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Comment mal terminer une soirée en traitant de “sale noir” un agent de sécurité haïtien et se retrouver au tribunal 6 mois plus tard…

L’injure raciale publique et non publique sont réprimées L’injure est définie comme “toute expression outrageante, terme de mépris ou invective” (exemple : “sale noir”), adressée à une personne ou à un groupe en raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. Quand elle est publique : internet, rue, réunion, affiche, livre, radio, télévision… l’auteur risque jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 22 500 euros d’amende.
Dans la nuit du samedi au dimanche 27 novembre 2016, vers 2h30 du matin, H.M. sort d’une fête au KonTiki. Les résidents ayant signé une pétition contre les nuisances sonores, la sortie des véhicules se fait par la route du Galion et le vigile en charge n’ouvre la chaîne que pour les résidents de la BO. Mais H.M. veut passer.

Il reconduit chez elles deux habitantes du quartier et n’a aucune envie de faire 4 kilomètres pour revenir à la Baie Orientale par l’entrée normale. Mais le vigile est inflexible. Et c’est là que H.M. s’énerve. “Sale Haïtien, sale noir, tu es un âne, tu vas gagner 1200 euros toute ta vie, rentre crever chez toi!”.

Un ami de H.M. a assisté à la scène, ainsi qu’un passant et un autre agent de sécurité. Le mardi suivant, le vigile porte plainte à la gendarmerie, qui entend tous les protagonistes. Et c’est ainsi que H.M. a comparu jeudi dernier pour injures publiques à caractère racial.

Des excuses en bonne et due forme

Il reconnaît les faits, mais les tempère: “J’ai un langage de charretier, surtout quand je suis en colère”. Mais “ce n’est pas une affaire mineure, les insultes à caractère racial ne sont pas anodines,” réagit le président. “Si j’avais dit enc*** de Marseillais, ça serait passé?”.

“Ne vous faites pas plus bête que vous ne l’êtes,” lui rétorque le président, en ajoutant “revoyez vos éléments de langage quand vous êtes en colère”. L’agent de sécurité a des instructions de sa direction, qaui en a elle-même du syndic, souligne le procureur, en ajoutant qu’il y a quatre témoins et que les injures proférées en des termes clairement énoncés dans la convocation de justice sont sans conteste à caractère racial.

Le vigile s’est constitué partie civile, mais est prêt à renoncer à des dommages et intérêts si H.M. lui fait des excuses, parce que “c’est une question de respect”. Sinon, il demande 3 000 euros. H.M. ayant commencé par demander des excuses peu claires, le vigile insiste. Il veut des excuses en bonne et due forme, dans une vraie phrase. Et H.M. finit par s’exécuter. Le tribunal l’a condamné à 1 000 euros d’amende.

BD

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