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La période officielle de dépôt de candidatures pour les élections législatives a pris fin vendredi 19 mai à 18 heures et l’arrêté officiel devrait intervenir aujourd’hui… et en ce doux vendredi, ils furent in fine 13 à candidater !

Ce sont 13 tandems donc, pas réellement équilibrés en terme de territoires ni de parité, qui se présentent aux électeurs de la circonscription de Saint Barth/Saint-Martin, dont 4 porteurs d’une investiture nationale :

  • Inès Bouchaut-Choisy et Alain Gros-Désormeaux – La République en Marche
  • Claire Javois et Micheline Jacques – Les Républicains
  • Patrick Ouvrard et Jérémy Mannella – Front national
  • René-Jean Duret et Marie-Paule Rousseau Cornette – Citoyens du vote blanc
  • Benoît Chauvin et Sandra Cazabonne-Dubern
  • Cyril Dieumegard et Daniel Feret
  • Marthe Ogoundele et Frantz Gumbs
  • Patricia Chance-Duzant et Géraldine Telle
  • Jacques Hamlet et Abigail Pavot
  • Grégory Isambourg et Guillaume Pelissier de Feligonde
  • Richard Ledee et Hugo Lattard
  • Anne Karine Fleming et Patrick Bouffar-Roupé
  • René Arnell et Franciane Greaux Lequellec

Nous reviendrons dans l’édition de jeudi sur la biographie, le parcours des candidats afin de vous proposer un premier filtre d’analyse voire d’aide au choix car il est évident que ce ne pourra être la discipline ou la cohérence partisane qui guidera le bulletin dans l’urne, sauf peut-être pour le Front national.

Deux candidatures inertielles

S’il est évident que deux de ces candidatures bénéficieront de la force inertielle des élections précédentes, la victoire de Daniel Gibbes LR aux téerritoriales pour Claire Javois, et la victoire d’Emmanuel Macron LREM à la présidentielle pour Inès Bouchaut Choisy, il est bien difficile dans ce contexte de révolution politique de savoir si l’électeur votera plus par affinités locales ou plus par volonté de soutenir ou de contrer le gouvernement Philippe bâti par le Président de la République. Dans l’attente, il va falloir pour la plupart réussir un grand écart entre nos deux territoires, s’inventer une saint-martinitude profonde ou développer un amour de Gustavia sans limite voire même expliquer que la parité c’est has been !

Investitures : un sésame réel ?

Dans l’image oui… mais à n’en pas douter, si les candidats investis localement ne devaient pas gagner ces élections législatives, celle ou celui qui deviendra notre député sera more than welcome dans le groupe auquel il a su affirmer appartenir même sans en obltenir l’investiture surtout dans une assemblée renouvelée dont on devine que le moindre siège fait l’objet d’une attention comptable rarement égalée.

OUI, le FRONT EST BIEN Là

Fort de ses scores aux présidentielles sur les deux territoires, le parti de Marine Le Pen, qui n’avait pas passé localement la barre des 5% aux législatives de 2012, a décidé cette fois de s’appuyer sur des candidats issus de la Fédération de Saint Barthélemy/Saint-Martin. Au-delà de toute considération idéologique et morale, cette candidature vient largement perturber les pronostics qui avaient déjà du mal à émerger clairement en ne prenant en compte que les huit candidats connus avant vendredi soir.

En effet, les candidats LR et LREM, investis ou pas, ont tous décidé de maintenir leur candidature et de proposer leurs incohérences et leur inaptitude à l’abnégation au vote populaire selon un schéma bien connu et récemment encore posé sur les territoriales. Il est plus qu’évident que les candidatures de Claire Javois et d’Anne Karine Fleming vont fracturer le vote LR. Il est tout aussi évident que les candidats annoncés en soutien du gouvernement et se vivant En Marche provoqueront une dispersion des voix des LREM logiquement dévolues à Inès Bouchaut Choisy.

Ils offrent ainsi au Front national le visage de la division, là où ce dernier dispose aujourd’hui d’un candidat unique et de résultats locaux aux deux tours des présidentielles tout à fait prometteurs : Marine Le Pen était sortie 2ème des urnes de St Barth et St Martin le 22 avril dernier avec 1834 voix; au 2ième tour des présidentielles, ce sont 2840 voix qui s’étaient exprimées en sa faveur, ce qui, ramené au contexte des législatives, correspond à 11,16% des inscrits. Pour mémoire, le député sortant, Daniel Gibbes avait obtenu 11,61% au premier tour des législatives en 2012.

Impossible de voter au premier tour sans penser au second !

Si l’on considère la délirante, traditionnelle et historique abstention, il serait plus que surprenant qu’un candidat atteigne les 12,5 %
des inscrits en sa faveur, ce qui signifie qu’il serait tout aussi surprenant qu’une triangulaire puisse exister (puisqu’il faudrait que 3 candidats aient dépassé ce pourcentage). Le second tour verra donc vraisemblablement s’affronter les deux candidats au score le plus haut. Avec un panel aussi large et une parfaite incohérence dans la responsabilité politique, il n’est pas infondé de penser que le FN puisse s’offrir dans notre circonscription un précieux siège.

IR


Record de candidats en Guadeloupe aussi : 82 candidats pour 4 circonscriptions, soit 49 de plus qu’en 2012 et une moyenne de 20 candidats/circonscription, sauf que celles-ci comptent entre 70 000 et 80 000 électeurs chacune.

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