeux

Pour rappel, le second tour est accessible aux candidats qui auront su dépasser les 12,4% du nombre d’électeurs inscrits !!!!!!! Et, si d’aventure aucun d’entre eux n’atteignait ce score, et au regard de l’historique abstentionniste c’est plus que probable, les deux candidats affichant les meilleurs résultats se retrouveront pour le duel du second tour.

Au rythme où vont les choses et compte tenu de l’absence d’un ou d’une réelle “poids lourd”, l’effet de dilution risque de nous réserver des surprises dont certains se mordront les doigts. Ce qui ne fait pas l’ombre d’un doute par contre, c’est que la crédibilité du politique local n’en sortira pas vainqueure et que l’abstentionniste a de belles journées “plage” en perspective.

IR

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